Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

Emploi / formation sur le secteur du recyclage : les entreprises s'organisent

Des agents de tri aux mains gantées aux centres de tris automatisés, le recyclage emprunte la voie de l'industrialisation. Les métiers changent alors que le recrutement s'adapte et que le besoin de formation se formalise. Focus.

Gouvernance  |    |  Camille Saïsset
Emploi / formation sur le secteur du recyclage : les entreprises s'organisent

Dans une récente étude publiée par Pôle Emploi, les métiers du recyclage ne figurent pas parmi les principaux secteurs qui recrutent. "Il n'y a pas pléthore d'offres dans le domaine, mais le recrutement s'organise", précise Hervé Balen de la section Nord Pas-de-Calais de Pôle Emploi à l'occasion d'une conférence Emploi-Formation organisée par la Fédération des Entreprises du Recyclage (Federec) lors du forum Nouvelles Matières Premières qui s'est tenu à Lille fin mars dernier. Avec 202 entreprises et quelque 3.000 salariés, dont 70 % sont des ouvriers et 9 % des cadres, le Nord-Pas-de-Calais est la troisième région de France pour le recyclage.

Pôle Emploi y observe une augmentation de 17% de l'effectif salarié dans le secteur ces dix dernières années, sans diplôme (21%), niveau CAP et BEP (32%) et des cadres (9%). Pour démystifier les métiers du recyclage au niveau national, redorer leur image et encourager leur attractivité, l'ex-Agence Nationale pour l'Emploi s'est outillée (vidéos, livrets, fiches métiers, etc…) et a développé des kits sectoriels pour aider les entreprises et les demandeurs d'emploi à mieux cerner le secteur.

Un secteur en perpétuelle mutation…

Depuis la mise en place de la première responsabilité du producteur (REP) appliquée aux emballages jusqu'à la dernière en ce début de mars 2013 appliquée aux meubles et matelas, le secteur du recyclage s'est mécanisé, automatisé (tri des matériaux par reconnaissance optique ou infrarouge). "Il y a encore 15 ans, on collectait les déchets pour les mettre en décharge, se souvient Anne Rataysyk du Pôle Entreprises, Emploi, Economie (3E) de la Direccte Nord Pas-de-Calais. Aujourd'hui, après collecte on déconstruit, on sélectionne, on valorise, et puis on travaille sur des matières premières secondaires, toutes ces matières dont on a besoin pour les industries de pointe. On a de véritables mines urbaines !" L'étude prospective à l'horizon 2020 de l'emploi-compétences dans le secteur du recyclage réalisée par Federec et la Direction générale de l'emploi et de la formation (DGEFP) du ministère en charge de l'Emploi, n'a pas vieilli. Trois ans après, elle reste d'actualité : le secteur du recyclage est à fort potentiel d'emplois, avec des facteurs structurants tels que la protection de l'environnement, le prix d'achat des matières premières recyclées en hausse, le renforcement de la réglementation européenne donnant priorité à la prévention et à la valorisation des déchets, etc.

… à fort potentiel de croissance

Classée par la Commission européenne au 10ème rang en matière de gestion des déchets, la France a un fort potentiel de croissance d'activité dans le secteur. "Pour les pouvoirs publics, le recyclage est devenu plus qu'un mode d'élimination des déchets, il consiste à mettre en valeur des ressources dont la durabilité est désormais prise en compte", souligne l'Association des éco-entreprises de France (Pexe) dans son récent Livre Blanc. Celle-ci décrit un secteur qui se concentre : 47,5 % d'entreprises en moins sur 1999-2011 ; 40 % d'entreprises ayant plus de 20 salariés (7,5 % en 1999) et 68 % d'entre elles appartenant à un grand groupe (chiffres 2011). Les entreprises du recyclage se diversifient, avec aujourd'hui en moyenne 4,4 activités par entreprise (contre 52 % en mono-activité en 1999), selon la Federec. Fin 2012, la fédération dénombre 1950 entreprises employant 33.000 salariés (78% employés/ouvriers, 11% agents de maîtrise, 11% cadres), dans les branches aciers et métaux non ferreux (20%), papiers et cartons (14%), bois et palettes (8%), plastiques (7%), etc. Depuis 1999, les effectifs ont progressé de 20 %, le CA de 8 %, le tonnage recyclé de 5 %, indique Anne Rataysyk. Le pôle de compétitivité Team² a labellisé 16 dossiers, notamment sur les terres rares, pour aller plus loin sur la valorisation des matières. "Les gisements de matières sont des gisements d'emplois !", s'exclame-t-elle.

