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Les forêts anciennes stockent elles aussi de grands volumes de carbone atmosphérique

Une étude internationale publiée dans Nature démontre qu'à l'instar des jeunes forêts, les forêts anciennes peuvent elles aussi stocker du carbone. Elles doivent donc être prises en compte dans les bilans et surtout être mieux protégées.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Les forêts anciennes stockent elles aussi de grands volumes de carbone atmosphérique
   
Dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques et leurs conséquences, de nombreuses recherches sont menées afin de mieux comprendre le cycle du carbone. Cet élément est en effet stocké sous différentes formes dans l'environnement et dans différents réservoirs : par exemple sous forme de carbonates dans les océans, sous forme de molécules organiques dans les êtres vivants ou sous forme de gaz dans l'atmosphère (CO2). La nature et l'intensité de ces échanges sont par conséquent un sujet essentiel de recherche et sont à l'origine de la notion de « puits de carbone ».

Le réservoir végétal constitué principalement des forêts est donc un sujet d'étude récurrent. En effet, pour leur croissance, les végétaux sont amenés à absorber du carbone atmosphérique. Le CO2 est stocké dans le bois puis dans la matière organique des sols. La capacité des forêts à fixer du CO2 dépend du bilan entre prélèvements associés à la photosynthèse et émissions liées à la respiration végétale. Ce phénomène de stockage pourrait donc être utilisé voir accentué pour diminuer la quantité de CO2 d'origine anthropique dans l'atmosphère.

Dernièrement, une étude internationale à laquelle a participé une équipe française du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) a mis en évidence de nouveaux phénomènes concernant les puits de carbone forestiers. L'étude, publiée dans Nature, a démontré que les forêts anciennes pouvaient également stocker du carbone à l'instar des forêts en croissance ce qui remet en cause la théorie développée à la fin des années 1960 par le chercheur américain Eugène Odum.

Ce scientifique a émis l'hypothèse d'un équilibre entre prélèvements et émissions pour les vieilles forêts, âgées de plus de 150 ans, et donc de leur neutralité pour le bilan du carbone. Or, selon la nouvelle base de données compilées à partir des mesures effectuées par les réseaux d'observatoires « CarboEurope » et « AmeriFlux », les forêts anciennes continuent à accumuler du carbone. La base de données établie pour cette étude révèle que ces forêts anciennes séquestrent entre 0,8 et 1,8 milliard de tonnes de carbone par an, et que 15 % de la surface forestière totale jusqu'alors ignorée dans les bilans du carbone est responsable d'au moins 10% de la séquestration totale du carbone, explique Philippe Ciais, directeur adjoint du LSCE, l'un des auteurs de l'étude.

À l'heure actuelle, plus de 30 % de la surface totale des forêts est constituée de forêts primaires non gérées par l'homme, la moitié étant dans des régions tempérées de l'hémisphère Nord. Pour les auteurs de l'étude il est donc évident que ces anciennes forêts doivent être intégrées dans les bilans carbone et prises en compte dans le cadre du protocole de Kyoto. Les négociations internationales visant à donner une suite au protocole cherchent déjà à mieux valoriser la protection des forêts dans la lutte contre le changement climatique. Les résultats de cette étude sont un argument de plus en faveur de ces initiatives.


Référence de l'étude dans Nature : Old forests capture plenty of carbon, doi : 10.1038.

Réactions4 réactions à cet article

 
Conservation de matière...

... heu, et le carbone, il est stocké où alors, si c'est pas dans la matière organique?

et dans ce cas, sans l'Homme, la concentration de CO2 devrait chuter alors?

Curieux tout ça...

ah bon... | 15 septembre 2008 à 18h24
 
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haies aussi !!!

la protection des forêts anciennes est indispensable;mais existe t'il des études sur l'impact que pourait avoir une réimplantation massive des haies sur notre territoire;Leurs intérets sont nombreux:
fixation du co2
préservation de la couche arable
lutte contre l'érosion éolienne ou d'écoulement
approvisionnement en bois de chauffe local
biodiversité augmentée
intéret cynégétique
c'est beau !

kine | 18 septembre 2008 à 22h50
 
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Re:haies aussi !!!

Bonsoir,

La réimplantation massive des haies sur notre territoire peut certes avoir un intérêt cynégétique, contribuer à la biodiversité, lutter contre l’érosion ou la préservation de la couche arable, voire embellir l’environnement.
Par contre elle n’ont que peu d’impact sur l’écoulement des eaux, et très peu d’intérêt pour l’approvisionnement en bois de chauffe local en équivalant TEP.
Le sujet d’origine « les forêts anciennes peuvent elles aussi stocker du carbone » fait partie des évidences qui ne mériteraient pas d’être dites.
Aujourd’hui on s’ébahit devant la découverte d’un composte « bio » à basse de bouse de vache et de paille transformées à l’aide de vers de terre. Depuis la nuit des temps on appelait cela du « fumier »
Une forêt ancienne fixe, dans la mesure ou elle est en bonne santé donc qu’elle n’a pas fini de croître, beaucoup plus qu’une jeune plantation.
Les arbres d’une même espèce ont quasiment la même croissance en diamètre (les stries) par année si l’on exclut leurs premières années de vie ou celles qui suivent leur maturité. Comparer l’écart des volumes de bois générer donc de carbone fixé.
Un arbre de longueur 18m et de diamètre 32 cm à 1,3m du sol fait environ 1 mètre cube, pour un diamètre de 16cm il vous en faudra 6 à 8 pour un même volume
L’écart sera encore plus grand si vous intégrez les branches.
Dans pour une forêt il est :
- stupide de couper des jeunes arbres sains car on prive l’économie et la nature d’un gain dans un futur proche,
- dommageable à l’économie et à la fixation du carbone de couper des arbres adultes en pleine croissance,
- idiot de ne pas couper des arbres mûrs car ils risquent de perdre toute valeur économique et ils vont à leur tour générer du CO2.
Le bois en haies, en forêt, gros ou petit n’est pas la solution de remplacement pour le pétrole, sa régénération est beaucoup trop longue. Il nous faudrait que quelques années pour faire disparaître toute la forêt française si nous voulions l’utiliser comme équivalent pétrole et quelques dizaines de jours si nous voulions le faire avec le bois des haies.

Paysan | 19 septembre 2008 à 01h58
 
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Etes vous sûr ?

Je suis assez sceptique : Un arbre est un être vivant. Il grandit, prend du volume (et stocke du carbone). Et puis vient la veillesse, ses branches meurent et émettent du CO2. Une forêt vieillie stocke moins de carbone qu'une forêt adulte. CQFD !

Anonyme | 19 septembre 2008 à 19h26
 
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