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Textiles et chaussures : quel recyclage possible?

La valorisation des textiles d'habillement, linge de maison et chaussures reste encore balbutiante en France. Deux études de l'Ademe et de Bio intelligence service montrent les possibles débouchés pour le recyclage.

Déchets  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

"Les débouchés actuels du recyclage sont saturés ou trop peu rentables pour les trieurs", pour ce qui concerne la valorisation des textiles d'habillement, linge de maison et chaussures (TLC), estime dans son état de l'art du secteur l'Ademe.

Environ 700.000 tonnes sont mises sur le marché chaque année, selon Eco TLC, l'éco organisme dédié à ce type de déchet.

11% seulement sont collectés et triés

Le gisement trié aujourd'hui serait de 125.000 tonnes, selon une première approximation de l'éco organisme qui devrait publier son état des lieux courant avril.

Eco TLC estime arriver à l'horizon 2050 à trier 50% des tonnages mis sur le marché français soit 350.000 tonnes.

Concernant le recyclage mécanique des textiles d'habillements et linge de maison, l'Ademe pointe que l'acceptabilité reste variable selon les filières. Ainsi le secteur automobile refusait, au moment de l'étude, les TLC en fin de vie dans ses cahiers des charges pour des raisons de qualité et de coût. L'adaptation du tri et de l'effilochage par rapport à des fibres provenant de chutes de production induirait des surcoûts. "Des accompagnements financiers pour l'amélioration des tris en amont de l'effilochage ou l'accompagnement de projets pilotes permettant d'évaluer la performance des produits obtenus à partir des fibres recyclées issues de TLC en fin de vie pourraient favoriser le développement de ce débouché", note l'Ademe.

En raison des pertes de propriétés mécaniques et d'hétérogénéité des flux, le secteur des géotextiles n'accepte les TLC en fin de vie que dans des applications à faible valeur ajoutée, où les performances mécaniques sont peu importantes.

En revanche, le marché de l'isolation des bâtiments pourrait être prometteur selon l'Ademe : il pourrait absorber jusqu'à 10.000 tonnes de déchets. Comme les feutres pour matériaux d'isolation peuvent se mélanger avec d'autres, les contraintes techniques demeurent limitées. "Le coût des certifications de produits obtenus peut être lourd", modère toutefois l'Ademe.

D'autres secteurs pourraient également constituer d'autres voies de recyclage : bétons, ciments ou enrobés.

Des efforts de recherche s'avèrent toutefois nécessaires. L'approvisionnement pour les bétons et ciments doit en effet être en quantité suffisante pour l'ouvrage considéré et les fibres doivent être synthétiques.

Pour les enrobés, les contraintes portent sur la mise en œuvre qui nécessite une qualité des fibres (en termes de dispersion des fibres dans le produit et de longueur) et une résistance de celles-ci à de hautes températures.

"Les systèmes de recyclage chimique sont peu rentables bien qu'ils permettent de sortir des produits de très haute qualité", estime dans son rapport, l'Ademe.

Elle recommande une réflexion autour d'autres moyens de collectes par exemple, en porte à porte ou le retour de certains vêtements en magasins pour améliorer la qualité de certains flux et permettre de développer de nouveaux débouchés.

L'éco-conception est également plébiscité par l'Ademe afin de développer de nouveaux débouchés.

2.400 tonnes de chaussures enfouies ou incinérées

Concernant les chaussures, les paires usagées collectées représentent 6 à 7% des quantités de TLC collectés, selon une étude de bio intelligence service. Une grande majorité sont éliminés avec la collecte des déchets ménagers, ou sont stockés par les ménages. La quantité de chaussures collectées en 2010 serait de 8.100 tonnes, dont 2.400 tonnes qui ont été éliminées par enfouissement ou incinération. L'explication de ces chiffres réside dans un recyclage difficile à mettre en œuvre : jusqu'à 40 matériaux différents seraient utilisés dans la fabrication d'une chaussure.

L'étude de bio intelligence service a identifié cinq types d'initiatives de valorisation mis en place par des producteurs ou des équipes de recherche : recyclage des chaussures pour du revêtement de terrains de sport, retour au centre de recyclage de la société qui les a fabriquées, utilisation de chaussures usagées pour la fabrication de paires neuves, recyclage du cuir ou enfin développement d'une ligne de traitement permettant la séparation des différents types de matières de la chaussure.

Dans tous les cas, les procédés passent par un broyage de la chaussure (ou de ses parties : tige, semelle intérieure, semelle extérieure, etc.), puis pour certaines une séparation des différentes matières par le biais d'une combinaison de filtres mécaniques.

Bio intelligence service a également identifié un broyage de la chaussure dans son intégralité avec une utilisation de la matière en mélange récupérée en down-cycling.

Pour améliorer le recyclage, le bureau d'étude préconise notamment d'orienter les réflexions sur l'élaboration d'une typologie de chaussures usagées, le développement d'un système automatisé de tri des chaussures usagées suivant leur typologie et l'organisation de réflexions sur les possibilités d'éco-conception des chaussures.

Il conseille également le lancement de tests d'incorporation du broyat de chaussures entières dans différents produits (semelles de chaussures, articles de sécurité routière, articles de sécurité nautique, etc.)

Selon eux le développement de la filière passe par la mise en place de partenariats avec les acteurs déjà identifiés (Nike, FYE, l'Université de Loughborough en particulier) avec Eco TLC ainsi qu'un partage d'expérience à l'échelle européenne.

Réactions2 réactions à cet article

 

Alternative au recyclage le tissu bio (en matière naturelle issue de l'agriculture biologique et fabriqué sans produit chimique toxique)

biotissus | 28 février 2013 à 11h39
 
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Bonjour,
Je suis à la recherche d'une solution pour le recyclage des chaussures de sécurité.
Auriez vous des idées?
Vincent Bia

VB | 11 février 2014 à 14h09
 
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