Quels emplois ? Quelles qualifications ?

Mais nombre de métiers de recyclage sont durs et séduisent peu. "Nous faisons un travail de "mine de surface" entre les déchets entrants et les matières sortantes, dans une économie mondialisée, sur un marché mondial concurrentiel, estime Sophie Moreau Follenfant, DRH chez Derichebourg. Ce groupe recrute ses collaborateurs sur des critères d'appétence au travail : en conditions extérieures (dans le froid l'hiver, le chaud et la poussière l'été) ; reposant sur une forte solidarité d'équipe ; de relation étroite avec ceux qui amènent la matière. A l'image de la dureté de ces métiers, ce sont les formations d'alphabétisation qui sont les plus dispensées dans le groupe. Pour autant le besoin de qualification des emplois est entier.

"On n'apprend pas à l'école la caractérisation matière du déchet, il y a une logique de compagnonnage dans tout cela", estime-t-elle. En l'absence de formations diplômantes dispensées dans les écoles, avoir une formation qualifiante ou certifiante reconnue par la branche est un critère d'embauche chez Derichebourg qui compte 44.000 salariés à travers le monde. Même chose s'agissant d'une formation certifiante de conducteur de matériels de manutention ou d'Aptitude à la Conduite en Sécurité (CACES).

Chez Vitamine T, un groupe du Nord-Pas-de-Calais spécialisé dans l'insertion par l'activité économique qui compte aujourd'hui 170 salariés à temps plein dans son entreprise Envie 2e nord, le président se dit fier d'embaucher des ouvriers qui démarrent au Smic. Mais il compte aussi parmi ses employés des logisticiens, des valoristes ou encore des responsables HSE (Hygiène, Sécurité et Environnement). "Dans un réfrigérateur, hors compresseur, 98 % est recyclable : métaux ferreux, métaux non ferrés, plastiques..., explique André Dupon, Président de Vitamine T. Dans un écran plat, il y a du cuivre, des cartes électroniques contenant de l'or, du diamant, du silicium, de l'indium... mais aussi près de 180 vis pour en récupérer les modules, ce qui implique une grosse gestion des pièces détachées !". Pour isoler toutes ces matières à forte valeur ajoutée et aux cours élevés, il faut réussir à extraire les composants électroniques sans les abîmer, sachant que pour un même modèle, l'organisation intérieure du produit change. "Nous avons aussi développé de réelles compétences pour démanteler des équipements contenant très souvent des produits dangereux à l'image du mercure présent dans les dalles des écrans de télévision". Preuve que les emplois du recyclage ne se limitent pas aux emplois ouvriers, l'entreprise investit dans la un programme de R&D soutenu par Eco-systèmes pour étendre sa chaîne de valeurs aux dalles des écrans plats qui, aujourd'hui, n'ont pas ou si peu de solutions de démantèlement en Europe. A raison de 130 millions d'écrans plats vendus l'an dernier en Europe, à l'obsolescence programmée en 7 ans, le potentiel d'emplois localisables est grand !

Développer les compétences pour accompagner les évolutions technologiques

Tandis qu'il convient d'accompagner le secteur du recyclage, l'accord cadre national d'actions pour le développement de l'emploi et des compétences (ADEC) dans le secteur du recyclage arrivera à échéance à la fin de l'année, après avoir été initié le 1er janvier 2011 entre l'Etat et l'Ademe d'une part et d'autre part Federec, la CPNEFP des industries et du commerce de la récupération, les organisations de salariés et le FORCO. Il repose sur l'octroi de ressources en soutien d'un plan d'actions en trois axes : en faveur des entreprises, via l'accompagnement des dirigeants d'entreprises reposant sur un modèle familial vers une "vraie" gestion des ressources humaines dans un contexte plus industriel qu'artisanal ; en faveur des salariés, via la sécurisation du parcours professionnel des salariés, qu'ils soient ou non dans une démarche d'insertion ; en faveur de l'amélioration de l'image de la branche et de ses performances en matière de valorisation et de recyclage. Federec souhaite voir s'accroître les formations qualifiantes non seulement de niveau supérieur comme la licence professionnelle Sciences, technologies, santé et protection de l'environnement, spécialité gestionnaire des déchets de l'Université d'Artois, mais surtout le nombre de Centres de formation d'apprentis (CFA) préparant au CAP d'opérateur des industries du recyclage (CAP OIR).

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager

RED, surveillance caméra thermométrique contre les incendies d'entrepôt KOOI SECURITY
BioDECONDITIONNEUR™ de rebuts alimentaires emballés Paddle Depacker Model S MAVITEC Green Energy