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Actu-Environnement

L'Association HQE étend sa démarche à l'aménagement

La démarche HQE® des bâtiments s'élargit à l'aménagement, afin de mettre en cohérence durablement territoire et construction. Soit au-delà de l'aspect technique, une gestion de l'opération qui implique les citoyens et la gouvernance urbaine.

Aménagement  |    |  Françoise Ascher Actu-Environnement.com
La démarche HQE® des bâtiments s'élargit à l'aménagement, afin de mettre en cohérence durablement ''territoire'' et ''construction''. Soit au-delà de l'aspect technique, une gestion de l'opération qui implique les citoyens et la gouvernance urbaine.

La juxtaposition de bâtiments construits avec la démarche HQE® ne suffit pas à créer un quartier durable, a affirmé Dominique de Lavenère, Président du Syndicat national des aménageurs lotisseurs (SNAL), lors de la Journée thématique organisée sur ce sujet par l'Association HQE le 18 octobre dernier. À cette échelle, la démarche n'a d'intérêt que si elle aboutit à plus de qualité au bénéfice de l'usager et de la collectivité en offrant un cadre de vie de qualité et durable. Autrement dit, si la réflexion prend en compte les enjeux du site, les logiques urbaines, sociales, environnementales, paysagères et architecturales, avant de dessiner le plan de composition d'un lotissement ou d'une ZAC (zone d'aménagement concerté) !

Les collectivités locales mènent une politique de foncier rare qui conduit à reporter les nouveaux habitants sur les zones rurales, a commenté le Président. Un tel système tend à privilégier de facto le diffus aux opérations d'aménagement !Ainsi, le phénomène d'étalement urbain que la loi SRU entendait juguler, progresse fortement et atteint ses limites. On sait qu'un ménage périurbain éloigné de son lieu de travail, émet quatre fois plus de gaz à effet de serre qu'un ménage du Centre-ville ! Le nom même de lotissement ou de ZAC n'évoque qu'une procédure administrative de découpage parcellaire destinée à la construction, sans préjuger des formes urbaines, des densités ou de la qualité de vie, a ajouté par ailleurs, Dominique de Lavenère.

C'est pourquoi le SNAL - convaincu qu'il faut changer la manière de produire l'urbanisation et la relation entre les différents acteurs - a adopté une Charte éthique en 2003, que tous ses membres doivent respecter. Et dès 2004, il s'est engagé dans une réflexion partenariale avec l'Association HQE, l'ADEME, le Ministère de l'Equipement, le Ministère de la Culture et l'UNSFA (Syndicat des architectes), afin d'élaborer une ''Méthode HQE® pour les opérations d'aménagement dans une perspective de développement durable''.

Si elle respecte l'esprit de la démarche HQE appliquée au bâtiment en s'appuyant sur un système de management d'opération (SMO), la méthode repose non plus sur des cibles et des indicateurs à satisfaire, mais sur des thèmes environnementaux formalisés dans une charte d'objectifs associant la collectivité et l'aménageur dès le lancement de l'opération et ''à gérer dans une logique de résultat''. Un guide d'expérimentation* définit les grandes catégories d'actions à mener. À l'instar de l'Approche environnementale de l'urbanisme (AEU) préconisée par l'ADEME et parue en juin 2006, il privilégie : les formes urbaines et l'utilisation rationnelle de l'espace ; les déplacements et l'accessibilité ; le contexte social et la mixité ; les usages, l'eau, l'énergie, le climat, le bruit et les nuisances ; la géographie, le paysage et la biodiversité ; les déchets et rejets, etc. D'où aussi une implication de la population aux décisions, centrée sur le définition du cadre de vie.

La démarche est actuellement testée sur 10 opérations pilotes - dont 4 ZAC et 6 lotissements. Elle se déroule en temps réel sur 3 années (2006-2009), sous le suivi de l'Association HQE**. Le but de cette expérimentation est de valider, ajuster et améliorer la méthodologie dans les conditions de sa mise en œuvre, en s'appuyant sur les retours d'expérience. D'ores et déjà, les premiers retours soulignent l'atout pour le projet de la concertation poussée dès l'engagement de l'opération, et de la composition d'une équipe pluridisciplinaire participant à sa définition.

Mais la question de l'implication des élus pose aussi celle de l'adéquation des projets inscrits aux documents d'urbanisme comme les PADD, Scot ou PLU. Il nous paraît nécessaire d'imposer aux communes de mettre en œuvre des compétences d'urbanisme, paysage, architecture, topographie, infrastructures, sociologie et anthropologie, pour l'élaboration de leur PLU, a déclaré le président du SNAL. Naturellement inscrite dans le cadre des règles d'urbanisme du territoire, la démarche HQE aménagement ne pourra se développer que si ces documents font eux-mêmes l'objet d'une approche environnementale !

D'où la révolution annoncée des pratiques avec décloisonnement des structures d'urbanisme, services de l'Etat, politiques techniques, etc ! Les mesures du Grenelle vont conférer aux collectivités territoriales la mise en œuvre de la majorité des politiques de développement durable, a confirmé Dominique Jourdain, Président de l'Association HQE, au cours des débats. Et les maires, acteurs n°1 de ces politiques, devront continuer à se former ! Une charte de développement durable est du reste attendue à l'occasion de leur Congrès, qui aura lieu les 20-21-22 novembre prochains à Paris Expo !

Réactions1 réaction à cet article

 
quel intérêt?

pourquoi se lancer à grand renforts de principes, d'études et probablement d'investissements dans cette démarche HQE pour l'aménagement alors que le projet HQE2R, qui devait déjà remplir cet objectif, n'a pas été suivi d'effets, mais surtout que l'AEU s'applique d'ores et déjà très bien aux ZAC et autres lotissements?

bref à force de vouloir chacun proposer sa démarche on risque surtout d'embrouiller encore plus le paysage d'un secteur de l'environnement dans l'urbanisme et la construction déjà passablement compliqué pour le néophyte, et les collectivités !

Quant au fait de laisser parler de ce projet par le SNAL, dont la vocation vis-à-vis de l'environnement reste on ne peut plus douteuse (lisez ses recommandations pour le Grenelle de l'environnement, véritable appel pour l'ouverture tous azimuts de terrains à l'urbanisation sous couvert d'amour pour l'environnement et de lutte contre l'étalement urbain! bref une honte !) cela ne peut à mon avis que compromettre gravement le caractère sérieux et non commercial de la démarche.

Bref une annonce qui devrait laisser pour le moins méfiant et dubitatif.....

guillaume tell | 26 octobre 2007 à 22h51
 
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