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Été 2011 : pas de risque de black-out selon RTE, mais EDF prépare ses arrières

Pour RTE, le risque de déséquilibre offre-demande d'électricité pour l'été 2011 est faible, sauf en cas de canicule. EDF, de son côté, tente d'accélérer les cadences de maintenance. Au détriment de la sûreté ?

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Été 2011 : pas de risque de black-out selon RTE, mais EDF prépare ses arrières
   

La sécheresse a entraîné EDF à baisser sa production hydroélectrique le mois denier. Elle pourrait également impacter le fonctionnement des centrales thermiques et nucléaires. Pourtant, le gestionnaire de réseau RTE, dans sa vision prévisionnelle de l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité pour l'été 2011, estime que le risque de déséquilibre est faible, sauf en cas d'épisode caniculaire. Dans ce cas-là, la France pourrait être emmenée à importer de l'électricité depuis les pays voisins. Si RTE ne préjuge pas de problèmes de ce côté-là, il faudra attendre jeudi 16 juin pour connaître les prévisions à l'échelle européenne, qui portera une attention particulière sur la disponibilité des moyens de production en Allemagne notamment. Mais, prévient RTE, ''cet été 2011, hors situation caniculaire, l'équilibre offre-demande d'électricité est globalement respecté en Europe. En cas d'épisodes marqués de canicule et de sécheresse, la situation peut être plus tendue, en particulier si une telle situation se produit simultanément dans plusieurs pays voisins''. RTE envisage de réactualiser ses prévisions courant juillet si nécessaire.

Le gouvernement a néanmoins activé la semaine dernière une cellule de veille sur son approvisionnement. "Trois risques se conjuguent", a déclaré Eric Besson, ministre de l'Energie, à Reuters. À la baisse de la production électrique, s'ajoutent des ''possibilités d'importation d'électricité (…) réduites par la fermeture par l'Allemagne de sept premiers réacteurs nucléaires. (...) Un éventuel épisode caniculaire pourrait conduire à un pic de consommation électrique du fait du parc de climatiseurs qui s'est beaucoup développé en France''. La cellule fera un point hebdomadaire sur l'évolution de la situation et ces points pourraient devenir journaliers en cas de besoin.

Un risque faible de déséquilibre offre-demande en cas d'été ''normal''

Selon les éléments transmis par les producteurs d'électricités à RTE au printemps 2011, la disponibilité prévisionnelle du parc de production français devrait être en baisse à partir de juillet, par rapport au prévisions de l'année 2010. ''La diminution de la disponibilité du parc de production résulte du planning d'entretien des centrales de production plus contraignant en 2011 qu'en 2010, malgré l'arrivée de nouveaux moyens de production (thermique classique, éolien, photovoltaïque)'', explique RTE.

Pourtant, le gestionnaire du réseau estime que cela ne devrait pas poser problème : la consommation électrique est moindre en été qu'en hiver. Ainsi, ''sur toute la période étudiée, les capacités prévisionnelles de production devraient permettre non seulement d'alimenter la consommation en France continentale, mais devraient également donner aux producteurs français la possibilité d'exporter sur les marchés européens''. Les prévisions de RTE seraient même plus favorable que celles de l'été 2010. Seule la fin du mois de septembre pourrait poser problème, estime RTE, lorsque les réserves hydrauliques auront été écoulées.

Un épisode caniculaire nécessiterait des importations

RTE s'est basé sur les consommations et productions d'août 2003 et de juillet 2006 pour construire son scénario ''canicule''. RTE a ainsi identifié les sites touchés par des baisses de production liées au respect des arrêtés relatifs aux températures de rejet des eaux de refroidissement des centrales nucléaires. En cas d'épisode caniculaire, la production de certaines centrales thermiques peut également être réduite pour respecter les exigences environnementales en vigueur localement. ''De même, la production hydraulique et la production éolienne peuvent être affectées respectivement en cas de sécheresse et de conditions anticycloniques''. En moyenne, RTE estime les baisses de production possibles à 11.300 MW.

Or, cette moindre disponibilité du parc de production est à conjuguer, en cas d'épisode caniculaire, avec une hausse de la demande d'électricité (impact des usages de ventilation et de climatisation). ''À la pointe de consommation journalière vers 13h00, 1°C supplémentaire de température induit une augmentation de la consommation d'environ 500 MW (cette valeur – gradient - est estimée sur la base des réalisations des étés passés)'', soit l'équivalent de la consommation d'une ville comme Nantes et son agglomération d'environ 500.000 habitants.

Pour assurer l'équilibre, RTE estime qu'il pourrait être nécessaire d'importer jusqu'à environ 6.000 MW fin septembre (contre 4.000 MW pour l'été 2010). ''Ces niveaux d'imports sont compatibles avec les capacités d'échanges aux frontières'', note RTE, ajoutant que ''les producteurs installés en France pourraient également agir sur leur planning de maintenance des groupes de production pour augmenter si possible leur disponibilité''.

EDF prend les devants au détriment de la sécurité ?

Le taux de remplissage de ses retenues d'eau n'étant que de 59 %, contre 71 % l'année précédente, EDF a réduit sa production hydroélectrique de 29 % en avril dans le but de conserver des réserves pour l'été et assurer un débit sur les rivières et fleuves qui permette de refroidir les centrales thermiques ou nucléaires.

EDF a également organisé une disponibilité de ses réacteurs situés en bord de mer dans le cas où les réacteurs situés en bord de fleuve devaient être ralentis ou arrêtés.

Mais les conditions dans lesquelles EDF s'organise font polémique. Dans une note interne datée du 10 mai que s'est procuré Le Parisien, la direction d'EDF prévoit d'allonger la durée maximale du temps de travail de ses cadres pendant les arrêts de tranche, destinés au renouvellement du combustible et à la maintenance des centrales. ''Il a été convenu que les périodes d'arrêt de tranche sont des périodes de surcroît d'activité (...). Ce surcroît d'activité nous permet de justifier des demandes de dérogations aux durées maximales du travail (journalières et hebdomadaires)'', explique la note interne adressée aux directeurs des centrales, ajoutant que ''nous nous sommes engagés à ce que la mise en œuvre de ces dispositions soit effective d'ici l'été 2011''.

Pour la CGT, l'allongement du temps de travail prévu dans ce courrier menace à long terme la sûreté des centrales, en aggravant la fatigue des salariés. Des craintes confirmées par des cadres interrogés par le quotidien.

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