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Actu-Environnement

En Afrique, les dépotoirs urbains menacent la santé des enfants et l'environnement

Un rapport du PNUE met en relation la toxicité des déchets accumulés dans le dépotoir de Dandora à Nairobi avec la pollution observée aux alentours et les maladies déclarées par de nombreux enfants vivant à proximité.

Risques  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
   
En Afrique, les dépotoirs urbains menacent la santé des enfants et l'environnement
   
La mauvaise gestion des déchets solides est l'une des causes principales de pollution dans de nombreuses villes, particulièrement dans les pays en voie de développement. Plusieurs de ces villes manquent de réglementation et d'installations appropriées, y compris pour les déchets dangereux qu'ils soient infectieux, toxiques ou radioactifs. Des sites municipaux sont tout simplement désignés pour stocker ces déchets et deviennent de véritables décharges à ciel ouvert à proximité des villes voire au cœur même des centres urbains. Ces dépotoirs constituent souvent une source de revenus pour les populations les plus pauvres vivants à proximité qui viennent chercher ce qui peut être réutilisé ou revendu.

Mais les impacts sanitaires et environnementaux de ces décharges restent difficiles à évaluer avec pécisions. Pour mettre en évidence un lien entre pollution environnementale et santé publique, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) a mené une étude préliminaire sur l'un des plus grands dépotoirs d'Afrique, dans le quartier de Dandora à Nairobi au Kenya. Située à 8 km à l'est de Nairobi, cette décharge accueille la majeure partie des déchets solides de la région sur plus de 30 ha. 2.000 tonnes de déchets industriels, agricoles, domestiques et médicaux sont déposées quotidiennement sans aucune précaution et viennent grossir la montagne d'ordures. Chaque jour, des centaines de personnes, y compris des enfants, des bidonvilles voisins et des quartiers résidentiels pauvres utilisent le dépotoir pour trouver de la nourriture, des produits « recyclables » et d'autres objets qu'ils peuvent vendre. Le fleuve de Nairobi passe à proximité et une partie de la décharge s'y déverse déjà alors que l'eau est utilisée en aval par les habitants et pour l'irrigation.

Menée en collaboration avec les experts de l'université de Nairobi et de Kenyatta, de l'hôpital national de Kenyatta et de l'institut de recherche agricole du Kenya, l'étude a porté sur l'analyse d'échantillons de sol et d'eau pour déterminer la teneur et les concentrations en divers polluants (métaux lourds, PCB et pesticides) aux alentours de la décharge. Les échantillons de sol provenant du dépotoir ont été comparés aux échantillons prélevés à Waithaka, un secteur résidentiel peri-urbain de Nairobi. Les résultats montrent des niveaux des métaux lourds dangereusement élevés, particulièrement en plomb, mercure et cadmium, sur le site du dépotoir, aux alentours et dans les résidences environnantes. La concentration en plomb (Pb) dans les échantillons de sol autour de la décharge par exemple s'échelonne de 50-590 parties par millions (ppm) dont 42% au-dessus de 400 ppm. Les échantillons provenant du cœur de la décharge vont même au-delà avec 13.500 ppm. Les concentrations moyennes des échantillons de sol provenant du dépotoir sont au final sept fois plus élevées que ceux prélevé à Waithaka. Selon le PNUE, c'est une indication claire que ce dépotoir est la source principale des niveaux élevés de plomb retrouvés aux alentours. Même constat pour le mercure (Hg) par exemple qui atteint une concentration de 46,7 ppm dans les sols, 18,6 ppm le long du fleuve ce qui est largement supérieur au niveau d'exposition acceptable selon l'OMS, à savoir 2 ppm.

