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La labellisation BBC des maisons individuelles neuves en perte de vitesse

L'agence nationale pour l'information sur le logement remarque que la commande de maisons BBC s'est tassée en 2011. Plusieurs raisons sont évoquées comme le surcoût pour l'acquéreur et le surcroit de risque perçu par les professionnels.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com

Dans le cadre d'une mission d'observation confiée par le ministère du logement, l'Agence nationale pour l'information sur le logement (Anil) a été chargée d'évaluer les effets des aides mises en place pour favoriser l'accession à la propriété. Dans une analyse publiée fin février, l'Anil constate "un mouvement de désaffection pour le label BBC dans l'accession en maison individuelle neuve" malgré la mise en place d'un Prêt à taux zéro (PTZ) favorable. "Après un engouement passager en 2010, la commande de maisons BBC semble se tasser assez sensiblement", ajoute l'Anil.

L'agence évoque plusieurs raisons à cela et notamment le surcoût du label et la quasi-impossibilité de reporter certains travaux autres que la décoration. En effet, alors que pour des constructions traditionnelles l'acquéreur peut reporter une partie des travaux dans un délai de 4 mois, avec le BBC il lui est impossible de le faire puisque l'atteinte de la performance énergétique nécessite la réalisation de tous les équipements prévus.

Autre raison évoquée : les exigences d'utilisation du logement pour garantir sa performance. "Les modifications de comportement qu'impliquent les économies d'énergies sont souvent jugées trop contraignantes et nombre de ménages doutent de leur capacité à s'y conformer", note l'Anil.

Manque de compétence pour certains professionnels

Enfin, certains professionnels se sentant incapables de satisfaire aux conditions d'obtention du label, préfèrent ne pas proposer ce type de maison. Ce qui est "positif" selon l'Anil car cela "montre que les entreprises mesurent les exigences qu'implique le label BBC et ne prennent pas le risque de le proposer si elles ne maîtrisent pas les techniques à mettre en œuvre". Si une maison vendue avec le label BBC ne l'obtenait pas à l'issue de sa construction, cela remettrait en cause tout le financement du projet sachant que le montant du PTZ dépend du niveau de performance. "Ce risque incite les constructeurs mais aussi les établissements financiers à la prudence", note l'Anil. De plus, lorsque le label BBC prévu n'est pas obtenu, l'acquéreur peut poursuivre le constructeur pour demander une indemnisation. Mais cela reste rare selon l'Anil qui constate que "beaucoup préfèrent tenter de négocier une remise".

Ces professionnels mettent en avant le surcoût du label, la faible rentabilité des projets et les contraintes d'utilisation des maisons BBC pour mettre en avant leurs produits non BBC. Des inconvénients "qu'ils tendent à exagérer" selon l'Anil. "Certains consentent des rabais à la commande pour "rester dans le marché" et contribuent à accroître le surcoût du BBC", remarque l'agence.

Selon les statistiques de la Société de gestion de fonds de garantie de l'accession sociale à la propriété (SGFGAS), 240.389 PTZ+ ont été émis au cours des trois premiers trimestres 2011, tout biens confondus. Les opérations BBC représentent 22% de l'ensemble des opérations neuves. Leur coût moyen au m2 est d'environ 3.060 euros contre 1.882 €/m2 pour les opérations neuves non BBC. De manière générale, les logements BBC restent proportionnellement plus nombreux dans le collectif que dans l'individuel.

Rappelons que depuis le 1er janvier 2012, le prêt à taux zéro (PTZ+) est limité aux constructions neuves labélisées BBC.

Réactions9 réactions à cet article

 

Effectivement. Pour avoir tenter l'expérience, c'est difficile. Une des difficultés nonévoquée est que l'optention de performnances passent par une réflexion globale. Hors le système par corps de métiers plutôt indépendants fait que cette approche est quasiment impossible. De plus, la notion de thermique et de calculs thermique fait appel à un certain niveau de compétence rarement disponible chez les entrepreneurs.
C'est plus facile pour les bâtiments de grande ampleur car les intervenants sont d'une envergure supérieure et disposent des compétences nécesssaires.

zaravis | 08 mars 2012 à 10h04
 
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Nous avons des chiffres inverses dans l'observatoire BBC qui montrent une explosion des demandes de labellisation BBC-effinergie en 2011. Peut-être que dans cet article, il ne s'agit que des demandes de labellisation liés à un PTZ, mais du coup les informations données sont erronées.

Yann | 08 mars 2012 à 10h08
 
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"Leur coût moyen au m2 est d'environ 3.060 euros contre 1.882 €/m2 pour les opérations neuves non BBC".

Faute de frappe certainement ! Sans doute 2.060 €/m², soit un surcoût de l'ordre de 9.5%....

maxelio | 08 mars 2012 à 13h31
 
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Dans la maison individuelle ce n'est pas la raison principale à mon avis.
La vrai raison est la suppression des aides fiscales directes (crédit d'impôt pour 40% des intérêts d'emprunt sur 7 ans). La chute des demandes d'étude BBC que j'ai connue en 2011 s'est produite exactement après la disparition de ce dispositif.

Thermicien | 08 mars 2012 à 20h56
 
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L'effort de comportement ? Non, il est impliqué par des systèmes de chauffage ou de production d'eau chaude moins energivores.
Je sais de quoi je parle en tant que thermicien et après avoir suivi la labellisation de plus de 80 dossiers. Les clients sont contents quand il voit une facture annuelle de chauffage de 100€.

boubou | 09 mars 2012 à 09h07
 
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Les âneries qu'on nous fait faire au motif de la vertu environnementale!!!
Cette vertu ne bénéficie à ce jour qu'aux experts, marchands de labels, margoulins du bâtiment (le label "entreprise reconnue Grenelle environnement" est à mourir de rire), diagnostiqueurs de l'énergie (j'ai une expérience avec l'expert EdF lors de mon projet qui mériterait un article).
En bref, un surcoût considérable pour les cochons de payants (nous) et un bénéfice environnemental nul voire des impacts accrus (qu'on me montre le bilan carbone des officines d'experts...).

Albatros | 09 mars 2012 à 18h06
 
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En effet le surcoût au m² du BBC ne semble pas être le bon...3060€/m²...?

Koenig | 13 mars 2012 à 10h00
 
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En effet le surcoût au m² du BBC ne semble pas être le bon...3060€/m²...?

Koenig | 13 mars 2012 à 10h38
 
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Que ce soit incitatif ou non, les constructions basse énergie, passives et à énergie positive vont devoir remplacer nos constructions traditionnelles par la force des choses. La place d'un expert thermicien et de préférence indépendant (en référence au commentaire sur l'expert EDF) va devenir centrale dans tout projet de construction ou de rénovation (planification, exécution et réception des travaux), de manière à garantir une approche intégrée du projet et piloter les différents corps de métier sur chantier. Les clients doivent concéder à payer un service supplémentaire qui est absolument nécessaire. On ne construit plus comme dans les années 70.

Jover | 13 mars 2012 à 12h18
 
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