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Métabolites de pesticides dans l'eau potable : l'Anses propose une méthodologie de gestion

L'Agence nationale de sécurité sanitaire a élaboré une méthodologie pour faciliter la gestion des métabolites de pesticides présents dans les eaux destinées à la consommation humaine.

Eau  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Actu-Environnement Le Mensuel N°391 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°391
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Quelle est la gestion pertinente des métabolites de pesticides présents dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) ? C'est la question à laquelle s'est efforcée de répondre l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Interpellée par la direction générale de la santé (DGS), elle s'est penchée sur la liste des huit métabolites d'herbicides fournie par la DGS : l'alachlore ESA, l'acétochlore ESA, l'acétochlore OXA, le métazachlore ESA, le métazachlore OXA, l'alachlore OXA, le métolachlore ESA et le métolachlore OXA. Ceux-ci sont majoritairement formés dans l'environnement, le sol en particulier, par biodégradation.

Pour mémoire, deux substances actives originelles sont aujourd'hui interdites : l'alachlore et l'acétochlore.

Les mêmes limites que pour les pesticides

La question de leur gestion est importante. Pour l'instant, celle-ci n'est pas réellement arrêtée dans la réglementation française pour l'eau potable. La position adoptée consiste à considérer que tous les métabolites de pesticides détectés sont à prendre en compte. Les limites de qualité qui s'appliquent sont alors les mêmes que pour les pesticides : 0,1 μg/L pour chaque métabolite, et 0,5 μg/L pour la somme des substances retrouvées. Lorsqu'elles sont dépassées, la réglementation française prévoit une réaction graduée en fonction du risque sanitaire associé. L'autorité sanitaire se base notamment sur des valeurs sanitaires maximales (Vmax), construites au cas par cas. Elles constituent un repère à ne pas dépasser, en cas de dérogation à la limite de qualité de 0,1 μg/L.

 
Quels traitements pour les métabolites de pesticides ? L'Anses souligne que les métabolites de pesticides sont généralement moins facilement éliminables par les traitements classiques utilisés pour la production d'eau potable que les molécules dont ils sont issus. Les procédés pour éliminer les métabolites sont l'adsorption sur charbon actif et l'ozonation. Dans des cas rares, la nanofiltration est utilisée.
 

Au niveau européen, la situation n'est pas plus claire. La Directive eau potable, aujourd'hui en cours de révision, n'apporte pas d'éléments pour pouvoir trancher. "Ni le texte qu'il vise à remplacer, ni ce projet ne proposent de critères de pertinence et la question des métabolites non pertinents pour les EDCH n'est pas mieux encadrée", précise l'Anses.

En attendant une uniformisation au niveau européen, celle-ci propose des critères pour aider l'autorité sanitaire à gérer des situations des dépassements des limites de qualité réglementaires. Selon l'Anses, un métabolite est jugé pertinent si lui, et ses produits de transformation, peuvent engendrer un risque sanitaire inacceptable pour le consommateur. Pour l'évaluer, l'agence propose une méthodologie en plusieurs étapes. La première cherche à identifier si le métabolite a une "activité pesticide" comparable à celle de la substance mère. Les étapes suivantes s'intéressent aux potentiels du métabolite de génotoxicité, toxicité pour la reproduction, cancérogénicité, perturbation endocrinienne et transformation dans la filière de traitement en un produit dangereux pour la santé humaine.

Trois métabolites pertinents sur huit

Le résultat ? Sur les huit métabolites proposés par la direction générale de la santé, trois sont retenus comme pertinents pour le cadre de gestion aujourd'hui prévu : l'alachlore OXA, le métolachlore ESA et le métolachlore OXA. Les limites de qualité pourront continuer à être fixées à ,1 μg/L pour chaque métabolite." La limite de qualité de 0,1 μg/L pour les pesticides et les métabolites pertinents pour les EDCH a été fixée dans un objectif de protection de la ressource et ne repose pas sur une approche toxicologique. Elle n'a donc pas de fondement sanitaire, indique toutefois l'Anses. Le [groupe de travail] GT rappelle que cette expertise n'a, pour autant, pas vocation à remettre en cause la pertinence de ces valeurs".

Pour les autres métabolites considérés comme non pertinents, l'Anses propose une valeur seuil de 0,9 μg/L. "Cette valeur seuil, proposée en l'état actuel des connaissances, présente un niveau de risque acceptable pour les substances ne présentant pas de génotoxicité directe, précise l'Anses. Ceci étant, lors de l'évaluation de la pertinence pour les EDCH d'un métabolite donné, l'Anses se réserve la possibilité de proposer des valeurs seuils individuelles plus faibles, dans le cas où les données toxicologiques conduiraient, après expertise, à mettre en évidence un risque pour la santé humaine".

Réactions2 réactions à cet article

 

Ces métabolites ne doivent certainement pas être aussi nuisibles que vous le prétendez

Autrement l'état et la majorité parlementaire qui ne veulent que notre bien n'autoriseraient pas les agricultueurs à continuer de les utiliser encore quelques années.

Sagecol | 12 avril 2019 à 13h45
 
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Voilà une belle pirouette pour continuer à ne rien faire

mado | 05 juin 2019 à 14h20
 
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