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“La sortie de l'Union européenne est un préalable à toute politique environnementale ambitieuse”

En amont du premier tour de l'élection présidentielle, François Asselineau, candidat de l'Union Populaire Républicaine précise pour Actu-Environnement ses propositions en matière de mix énergétique, d'agriculture ou encore de santé environnementale.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
   
“La sortie de l'Union européenne est un préalable à toute politique environnementale ambitieuse”
François Asselineau
Candidat à la Présidentielle 2017 pour l'Union Populaire Républicaine
   

Actu-Environnement.com : Comment vous inscrivez-vous par rapport à la transition énergétique lancée par le précédent quinquennat ?

François Asselineau : Premièrement, nous respecterons les engagements pris par la France à l'issue de la COP21. C'est-à-dire une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2030.

Le transport routier constitue 35% des émissions de GES en France. Nous prévoyons un grand plan en faveur du train moyenne vitesse, qui substituera une partie des déplacements en voiture. Le train est bien plus efficace énergétiquement que la voiture. Par ailleurs, une politique protégeant le commerce de proximité maintiendra les commerces et services dans les villes et villages, limitant ainsi la nécessité d'utiliser la voiture.

Nous prévoyons un grand plan de rénovation énergétique des bâtiments. Le résidentiel et le tertiaire constituent 18% des émissions de GES, dont l'essentiel est dû au chauffage.

Par ailleurs, la sortie de l'Union européenne nous permettra de grandement réduire nos émissions indirectes, en récupérant le contrôle de notre politique douanière et en mettant un terme à la totale liberté de circulation des mouvements de capitaux.

Ainsi, la relocalisation d'une partie de la production industrielle et agricole réduira les émissions dues au transport international et intercontinental de marchandises. Par ailleurs, la mise en place d'une douane verte visant à compenser les différences de compétitivité dues au dumping environnemental permettra de limiter l'importation de produits dont la fabrication est particulièrement polluante (notamment en termes d'émissions de gaz à effet de serre), au profit d'importations plus vertueuses ou nationales.

En ce qui concerne la question du nucléaire qui divise les Français depuis des décennies, nous organiserons un grand débat national, à l'issue duquel un référendum avec questions à choix multiples sera organisé.

AE : La santé est une préoccupation majeure des Français. Que prévoyez-vous en matière de santé environnementale ?

FA : En interdisant les lobbys (institutionnalisés à Bruxelles) et le trafic d'influence, le principe de précaution pourra être appliqué, et l'interdiction de molécules néfastes pour la santé sera facilitée. En général, nous appliquerons le principe de précaution.

La réorientation de l'agriculture vers des méthodes utilisant moins d'intrants chimiques réduira la pollution de l'air et des aliments.

Notre grand plan en faveur du train moyenne vitesse permettra un transfert modal au détriment de la voiture individuelle, grande source de pollution de l'air.

AE : Comment envisagez-vous l'évolution du modèle agricole français ?

FA : La sortie de l'Union européenne nous permettra de mener notre propre politique agricole. Nous remplacerons la Politique agricole commune (PAC) par la Politique nationale agricole (PNA).

Nous réorienterons la politique agricole vers la qualité des aliments et la préservation de l'environnement. Nous inciterons au développement et à l'utilisation de méthodes telles que la permaculture, au détriment de fermes-usines. Nous rapprocherons les producteurs des consommateurs en favorisant les circuits courts
, garantirons l'autosuffisance alimentaire nationale, interdirons les OGM, y compris dans la nourriture animale.

AE : L'arrivée du phénomène de ZAD complique l'aménagement du territoire. Comment concilier développement économique local et respect des milieux ?

FA : Le phénomène des ZAD est le symptôme de décisions politiques déconnectées des préoccupations citoyennes. Nous démocratiserons les processus de décision pour les grands projets d'infrastructure en les soumettant à référendum local. Ces référendums seront légalement contraignants et seront précédés d'études contradictoires et d'une campagne équilibrée (égalité de budget et de temps de parole médiatique entre les différents bords).

Par ailleurs, notre politique visera à limiter l'étalement urbain avec une politique de préservation des surfaces arables et des paysages. Ceci sera possible en rendant à l'Etat le plein contrôle des plans d'occupation des sols (POS).

AE : De quelle manière entendez-vous mettre en oeuvre une politique environnementale au sein de votre gouvernement ? Quel budget prévoyez-vous pour vos mesures et comment les financez-vous ?

FA : Le rétablissement de l'autorité de l'Etat en tant qu'arbitre et garant de l'intérêt général facilitera la mise en œuvre d'une politique environnementale ambitieuse, impossible dans le cadre de l'Union européenne dont le modèle néolibéral laisse en particulier les lobbys influencer les décisions au détriment de l'intérêt commun.

La sortie de l'Union européenne est ainsi un préalable à toute politique environnementale ambitieuse. En particulier, la réorientation du secteur agricole que nous proposons serait tout simplement impossible dans le cadre de la Politique agricole commune. Par ailleurs, la renationalisation et l'interdiction de privatiser des entreprises telles que EDF et la SNCF permettront de soustraire ces entreprises aux logiques commerciales et de se focaliser sur le bien commun et le long terme. Ainsi, il sera beaucoup plus aisé de mettre en œuvre notre grand plan en faveur du ferroviaire ou de modifier le mix électrique français avec des entreprises de service public sous contrôle de l'Etat qu'avec une multitude d'acteurs privés en compétition mutuelle.

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