Grâce à la présence d'un dispensaire à proximité de la décharge, des analyses de sang et d'urine ont pu être effectuées sur plus de 300 enfants vivants à proximité et âgés de 2 à 18 ans. La moitié des enfants examinés présente des taux de plomb dans le sang excédant les niveaux internationalement acceptés. Selon le PNUE, les enfants ont été exposés aux polluants par le sol, l'eau et les fumées de déchets brûlés. Presque la moitié des enfants examinés souffrait de maladies liées aux systèmes respiratoires (bronchite, l'asthme), gastro-intestinales (vomissements) et dermatologiques. Certains des symptômes connus pour l'empoisonnement au plomb ont été détectés chez plus de la moitié des enfants. L'exposition à des niveaux élevés de plomb est également liée à d'autres mauvais effets dommageables aux systèmes nerveux et au cerveau, tandis que l'empoisonnement de cadmium endommage les organes internes, particulièrement les reins, et provoque des cancers. Nous nous attendions à des résultats inquiétants, mais en réalité ils sont encore plus choquants que nous ne l'avions imaginé, explique Achim Steiner, Sous- secrétaire général de l'ONU et directeur exécutif du PNUE. Il est évident qu'une action urgente est indispensable pour réduire les dangers environnementaux et sanitaires pour que les enfants et les adultes puissent continuer leurs vies quotidiennes sans crainte d`être empoisonnés, a-t-il ajouté. Puisque le dépotoir n'a pas de limites ni de gestion, les gens risquent également de contracter des maladies véhiculées par le sang comme l'hépatite et le SIDA, alerte Njoroge Kimani, enquêteur principal et auteur du rapport d'étude.

Le PNUE s'est dit prêt à aider les autorités locales et nationales à améliorer la gestion des systèmes de voirie et des dépotoirs, notamment par une politique qui puisse générer des emplois durables et sains dans le secteur de la gestion des dépotoirs et du recyclage. La communauté locale demande la fermeture et le déménagement du dépotoir, à un endroit beaucoup plus adéquat et contrôlé pour réduire non seulement les impacts sur la santé et l'environnement mais également fournir du travail et un revenu à la communauté locale. Les vies de nombreux résidents locaux dépendent du dépotoir de Dandora. Le défi est de réduire au minimum puis supprimer le dépôt de matériaux dangereux au dépotoir en les détournant vers un traitement adéquat, a expliqué Achim Steiner.

Selon l'organisation mondiale de la santé (OMS) environ un quart des maladies affectant l`humanité sont attribuables à l'exposition prolongée à la pollution environnementale avec en première ligne les enfants, plus vulnérables que des adultes. Parmi les enfants âgés moins de cinq ans, les maladies liées aux facteurs environnementaux sont responsables de plus de 4,7 millions de décès annuellement. Dans les pays en voie de développement, 25% des décès sont liés aux facteurs environnementaux comparés à 17% des décès dans le monde développé.

Réactions8 réactions à cet article

 
à nous d'intervenir... mais en afrique

merci pour toute ces informations mais aujourd'hui notre intervention n'a été que constatation de problèmes connus et générer des statistiques pour corroborer ces connaissances.
Il vous suffit de vous promener dans les rues de Abidjan pour voir cela. Aucun rammassage des déchets n'est organisé et dieu sait si il est important chez eux du fait des températures élevées qui accélèrent la décomposition. Des enfants sont malades, c'est connu, c'est visible.
Nous nous battons en Europe pour le développement durable. Apprenons le B-A-BA de la gestion des déchets et allons les aider.L'assistance de ces pays fera autant si ce n'est plus pour la planète que nous pouvons aujourd'hui le faire en "grattant" des mg de CO2 avec du crédit d'impot. C'est trés bien mais pas suffisant.
Le plus grand potentiel en énergie solaire se trouve chez eux. Ils peuvent s'autofinancer si on leur montre, on les lance et on les aide à démarrer.
Je suis adhérant de l'association "abcd-environnement et santé pour l'afrique", on peut faire beaucoup de choses avec eux. Et à court terme cela aura des conséquences positive pour l'environnement, la planéte et nous. Encore une fois le vieux continent est égoïste de ses connaissances et veux être précurseur dansun secteur d'activité. Avec plus d'humilité et moins d'orgueil allons travailler chez eux et pour eux avec nos connaissances et notre expérience.
Tout le monde sera gagnant : eux, nous la planéte bien sur et pour ceux qui n'ont pas compris mon message, même l'économie mondiale y trouvera son compte.
Yvan

yvan | 19 octobre 2007 à 11h23
 
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Re:à nous d'intervenir... mais en afrique

Très préocupé par la situation, je voulais tout simplement épouser l'idée d'Ivan.Notammant il s'agira pour les puissances et les organismes nationaux ou internationaux de venir en aide à ces pays en y apportant leurs expertises et les moyens adéquats pour y remédier.

