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Alimentation : l'Anses appelle à diminuer l'exposition des enfants à 16 substances chimiques

L'Agence nationale de sécurité sanitaire a identifié 16 substances chimiques présentes dans l'alimentation des enfants pour lesquelles il faudra réduire l'exposition. Métaux lourds et polluants organiques sont particulièrement visés.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com

L'Agence nationale de sécurité sanitaire vient de publier sa troisième Etudes de l'alimentation totale (EAT) dédiée spécifiquement aux enfants de moins de trois ans. C'est une première internationale au regard de l'ampleur de l'étude et du public ciblé. Résidus de produits phytosanitaires, contaminants de l'environnement, toxines naturelles, additifs… Le régime alimentaire des enfants a été passé au crible. En six ans d'étude, 670 substances ont été analysées dans des échantillons alimentaires et le risque caractérisé pour 400 d'entre elles. "La population des enfants de moins de 3 ans présente deux spécificités qui justifient cette étude : il s'agit d'individus plus sensibles (impact possible de certaines substances sur les étapes du développement) et consommant des produits alimentaires spécifiques (aliments destinés aux nourrissons et enfants en bas âge) pour lesquels très peu de données de contamination sont disponibles."

 
Les aliments sources sont les céréales infantiles pour l'arsenic inorganique, le plomb, le nickel, le furane et certaines mycotoxines, le lait courant pour les dioxines, furanes et PCB, les produits à base de chocolat pour le nickel ou encore les légumes  
Anses
 
Résultat, l'Anses constate "un bon niveau de maîtrise sanitaire". "Pour 90% des substances évaluées, le risque peut être écarté", conclu l'agence. Toutefois, pour neuf substances ou famille de substance, l'Anses estime que la situation est "préoccupante" et "appelle une vigilance particulière". Il s'agit de substances pour lesquelles un nombre non négligeable d'enfants présente une exposition supérieure aux valeurs toxicologiques de référence : arsenic inorganique, plomb, nickel, dioxines et furanes, polychlorobiphényles (PCB), mycotoxines, acrylamide et furane, déoxynivalénol et ses dérivés. "Ces situations ne sont pas systématiquement synonymes de survenue d'effets [indésirables], mais indiquent une préoccupation sanitaire", précise l'agence. L'Anses met également en évidence une co-exposition : "1 à 46% des enfants de moins de 3 ans, en fonction des classes d'âge, présentent des niveaux d'exposition jugés préoccupants pour au moins deux substances simultanément".

Pour sept autres substances, notamment l'aluminium, le cobalt, le strontium, le méthylmercure, le sélénium, le cadmium et la génistéine chez les consommateurs de soja, "le risque ne peut être écarté", estime l'Anses.

Pas de recette miracle

Pour limiter l'exposition des enfants, l'Anses recommande de renforcer la maîtrise des rejets à la source, les process de fabrication des aliments et de fixer des seuils réglementaires voire de les renforcer surtout pour les neuf substances les plus préoccupantes et ce "avec le même niveau de priorité". Lorsque les niveaux de contamination peuvent difficilement être diminués, la réduction de l'exposition des consommateurs devrait être envisagée par d'autres mesures de gestion, par exemple des recommandations spécifiques de consommation.

Car l'Anses a pu identifier les aliments sources : les céréales infantiles pour l'arsenic inorganique, le plomb, le nickel, le furane et certaines mycotoxines, le lait courant pour les dioxines, furanes et PCB, les produits à base de chocolat pour le nickel ou encore les légumes et l'eau pour le plomb. L'Anses recommande par conséquent une série de mesures qui vise d'une part les industries agroalimentaires : modification des procédés de fabrication (source d'acrylamide et/ou de furane), abaissement des concentrations autorisées et augmentation de la diversité des aliments proposés. Cette dernière recommandation concerne également les personnes chargées de préparer des repas pour enfants. L'Anses rappelle par exemple de retarder le passage du lait infantile au lait courant, de ne pas utiliser d'eau minérale naturelle fortement minéralisée (source de contamination au strontium par exemple) pour préparer les biberons, de limiter la consommation de poissons à deux prises par semaine tout en variant les espèces, les lieux d'approvisionnement…

L'Agence a identifié plusieurs pistes de recherche pour améliorer ses connaissances sur la question. Elle entend se pencher sur la limite de qualité de l'arsenic dans les eaux destinées à la consommation humaine et les eaux minérales naturelles et d'étudier l'opportunité d'abaisser cette limite de qualité, de réaliser des études de toxicité de l'arsenic sur le développement, d'obtenir des données d'exposition aiguë au nickel, et d'étudier l'impact des pratiques à domicile de réchauffage des aliments pour nourrissons préparés industriellement notamment pour le furane.

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