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Générateurs de vapeur défectueux : l'IRSN recommande qu'EDF accélère ses analyses

Risques  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

EDF annonce qu'elle mettra cinq ans pour caractériser précisément les ségrégations de carbone qui touchent certains de ses générateurs de vapeur. Elle s'appuie sur les premières conclusions de son analyse de sûreté. En effet, l'entreprise estime qu'elle dispose de marges de sûreté suffisantes et que les conséquences radiologiques d'un accident seraient limitées. Elle escompte donc utiliser le délai maximal de cinq ans autorisé par les règles de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). L'accident le plus grave pris en compte par EDF est la rupture d'une tubulure de fond de générateur de vapeur. Cette situation n'entrainerait pas de découvrement de combustible, selon les premières analyses menées par l'opérateur.

Mais, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ne partage pas cette vision. L'hypothèse retenue pour appliquer le délai de cinq ans "ne peut pas être justifiée", explique un avis de l'IRSN publié le 5 septembre. "Sur la base de ses propres analyses, l'IRSN estime que les marges disponibles ne peuvent être appréciées quantitativement à partir des éléments disponibles à ce jour". Or, la rupture d'une tubulure de fond de générateur de vapeur "ne fait pas partie des [accidents] étudiées dans le Rapport de sûreté (RDS)".

En conséquence, l'IRSN demande à EDF d'accélérer son programme de travail. Il estime que "la caractérisation des zones ségrégées et les examens permettant d'identifier la présence d'éventuels défauts en peau externe des fonds de GV doivent être réalisés au plus tôt". En effet, si "la taille du défaut retenue n'est pas aberrante", EDF doit démontrer qu'il représente bien le risque maximal. Le constat est identique pour les scénarios étudiés, puisqu'EDF n'a pas systématiquement démontré qu'ils représentent bien le risque maximal.

Application systématique des règles de conduite

Pour l'instant, EDF n'a entrepris aucune modification matérielle. En attendant la fin des analyses, EDF devrait renforcer les nouvelles procédures de fonctionnement proposées pour limiter le risque de cassure des pièces concernées. De plus, l'entreprise devrait en informer dans le détail les opérateurs de conduite.

Pour rappel, en juin dernier, l'ASN a annoncé que certains fonds primaires de générateurs de vapeur présenteraient une zone de concentration importante en carbone. Ce défaut, comparable à celui décelé sur le couvercle et le fond de la cuve de l'EPR, pourrait détériorer les propriétés mécaniques de ces pièces. Les générateurs de vapeur installés sur 18 réacteurs de 900 et 1.450 mégawatts (MW) sont concernés. Les fonds défectueux ont été fabriqués par Creusot Forge ou par une forge située au Japon (JCFC).

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