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L'UE appliquera le plan de sauvegarde du thon rouge de la CICTA dès 2007

Convaincue de l'intérêt des mesures destinées à préserver le thon rouge présentées par la CICTA, la Commission européenne veut les faire appliquer dès 2007. Pourtant la mise en œuvre de ce plan semble déjà compromise par certains pays pêcheurs.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) est une organisation intergouvernementale active dans le secteur de la pêche responsable de la conservation des thons et autres thonidés de l'océan Atlantique et de ses mers adjacentes. Elle a pour mission d'émettre des avis scientifiques en matière de gestion, de coordonner la recherche y compris l'évaluation des stocks, de compiler les statistiques et d'aider ses pays membres à convenir de mesures de gestion. En octobre dernier, des scientifiques en charge d'apporter un avis indépendant à la CICTA ont lancé un cri d'alarme en faveur de la sauvegarde du thon rouge qu'ils estiment être menacé d'extinction à très court terme. Selon eux, les captures actuelles représentent plus de trois fois le niveau acceptable dans le cadre d'une pêche durable. Les causes du problème découlent de la surcapacité de pêche et d'un contrôle insuffisant de la mise en oeuvre correcte des mesures réglementaires donnant lieu à des activités de pêche illégales : selon les déclarations officielles de 2005, la flotte française a capturé plus de 3.000 tonnes de Thon rouge dans l'illégalité soit 9455 tonnes contre un quota alloué de 6192 tonnes.

Réunis en Croatie en novembre dernier, les 42 membres de la CICTA ont défini de nouvelles règles pour les 15 ans à venir afin de préserver la ressource. Les dispositions principales de ce plan, dont certaines seront introduites pour la première fois, comprennent une réduction graduelle des quotas de pêche pour l'Union européenne de 32.000 tonnes actuellement à 25.500 tonnes en 2010, une extension des fermetures durant lesquelles les pêcheries de thon rouge seront interdites ainsi qu'une augmentation de la taille minimale du thon rouge de 10 à 30 Kg. Par ailleurs, ce plan prévoit l'application de mesures de contrôle à toutes les étapes de la chaîne d'activités afin de stopper les activités de pêche illégales. Jugé insuffisant par les associations de protection de l'environnement, ce plan a en revanche été très bien accueilli par la Commission européenne : les mesures décisives qui ont été prises au sein de la CICTA représentent une opportunité réelle pour la reconstitution graduelle du thon rouge, ainsi qu'une étape importante pour la durabilité des pêches, des flottes et des communautés côtières concernées, a déclaré Joe Borg, Commissaire européen pour la Pêche et les Affaires Maritimes. Quant aux scientifiques de la CICTA, ils estiment que ce plan pluriannuel devrait permettre une réduction de 50% des captures de juvéniles ainsi qu'une réduction importante des captures d'adultes même si les quotas n'ont pas été réduits à 15.000 tonnes comme ils le préconisent.
Convaincue de l'intérêt de ces mesures destinées à reconstruire le stock de thon rouge, la Commission européenne veut les faire appliquer dès 2007. Les membres de la CICTA ont alloué à l'Union européenne un quota de 16.779 tonnes pour 2007. La Commission a procédé au partage entre les Etats membres. Les trois pays les plus impliqués que sont l'Espagne, la France et l'Italie ne devront pas pécher plus de 5.568 tonnes, 5.493 et 4.336 tonnes respectivement soit une réduction de 12,7% de leur quota respectif conformément aux volontés de la CICTA.
Mais si tout semble aller pour le mieux dans l'UE, ce n'est pas le cas pour les autres membres de la CICTA. En effet, le partage du total de captures autorisées (TAC) pose problème. Réalisé à l'occasion d'une réunion de la CICTA fin janvier, ce partage aboutirait finalement selon Greenpeace à un total de 32.410 tonnes de thon rouge sortie de la Méditerranée en 2007 contre les 29.500 tonnes initialement prévues. Selon Greenpeace, deux pays auraient refusé les quotas qui leur étaient proposés et se seraient attribué d'office un tonnage qu'ils estiment légitime et minimal : la Turquie, qui se voyait proposer 918 tonnes, s'en est arrogé 1.950 supplémentaires et la Libye, à qui 1.280 tonnes étaient allouées, s'en est arbitrairement attribué 950 de plus, explique l'association.
Ainsi pour Greenpeace, à l'issue de ce dernier épisode, la crédibilité de la CICTA vole en éclats et l'Europe n'en sort pas grandie.

Il semblerait donc que la mise en œuvre du plan de reconstitution des stocks de thon rouge de la CICTA soit compromise dès la première année. Il est prévu que ce plan de reconstitution de 15 ans soit régulièrement actualisé, l'objectif étant d'en assurer l'efficacité à la lumière des avis scientifiques. La première mise à jour aura lieu en 2008 et les suivantes tous les deux ans.

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