Un intérêt pour les carburants de synthèse qui se confirme, mais des lignes qui peinent encore à bouger : telle est la conclusion du deuxième observatoire du Bureau français des e-fuels (1) publié ce lundi 30 septembre. Deux nouveaux projets se sont en effet ajoutés aux 24 déjà identifiés en 2023, relativement bien répartis sur le territoire, dans huit régions et 17 départements. Portés tout à la fois par de grands énergéticiens, des acteurs de la mobilité lourde, des développeurs de projets pure players, des acteurs de l'industrie lourde et des acteurs de la valorisation de la biomasse (projets d'e-biofuels), ils permettraient une économie potentielle de 2,4 à 3,4 millions de tonnes d'émissions CO2 équivalent par an.
Une moitié concerne les carburants d'aviation durable, totalisant 426 kilotonnes équivalent pétrole (ktep), soit 66,7 % de la capacité cumulée de production. Représentant 33,1 % du total, 300 ktep, l'e-méthanol destiné principalement au transport maritime, est au centre de quatre projets. Les neuf derniers, essentiellement de la R&D, se centrent sur l'e-méthane, mais ils ne produiraient que 0,2 % de l'ensemble.
Si tous ces programmes étaient menés à bien, ils pourraient représenter une capacité totale de production de 906 milliers de tonnes équivalent pétrole (tep), soit l'équivalent de 5 600 vols aller-retour entre Paris et New York ou 265 voyages de porte-conteneurs entre Shanghai et Le Havre. Une partie d'entre eux, une dizaine, serait susceptible d'offrir 3 705 emplois. Mais pas plus que l'année dernière, ces projets n'ont pour l'instant franchi la barrière des décisions finales d'investissement, préalable au démarrage de la construction, puis à la mise en service industrielle. Par ailleurs, si les briques technologiques sont arrivées à maturité, leur combinaison intégrée dans les processus reste toujours un défi.





