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La méthanisation pour éliminer ses déchets ménagers à Montpellier

L'agglomération de Montpellier mettra en chantier début 2005 une unité capable de traiter 230.000 tonnes de déchets par an. Ce sera la plus grosse usine de ce type construite en France.

Déchets  |    |  Actu-Environnement.com
L'agglomération de Montpellier mettra en chantier début 2005 une unité capable de traiter 230.000 tonnes de déchets par an. Ce sera la plus grosse usine de ce type construite en France. La réalisation en a été confiée à un groupement piloté par l'entreprise de BTP Bec Frères et associant l'opérateur belge OWS.

Cette réalisation de Montpellier Agglomération répond aux exigences de la loi qui vise notamment à une plus grande revalorisation des déchets. La méthanisation consiste en la dégradation de la matière organique grâce à l'action de micro-organismes. Ce procédé présente le double avantage de produire du compost de qualité, ayant un usage agricole notamment, et de dégager du biogaz. Composé à 60% de méthane, il peut être utilisé comme source d'énergie afin de produire de la chaleur et de l'électricité.
Le plus, le processus de méthanisation demande moins de surface d'installation que d'autres types de traitement des déchets.

L'investissement est chiffré à 80,6 millions d'euros. Il permettra à l'agglomération de Montpellier d'éliminer ses déchets pour un coût de 80 euros/tonne (enfouissement compris).

Implantée sur la Zone Garosud de Montpellier, cette unité de traitement des ordures ménagères devrait ouvrir ses portes fin 2006 et prend en compte l'évolution démographique envisagée d'ici 2027.

La décision de l'agglomération a été aussitôt contestée par Valorga International, dont l'offre a été classée en deuxième position, et qui a introduit un recours en référé précontractuel pour vice de forme.

Pour information, une usine de méthanisation fonctionne en plusieurs étapes qui peuvent être schématisées de la façon suivante :

* Pré-traitement des déchets
* Méthanisation
* Post-traitement du digestat

Le pré-traitement consiste à :

* Eliminer les matériaux indésirables(inertes, plastiques, métaux..)
* Homogénéiser le substrat avant son introduction dans le digesteur(broyage)

Le pré-traitement fait appel à différents types de procédés (tri gravimétrique, granulométrie, magnétique, etc…). Le broyage permet d'attaquer les fibres ligno-cellulosiques pour rendre la cellulose accessible aux bactéries.

Les technologies de méthanisation peuvent être classées selon plusieurs critères :

* Concentration : voie sèche ou voie liquide
* Température : mésophile(35°C) ou thermophile (55°C)
* Circulation du substrat : infiniment mélangé ou piston

La phase de méthanisation est suivie d'une phase de post traitement qui permet :

* De déshydrater le digestat
* Compléter sa fermentation et son hygienisation( maturation)
* Le conditionner en vue de son écoulement final
* Traiter les eaux excédentaires : c'est la fraction liquide qui n'est pas consommée et recyclée par le process lui-même. Lorsqu'elle ne peut être valorisée telle quelle comme fertilisant liquide, elle est traitée en station d'épuration communale ou sur site
* Criblage et tamisage pour éliminer les indésirables (évacuation) ou des matériaux de plus grande granulométrie(recyclage en tête ou évacuation)
* Pressage du digestat, centrifugation des eaux excédentaires, pour séparer la fraction solide(envoi vers la maturation) de la partie liquide(recirculation en tête ou évacuation)

Dans tous les cas , le digestat doit subir une phase de maturation avant son utilisation comme amendement organique, d'une durée minimale de 2 semaines.

La maturation permet :

* De compléter la biodégradation de certains composés organiques volatils qui ne sont pas attaqués en conditions anaérobies
* D'oxyder l'ammoniac

Sur de nombreuses installations, les déchets verts sont séparés en tête de procédé et ajoutés au digestat(après broyage) en phase de maturation. Ce cotraitement assure une bonne synergie : les produits ligneux sont structurants et améliorent le produit final, le digestat apporte l'eau nécessaire à leur compostage, et le compostage évapore l'eau en excès et permet de terminer la maturation du digestat.

Comme à Varennes-Jarcy, il est possible de produire 2 sortes de compost :

* L'un à partir des bio-déchets ( tri effectué en amont)
* L'autre à partir des ordures ménagères non triées ( tri mécanique effectué en usine avant l'entrée dans le digesteur)

Autre option envisageable : une unité de co-digestion qui pourrait traiter les boues de STEP et les déchets municipaux fermentescibles


Avec : Site d'information sur l'environnement, la nature et la santé publique

Réactions6 réactions à cet article

 
Pour en savoir plus

Très intéressé par votre présentation de la méthanisation des ordures ménagères à Montpellier. Peux-t-on avoir une idée du rendement en Gaz (100M3/T/an?), et du rendement en électricité, via une turbine à gaz, voire un cycle combiné ? A partir de quel volumle d'ordures peux-t-on espérer produire des KW rentables ?

CILO | 23 août 2004 à 19h08
 
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Re:Pour en savoir plus

Salut,

Sur ce texte issu de la gazette des communes, on retrouve un texte interressant qui ne parle pas de Montpellier, mais d'usine comparables...

