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Sécurité aérienne : comment gérer la présence d'espèces protégées ?

Risques  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

Comment gérer un problème de sécurité aérienne particulier : l'augmentation sur un aérodrome de la population d'une espèce protégée, qui bénéficie d'un plan national d'action ? C'est à cette question qu'a tenté de répondre le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) à la demande du ministère de l'Environnement en mars 2014.

L'aéroport de Marseille-Provence est en effet confronté à une recrudescence de la présence d'outardes canepetières, oiseau de plaine qui présente un risque élevé d'extinction sur le territoire national. L'aérodrome leur offre involontairement des conditions favorables à leur implantation : l'absence de prédateur naturel, de grands espaces préservés alors que leurs habitats favorables disparaissent sous la pression des constructions, ainsi qu'une proximité avec la plaine de la Crau. La plus grande part de la population d'outardes sédentaires de la région Paca se retrouvent en effet dans ces steppes.

Pour réduire les risques, des prélèvements ont été autorisés en 2013, 2014 et 2015 (de 38, 16 et 8 oiseaux).

D'un point de vu juridique, le CGEDD souligne que concernant un aéroport en service"les dérogations aux mesures de préservation du patrimoine naturel sont possibles, car elles se réfèrent à la sécurité publique; elles peuvent être délivrées à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ".

Dans le cas de l'aéroport de Marseille-Provence, le CGEDD note que l'ensemble des méthodes traditionnellement utilisées pour l'effarouchement des oiseaux n'a pas été efficace pour les outardes. L'aménagement du milieu herbacé pour le rendre inhospitalier avec des espèces appropriées a été engagé, mais nécessite d'une phase préalable de tests

Il considère également que l'accroissement de la population estimé à 160 oiseaux par an ne permet pas de considérer que les tirs ont nui au maintien d'un état de conservation favorable. Pour le CGEDD, cette régulation doit toutefois, dans un avenir proche, n'être utilisé qu'en cas de nécessité extrême et de nouvelles expérimentations, comme la fauconnerie et des interventions avec des maîtres-chiens, doivent être lancées."En raison des pressions très régulières qui gagnent sur ses habitats en région PACA, il convient, en matière de projets, de planifications et d'autorisations administratives correspondantes, de veiller avec beaucoup d'attention à la préservation de ses habitats favorables", souligne-t-il.

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