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“Continuer la concertation du Grenelle de l'environnement”

A quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle française, Nicolas Dupont-Aignan, candidat pour Debout la République précise pour Actu-environnement ses propositions en matière de mix énergétique, de gestion de l'eau ou encore d'agriculture.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
“Continuer la concertation du Grenelle de l'environnement”
Nicolas Dupont-Aignan
Debout la République
   

Actu-environnement.com : Quelle évolution du mix énergétique français envisagez-vous ?

Nicolas Dupont-Aignan : En préalable, il est essentiel de reprendre le contrôle de la filière énergétique car la libéralisation telle qu'elle a été conçue depuis maintenant une dizaine d'années ne permet plus à l'État d'avoir une politique énergétique. C'est une addition de sociétés privées qui raisonnent avec une logique privée et pas vraiment avec une logique publique. Concernant le mix énergétique, je constate que le nucléaire à un certain nombre de failles importantes : indépendance nationale par rapport à l'uranium, sécurité - souci qu'il ne faut pas exagérer mais qui reste présent - et déchets radioactifs. Je prévois par conséquent de réduire la part du nucléaire. Nous n'avons fixé aucun objectif précis car les substituts ne sont pas excellents : les hydrocarbures posent d'immenses problèmes, les énergies renouvelables sont théoriquement plus intéressantes mais elles produisent par intermittence et il faut encore travailler sur le stockage de l'énergie. Je souhaite mettre l'accent sur les économies d'énergie surtout dans le secteur du bâtiment. Un gain colossal peut être fait dès demain si on accélère la rénovation. Pour cela je propose la constitution d'un pole public bancaire qui permettra le financement à 0% des travaux mais en allant plus loin que le PTZ mis en place par le gouvernement actuel.

AE : Prévoyez-vous une remise à plat de la fiscalité globale et quelle place y aurait la fiscalité environnementale ?

NDA : Globalement il faut plus de simplicité et plus de justice car aujourd'hui la fiscalité française est très complexe et n'est pas vraiment juste. Selon les récents travaux de Camille Landais et Thomas Piketty dans "Pour une révolution fiscale", la fiscalité française devient régressive pour les 0,1 ou les 1% qui gagnent le plus en France. Ce qui est totalement aberrant. Le principe de la fiscalité écologique est intéressant et je suis prêt à étudier l'idée dans un "Grenelle de la fiscalité". Néanmoins, il ne faut pas que ça se transforme en pénalisation des ménages modestes. Il faut arriver à trouver le bon équilibre. Je suis d'ailleurs favorable à la création d'une taxe carbone. Il faudra notamment qu'elle concerne les produits importés pour ne pas pénaliser les produits fabriqués en France, ce qui serait paradoxal pour une taxe environnementale. Ce sera plus intéressant que les quotas de carbone actuels. Ces droits à polluer sont une véritable "foire d'empoigne" pour les lobbyistes.

AE : Quelle est votre vision pour une bonne gestion de l'eau et le partage de ses usages ?

NDA : Ma préférence va à la gestion publique de l'eau car c'est un monopole naturel. De nombreuses municipalités ont repris la gestion de l'eau localement et ont fait de grosses économies sans pour autant sacrifier le tarif et la qualité de l'eau. Concernant le partage des usages et notamment des utilisations agricoles de l'eau, je rappelle qu'aujourd'hui les agriculteurs utilisent l'eau à leur convenance mais ils font surtout ce qu'ils peuvent, confrontés à la mondialisation. On ne pourra travailler avec eux sur des objectifs d'économies d'eau tant qu'on mis un certain nombre de protections. Dans le cadre actuel je ne suis pas pour des restrictions vis-à-vis de l'agriculture.

AE : Quel modèle agricole défendrez-vous si vous être élu ?

NDA : Je suis partisan d'un nouveau cadre qui permettra de mettre en place des normes environnementales sans pénaliser l'activité agricole par rapport à la concurrence. Dans le cadre des négociations pour la future PAC, je compte associer les agriculteurs et défendre une agriculture plus respectueuse de l'environnement dans un nouveau cadre protecteur. Concernant les OGM, je suis contre leur culture mais je ne suis pas contre une forme d'expérimentation extrêmement précautionneuse car il ne faut pas rejeter toute forme de progrès.

AE : Quelle position française porterez-vous dans les négociations internationales en cours ?

NDA : Une grande majorité des scientifiques soutiennent qu'il y a un réchauffement climatique du fait de l'activité humaine et des émissions de gaz à effet de serre. Quand on voit les conséquences potentielles de ce réchauffement, il est bien évident qu'il faut agir et négocier avec nos partenaires. En revanche le cadre général actuel de libre-échange intégral est très défavorable à la mise en place de normes. A partir du moment où les marchandises circulent totalement librement à l'échelle de la planète, c'est celui qui a les normes les plus basses qui gagne. C'est un système qui est complètement aberrant. Il y a des choses à faire à l'échelon européen : mettre des normes importantes aux frontières et pénaliser et taxer tous les produits qui ne sont pas fabriqués de manière soucieuse de l'environnement.

AE : Quelle place comptez-vous accorder à l'Environnement dans votre gouvernement ?

NDA : Je n'ai pas encore dessiné mon futur gouvernement mais je pense que c'est un sujet important qui aura toute sa place. Concernant le Grenelle de l'environnement, je constate des aspects positifs notamment en matière de concertation. Il faudra sans doute prolonger la démarche, continuer cette concertation entre les différents acteurs car ça permet d'avancer sur un certain nombre de sujets. A l'heure ou les activités lobbyistes sont omniprésentes, il est essentiel d'avoir des processus qui permettent de mettre autour d'une même table les représentants de toutes les filières de manière à avoir une vision objective.

Réactions2 réactions à cet article

 

C'est juste: envisagez déjà de gaspiller moins avant de convenir comment produire plus. Le nuke à outrance est une impasse: mutualisation des risques, et privatisation des profits (aucune centrale ne peut-être assurée, et tepco, à titre d'exemple, se désengage). NDA pose le point déterminant qui nous permet d'envisager toute choses différement: sortir du mondialisme. Et l'Europe, porte d'entrée ultra-ultra libérale, nous expose à une course productiviste au seul service d'obscurs intérêts financiers sur-puissants.

gwladys | 18 avril 2012 à 00h34
 
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NDA nous développe un catalogue de bonnes intentions ,mais pas d'actions concrètes immédiatement applicables ,car l'essentiel figure
déjà dans le listing des projets Grenelle , dont la plupart demeure des projets sans financements. Dans l'hypothèse de la Gauche au pouvoir,
parions que tout sera "revu et corrigé", alors que la Nature ,source des
richesses extractibles et transformables ,est politiquement neutre.
Bref, des idées intéressantes à "mixer" avec celles des autres candidats, mais ça , en France, c'est encore un veux pieux.

arthur | 19 avril 2012 à 22h22
 
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