Bonne lecture

"On n’avait plus parlé en France de méthanisation de déchets ménagers depuis la fin des années 80, quand Amiens inaugurait la première unité conçue par Valorga. Celle-ci présentait une capacité initiale de 55 000 tonnes par an, portée par la suite à 85 000 t/an. Un procédé identique, du même concepteur, est en cours de mise en service industrielle à Varennes-Jarcy (2 000 hab., Essonne), dans une usine qui traitera, à terme, 100 000 t/an. Et une bonne demi-douzaine de projets suivent leur cours (1), totalisant une capacité annuelle d’environ 600 000 tonnes. « Un développement que les industriels n’auraient jamais imaginé il y a trois ans », note Bertrand Hyllaire, directeur commercial de Valorga.
En matière de méthanisation de déchets agricoles ou de boues d’épuration, le recul est d’une cinquantaine d’années. Appliquée aux déchets ménagers, la technologie est toujours considérée comme « innovante » en France, alors que des expériences concluantes ont été menées à l’étranger : 78 unités fonctionnent en Europe. Il s’agit d’un procédé biologique de dégradation de la matière organique par une flore microbienne (aussi appelé digestion ou fermentation), qui se déroule en l’absence d’oxygène (traitement anaérobie). Ce processus naturel, voisin du compostage, aboutit à un amendement organique stable et désodorisé. Particularité : la matière biodégradable est transformée en biogaz, composé majoritairement de méthane (environ 60 %), qui peut être converti en diverses énergies (lire encadré). Les collectivités optent pour la méthanisation pour des raisons avant tout environnementales : réticences à l’égard de l’incinération – de faible intérêt au demeurant pour des déchets putrescibles, gorgés d’eau –, volonté de maximiser la valorisation et attrait d’une technologie n’engendrant aucune émission gazeuse. Par rapport à un simple compostage, la méthanisation est plus économe en espace (trois fois moins d’emprise au sol, selon l’Arene). Elle se déroule dans des bâtiments étanches, dont l’air est capté et épuré. Les nuisances olfactives sont ainsi maîtrisées, ce qui n’est pas toujours le cas sur des plates-formes de compostage à l’air libre. L’opinion publique y est plus réceptive qu’à l’incinération, ce qui facilite l’implantation en centre urbain ou industriel, près des utilisateurs potentiels de l’énergie produite par le site. Montpellier installera ainsi son unité en pleine ville, dans une zone d’activité. « Pas question de la reléguer à la campagne, à bonne distance des lieux de production de déchets », souligne Nicole Moschetti-Stamm, vice-présidente de la CA.
La méthanisation peut être envisagée à partir d’un gisement annuel de 25 000 tonnes, quand l’incinération requiert un seuil de 80 000 tonnes pour être rentable. Selon Valorga, l’investissement dans une unité de méthanisation traitant 30 000 t/an de biodéchets est de l’ordre de 13 à 15 millions d’euros et le coût de traitement global (2) varie de 60 à 65 euros la tonne. Sur des déchets résiduels, une rentabilité comparable est atteinte avec une capacité de 50 000 tonnes, correspondant à un investissement d’environ 20 millions d’euros et un coût de traitement de 65 à 70 euros la tonne. « Globalement, résume Bertrand Hyllaire, la méthanisation est deux fois moins chère à l’investissement que l’incinération, et les coûts d’exploitation sont inférieurs de 30 % à 35 % (l’incinération obtenant de meilleures recettes de valorisation énergétique). »
Le compost issu de la méthanisation représente 60 % de la matière entrante. Même s’il ne trouve pas preneur, le tonnage du produit final à éliminer baisse donc de 40 %. Et, même en intégrant le coût de l’exutoire (enfouissement ou incinération), la filière n’est pas plus coûteuse que l’incinération, selon une étude de l’Arene et de l’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France. « Mais elle conserve l’avantage en termes d’environnement et d’acceptation sociale », conclut Philippe Salvi.
A l’horizon 2015, l’usine de Varennes-Jarcy devrait traiter 30 000 tonnes par an de déchets organiques et 70 000 tonnes d’ordures résiduelles. A partir de cette quantité de déchets, elle produira 10,7 millions de mètres cubes de biogaz, qui engendrera 19 millions de kWh d’électricité, et 45 000 tonnes par an de compost. C’est-à-dire 30 000 tonnes issues de déchets résiduels et 15 000 tonnes issues de biodéchets, soit, au total, 10 000 tonnes de plus que n’en produisait l’ancienne plate-forme de compostage. Le Sivom prévoit un coût de traitement de 46 euros par tonne (hors recettes de valorisation du biogaz et hors amortissement), s’ajoutant à un coût de collecte de 69 euros par tonne (moyenne des ramassages de résiduels et de putrescibles). "

Daaaavid | 23 août 2004 à 21h05
 
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non pa ça

l'usine de méthanisation nous as été confié groupe vinci
sogea sud ils y'as que des salarié de sogea sud sur le chantier y'as pas bec je comprends pas

sogeasud | 17 février 2007 à 12h08
 
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envahi de mouches !

depuis l'ouverture de l'usine de méthanisation,
le parc d'activités de Garosud est envahi de mouches !
et d'une odeur

Fresh & the kool and the gang | 09 février 2009 à 17h13
 
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le gaz

ce gaz qui s'echappe de cet usine, et il dangereux pour la santé, merci,
une voisine de l'usine!

sanchoudou | 11 juin 2009 à 21h08
 
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LA METHANISATION EST ELLE RENTABLE QUELS SONT LES ASPECTS NEGATIVES

.GN | 19 janvier 2011 à 09h43
 
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