BEN'S | 19 octobre 2007 à 21h52
 
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Il était temps d'y penser!

Pourquoi attendre aussi longtemps avant de réagir? La preuve en est que les dégâts sont encore plus importants que prévus. Y-a-t'il des enjeux économiques et politiques derrière tout cela?

Marion | 20 octobre 2007 à 13h57
 
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Re:à nous d'intervenir... mais en afrique

Bonjour!
connaissez- vous le court-métrage "l'île aux fleurs"? Datant d'il y a quelques dizaines d'année, facile à trouver sur internet, il est on ne peut plus intéressant pour sensibiliser des gens à ce pb...

m_popins | 29 octobre 2007 à 08h45
 
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Réponse à la situation alarmante

Salut M. Yvan,
Je suis environnementaliste de formation et je réside en Côte d'Ivoire.Tout comme d'autres amis ayant réçu la même formation, nous avons déjà le B.A.BA, comme vous le dite. Nous nous sommes constitués en Association dénommée OSPE (organisation des spécialistes pour le protection de l'Environnemnt).C'est tout simplement pour vous dire que, nous sommes les personnes ressources mais la difficulté se trouve au niveau des dirrigeants,puisque la gestion des déchets (récyclage) procure beaucoup d'argents. Alors, ils péfèrent eux même s'en charger sans aucune expertise.On peut en réalité faire beaucoup de choses, quand la volonté y est.
Néanmoins, nous ne baissons pas les bras. C'est pour cette raison que je souhauterais que vous et nous unissons nos forces et convictions pour mener à bien le même combat. Le problème des ordures et insalubrité ménacent toute la population et nos réactions vives peuvent et porteront. Nous devons savoir nous y prendre tout simplement.
Cependant, je voudrais avoir de votre part, ainsi que toute autre personne ayant la même vision que nous, une réponse par rapport à la préocupation.

Cordialement.

BEN'S | 01 novembre 2007 à 12h01
 
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Re:Re:à nous d'intervenir... mais en afrique

je représente un bureau d'étude environnemental algérien , et je n'ai pas assez d'expérience dans le domaine et je souhaite qu'en m'orienter pour bien exécuté mon travail

djamel | 26 janvier 2008 à 17h04
 
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Re:Re:Re:à nous d'intervenir... mais en afrique

Salut Djamel;
Votre message a été perçu. Cependant; je voulais tout simplement vous dire qu'il est souhaitable de connaitre un aperçu de votre mission au sein de ce bureau d'étude.Car l'environnement est très vaste et concerne plusieurs domaines à savoir l'atmosphère; le sol et le sous sol.
mais pour l'instant je peux vous dire que vous devriez resencer les problèmes qui mines votre cadre de vie; organiser des campagnes de sensibilisation et planifier vos actions selon l'objectif que vous vous êtes assigné.
je me tiens à votre disposition pour l'aide que vous sollicitez en attendant d'avoir une orientation de vos objectifs.
Cordialement; BEN'S

BEN'S | 31 janvier 2008 à 20h37
 
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Re:Réponse à la situation alarmante

Bonjour,
Je suis étudiant dans une école axée dans la formation pour les métiers de l'environnent (E.M.E). Dans le cadre de l'école on a monté une association (Solidarité Environnement Developement) ayant pour but de participer a la sensibilisation et la mise en place d'action d'action pour la préservation de l'environnement.
Mais comme l'association est toute récente on manque de contact pour pouvoir développer des projets.
Si vous avez des propositions pour prendre des contacts et aider la naissance d'une nouvelle association...

emeric | 05 mars 2008 à 18h56
 
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