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La LPO se prépare à entrer en procès contre l'Erika

Prête à intervenir si nécessaire avec ses homologues de Grande-Bretagne suite à l'échouage du porte-conteneurs MSC Napoli, la LPO se prépare en France à défendre les oiseaux, la biodiversité et le respect de l'environnement lors du procès de l'Erika.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Le 12 décembre 1999, le pétrolier Erika battant pavillon maltais et affrété par le groupe pétrolier Total, sombrait au large de la pointe de Penmarc'h dans le Finistère. Transportant environ 31.000 tonnes d'hydrocarbures lourds, le pétrolier coule par 120 mètres de fond en provoquant le déversement de plus de 20.000 tonnes de sa cargaison. Sur les côtes, le premier oiseau mazouté est recueilli quelques jours plus tard par la LPO. C'est le début d'une longue lutte des associations, des bénévoles et des autorités locales le long des 400 kilomètres de côte souillées entre le Finistère et le sud de la Vendée.

Selon l'IFREMER, tout le milieu marin et côtier a très vite été contaminé par les composés les plus toxiques du fioul à savoir les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) : masses d'eau, sédiments, mollusques. Dans certains endroits, la contamination est restée significative jusqu'en mai 2001 soit un an et demi après le naufrage. Les 2 ans et demi nécessaires au nettoyage des côtes ont également bouleversé les milieux naturels : dégradation du sol, de la végétation, déficit sédimentaire, érosion, dégradation des dunes due à l'extraction de sédiments ou encore décapage de la flore et éclatement de la roche par l'utilisation défectueuse du lavage haute pression.
Concernant l'impact sur l'avifaune, la LPO estime que 77.000 oiseaux mazoutés ont été recueillis morts ou vivants. Mais le nombre réel d'oiseaux tués par la marée noire a sûrement été bien supérieur car beaucoup n'ont pas atteint la côte. La LPO estime ainsi qu'il y en a eu 2 à 3 fois plus d'oiseaux touchés, soit environ 200.000 à 300.000 victimes. L'ensemble des associations réussira toutefois à sauver près de 2.200 oiseaux. Au final, cette catastrophe est la marée noire la plus meurtrière. Si on la compare à celle de l'Amoco Cadiz, elle est 130 fois plus meurtrière en terme de rapport entre quantité de pétrole déversé en mer et nombre d'oiseaux récupérés. Cela vient du fait que plusieurs facteurs se sont conjugués pour qu'un maximum d'oiseaux se retrouve pris au piège. Premièrement, à cette période de l'année, les effectifs sont à leur maximum dans le golfe de Gascogne. Ensuite, la tempête qui a suivi a rapidement rabattu sur les côtes le pétrole déversé au large. De plus, plusieurs nappes provenant de l'Erika sont réapparues jusqu'à un an après le naufrage résultant probablement d'une remobilisation du fioul contenu dans les sédiments du fond marin.
Si la population des espèces à forte abondance n'a pas diminué significativement malgré un grand nombre d'individus recueillis, la population des espèces d'oiseaux dont les effectifs étaient déjà faibles a en revanche diminué de manière importante (20% à 80%).

C'est pour toutes ces raisons que la Ligue pour la Protection des Oiseaux a décidé de porter plainte contre X fin janvier 2002. Les plaintes ont été déposées auprès du tribunal de Paris en charge de l'affaire pour quatre motifs constitutifs du préjudice :
- le préjudice écologique (destruction d'espèces protégées) ;
- le préjudice moral, par référence à l'objet statutaire de la LPO qui est la protection des oiseaux et des écosystèmes dont ils dépendent et au titre des dommages et intérêts,
- le préjudice matériel « direct » et résiduel lié aux dépenses de la LPO pour toutes les actions engagées en faveur des oiseaux mazoutés ;
- les frais de communication et les frais d'avocats.

En se portant partie civile, la LPO pourra se voir verser des dommages et intérêts par chacun des acteurs une fois que les responsabilités auront été établies entre l'armateur, le propriétaire, la société de classification la « RINA », et l'affréteur du navire.

L'association rappelle que face à l'ampleur de la catastrophe, elle a dû investir massivement pour collecter les oiseaux et créer de nouveaux et de nombreux Centres de Transit Médicalisés et Centres de Soins qui ont tourné à plein régime pendant 3 à 4 mois. Au Total, ce sont 42 centres qui ont fonctionné, dont 18 au Pays Bas en Angleterre et en Belgique. La LPO estime ainsi avoir dépensé au total près d'1 million d'euros soit environ 90€ par oiseau soigné. Mais l'argent n'est pas le leitmotiv de l'association dans ce procès. En effet, dans le cadre de cette marée noire, la LPO a déjà reçu 540.000€ de dons de particuliers adhérents ou sympathisants et 789.000€ des entreprises et collectivités dont 305.000 € de Total. 740.000 euros ont directement été utilisés pour la mise en place, le fonctionnement et la coordination des centres spécialisés dans l'accueil et les soins des oiseaux de l'Erika. Des remboursements suite au Plan « Polmar » ont permis de couvrir le restant des frais engagés. L'association a donc déjà couvert ses frais. L'objectif de la LPO n'est pas l'argent en tant que tel mais bien de dénoncer et de faire condamner les pollueurs. Aidé de nos avocats et en collaboration avec les autres parties civiles, nous cherchons à obtenir des sanctions exemplaires et dissuasives, contribuant à la mise en place d'une réglementation plus stricte et la limitation des risques de pollution, explique-t-on à l'association.

Après plusieurs années d'enquêtes et d'expertise le procès de la catastrophe devrait débuter le 12 février 2007 et devrait durer 4 mois au minimum. La LPO estime avoir de grandes chances de gagner sur le fond, mais il est impossible pour l'instant d'évaluer les dommages et intérêts qui pourraient lui être alloués… En fonction du montant, les indemnités devraient permettre prioritairement de couvrir les frais de procédure de l'association, d'assurer le fonctionnement annuel de leurs Unités Mobiles de Soins et de disposer d'un fond d'urgence « oiseaux en détresse ».

Réactions2 réactions à cet article

 
Quid de la santé des nettoyeurs?

Pas un mot sur la santé des nettoyeurs, alors que les preuves de la toxicité du fioul s'accumulent, c'est consternant!
daniel

Anonyme | 10 février 2007 à 00h17
 
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naufrage de l'erika

bonjour réaction nègative à l'affaire d'autant que j'avais écrit au groupe:totalfina et que je detiens la réponse à ma lettre datée du:21 01 2000 signée par mr:michel delaborde,directeur de la communication(àl'époque)dont si vous le désirez je pourrais envoyer la copie!?CAR à ce moment il s'engagait à proceder à une restauration des équilibres écologique avec un budjet de:50 millions de francs pour les 5 ans à venir et ce pour la mission:littoral atlantique moi j'habite sur le littoral méditéranéen pas très loin de l'étang de berre(çe plan d'eau est devenu une poubelle qui se meurt)et les marseillais dont je fait parti ne comprènnent pas la nécessité de reouvrir le tunnel du rove!vos puvez me joindre par mail:guillemj@numericable.fr sur ceje salut toute l'équipe cordialement jean-paul

coyote | 14 février 2007 à 15h31
 
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