C'est un sommet inédit, qui s'est déroulé dans un contexte de multiplication des crises d'approvisionnement en énergies fossiles, liées d'abord à la guerre en Ukraine et désormais au conflit en Iran. Du 24 au 29 avril, une cinquantaine de pays (1) , représentant un tiers du PIB mondial, s'est réunie en Colombie pour discuter d'une transition hors des énergies fossiles.
Sans lien direct avec les crises géopolitiques, cette initiative découle de la COP28, organisée à Dubaï. L'accord final de 2023 actait en effet une nécessaire transition hors des fossiles pour accélérer l'action climatique. Si cette transition ne fait pas encore l'unanimité, notamment côté pays producteurs, les 57 pays réunis à Santa Marta ont souhaité avancer sur le sujet, en vue de présenter des propositions lors des prochaines COP et de maintenir une dynamique d'engagement. Ils ont notamment abordé la réduction de la dépendance économique aux fossiles, la transformation de l'offre et de la demande, et le renforcement de la coopération internationale. Une deuxième conférence est d'ores et déjà planifiée pour 2027, co-organisée par Tuvalu et l'Irlande.
Avancer collectivement sur les transitions nécessaires
Les échanges ont souligné les investissements records dans la transition énergétique et les énergies renouvelables, mais aussi les dépendances structurelles aux énergies fossiles, notamment d'un point de vue fiscal et financier.
« La transition énergétique, qui consiste à abandonner les énergies fossiles, ne se résume pas à remplacer une source d'énergie par une autre. Elle exige une transformation économique profonde pour surmonter les dépendances structurelles, l'endettement, et pour élargir l'accès à une énergie fiable, ainsi que pour soutenir des économies diversifiées et résilientes », soulignent les deux organisateurs de ce sommet, la Colombie et les Pays-Bas. « Cette transition doit être planifiée avec les travailleurs et les communautés, afin de garantir une transition juste, respectueuse des droits et apportant des avantages concrets aux groupes marginalisés ».
Trois groupes de travail vont être lancés en vue d'identifier « des opportunités concrètes et des canaux de coopération » pour surmonter la dépendance aux fossiles. L'un travaillera à accompagner les pays à élaborer des feuilles de route de sortie des fossiles et à les harmoniser avec leurs contributions nationales. Il s'appuiera sur un groupe scientifique pour la transition énergétique mondiale. Un autre groupe de travail planchera sur les changements nécessaires dans les systèmes financiers, en vue notamment de débloquer les flux financiers et les investissements nécessaires à la transition. Le troisième groupe de travail se penchera sur l'alignement des producteurs et des consommateurs pour tendre vers la fin des fossiles.
La France présente sa feuille de route
A cette occasion, la France a présenté sa propre feuille de route de sortie des fossiles (2) . Celle-ci résume les principales stratégies mises en place ces dernières années pour poser les jalons tendant vers cet objectif (planification écologique, stratégie nationale bas carbone (SNBC), programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE)) et détaille les principales mesures sectorielles engagées. Le document rappelle également les actions engagées à l'international, notamment la diplomatie climatique et les financements climatiques internationaux.







