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Les industriels dénoncent une ''misère physiologique''

Les industriels des énergies renouvelables sont remontés mardi au créneau pour dénoncer la ''misère physiologique'' de ces filières alors que le gouvernement prépare une loi d'orientation sur les énergies.

Energie  |    |  Actu-Environnement.com
Devant la presse, leur principal lobbyiste, André Antolini, qui dirige une filiale spécialisée d'EDF (SIIF), a redit qu'au rythme actuel de construction des installations, la France atteindrait ses objectifs dans ''deux siècles et demi''.

Selon deux directives (lois) européennes, la France doit porter de 15% en 1997 à 21% en 2010 la part des énergies renouvelables dans sa consommation d'électricité et de 1% actuellement à 5,75% en 2010 la part des biocarburants dans sa consommation de carburants automobiles.

Elle a annoncé par ailleurs son intention de porter à un million de m2 par an en 2010 contre 50.000 m2 actuellement l'installation de panneaux solaires servant à la production d'eau chaude (chauffe-eau et plancher solaires).

Le respect de tous ces objectifs, a martelé M. Antolini, permettrait aussi de réduire de 25 millions de tonnes les émissions de gaz à effet de serre en 2010, soit 40% des efforts français à faire dans le cadre du protocole de Kyoto.

La France est très loin du compte, a souligné l'industriel. Les engagements français nécessitent en effet l'installation d'ici 2010 de 14.000-15.000MW (mégawatts) d'éolien et de 300MW d'électricité photovoltaïque, contre seulement 220MW et 11MW aujourd'hui respectivement.

Dénoncant l'insuffisance des tarifs d'achat de l'électricité d'origine renouvable et la baisse des aides publiques, M. Antolini a demandé au gouvernement de fixer ''un dispositif pérenne pour l'ensemble des filières renouvelables'' dans la nouvelle loi en préparation.

''En matière de grandes déclarations, on a eu tout ce qu'il fallait, maintenant il faut lever les obstacles'' entravant la construction d'éoliennes et d'installations solaires.

M. Antolini s'est félicité d'une récente circulaire interministérielle appelant les préfets à accélérer les permis de construire, ''que nous demandions depuis deux ans et demi''. Il a dévoilé une carte des pouvoirs publics, restée dans les cartons, montrant le potentiel de développement de l'éolien région par région.

Il ne sert à rien de donner des instructions aux préfets s'ils ne connaissent pas ce qu'ils peuvent faire dans leur région, a-t-il expliqué.

Habilement M. Antolini a surfé sur la récente canicule qui a ''montré les limites du système électrique actuel'' et démontré l'utilité de l'énergie solaire ''face à une crise de production d'électricité et à la pollution atmosphérique''.

Si la France avait disposé d'une capacité de production ''significative'' en photovoltaïque et en solaire thermique, ''on aurait eu une production électrique synchrone avec la demande'', a-t-il déclaré, en illustrant son propos d'un graphique sur la consommation de courant record du 13 août.

EDF a dû cet été recourir, en complément du nucléaire, à ses centrales thermiques (charbon et fioul), qui polluent et réchauffent l'atmosphère, comme elle le fait régulièrement en hiver. L'électricien public a dû en outre solliciter des dérogations pour les rejets d'eau chaude de ses centrales nucléaires dans certains fleuves.

Au passage, M. Antolini a réfuté les critiques entendues cet été contre les éoliennes. L'éolien, a-t-il relevé, est une énergie complémentaire qui atteint son meilleur rendement en hiver. ''Il n'y a pas de vent en été, c'est ce que tous les écoliers savent en primaire'', a-t-il ironisé.

AFP

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