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La Commission européenne présente sa stratégie transports pour 2050

La Commission européenne a adopté le 28 mars une stratégie globale sur les transports à l'horizon 2050, visant à relever le double défi d'augmenter la mobilité tout en réduisant les émissions et la dépendance énergétique du secteur.

Transport  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

 
Des réactions mitigées L'Union internationale des transports routiers regrette ''le choix de la Commission européenne de promouvoir un transfert modal forcé'' et souhaite que celle-ci accepte ''de manière réaliste le rôle irremplaçable du transport routier commercial''.
Les Verts européens dénoncent des objectifs insuffisants et insistent sur la nécessité de réduire de 80 à 95 % les émissions du secteur et relève un manque de mesures concrètes. Le Réseau action climat-France, la Fédération nationale des associations d'usagers des transports, la Fédération des usagers de la bicyclette et Agir pour l'environnement saluent de leur côté les ''bonnes intentions'' de la stratégie européenne et appellent, dans une analyse du livre blanc, le gouvernement français à respecter les objectifs de la loi Grenelle 1, ''plus volontaristes que ceux du Livre blanc'', mais non mis en œuvre aujourd'hui.
 
''L'idée, largement répandue, que la lutte contre le changement climatique impose de réduire les déplacements est tout simplement fausse. L'Europe a absolument besoin de systèmes de transport compétitifs pour pouvoir affronter la concurrence au niveau mondial, soutenir sa croissance économique, créer des emplois et assurer la qualité de vie au quotidien de sa population'', a expliqué Siim Kallas, vice-président de la Commission en charge des transports, lors de la présentation de la feuille de route ''Transports 2050'', le 28 mars dernier.

La stratégie européenne vise une indépendance accrue de l'Europe à l'égard des importations de pétrole et une réduction de 60 % de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050 par rapport à 1990, avec un objectif intermédiaire de réduction de 20 % des émissions en 2030 par rapport à 2008 (soit 8 % de plus que les niveaux de 1990).

Pour y parvenir tout en augmentant la mobilité, la stratégie distingue différents types de déplacements (urbains, interurbains et longue distance) et décline pour chacun d'eux objectifs et solutions (report modal, optimisation des modes de transport actuels…). La Commission annonce que plusieurs outils réglementaires seront présentés sur la période 2011-2014 afin d'appuyer cette stratégie.

Moyenne distance : organiser le report modal

La Commission européenne souhaite qu'en 2050, 50 % du transport interurbain de passagers et de marchandises soient assurés par voies ferroviaire et navigable. Au-delà de 300 km, ''la majeure partie du transport de passagers devrait s'effectuer par le train'', explique la stratégie. Pour le RAC, la FNAUT, la FUB et APE, ''le seuil de 300 km proposé par le Livre Blanc est une aberration. Le transport ferroviaire et fluvial peut s'adapter à des distances relativement courtes''.

Pour le fret, 30 % du transport routier devrait être reporté sur le transport ferré ou fluvial d'ici à 2030 et plus de 50 % en 2050. La stratégie mise sur le ''réseau de base RTE-T'' qui devrait optimiser le report modal : tous les aéroports du réseau devront être connectés au réseau ferroviaire desservi par la grande vitesse, idem pour les ports maritimes et fluviaux. D'ici à 2020, un système européen d'information, de gestion et de paiement pour le transport multimodal, tant pour les passagers que pour le fret, devra être mis en place.

La Commission devrait publier en 2011 des propositions pour un réseau principal multimodal européen, avec cartes et propositions de financement. D'ici 2012-2013, elle devrait également présenter un paquet ferroviaire modifiant profondément le cadre réglementaire du rail (ouverture du marché des services de transport intérieur de passagers, mise en place de structures de gestion unique des corridors ferroviaires de fret, séparation des activités des gestionnaires d'infrastructures de celles des fournisseurs de services, attractivité pour les investisseurs du secteur privé).

Longue distance : optimiser les modes de transport actuels

Pour les déplacements longue distance (passagers et marchandises), ''les transports aériens ou maritimes continueront de dominer le marché'', estime la Commission. Il s'agira donc d'optimiser ces modes de transport , via le développement de nouveaux moteurs, de carburants et de systèmes de gestion du trafic.

L'objectif est de porter à 40 % la part des ''carburants durables'' à faible teneur en carbone dans l'aérien d'ici à 2050, et de réduire dans le même temps de 40 % les émissions de CO2 provenant des combustibles de soute dans le transport maritime (via la conception de nouveaux types de navires et adoption de combustibles pauvres en carbone). ''Dans les transports aériens, les agrocarburants de deuxième génération (ligno-cellulosique) et de troisième génération (algues) seraient privilégiés. Cependant, les recherches et les connaissances techniques et économiques de ces filières restent très floues (quels coûts, quelle occupation de l'espace, quelles autres pollution induites, etc.). Il est donc difficile de dire aujourd'hui quelles technologies seront disponibles à l'horizon 2050'', remarquent les associations françaises.

L'achèvement du ''ciel unique européen'', d'ici 2020, couvrant 58 pays et un milliard d'habitants, devrait accroître l'efficacité et la rapidité du transport par les airs, note la Commission. Pour le terrestre et le maritime, des systèmes de gestion intelligents devraient être déployés.

Transport urbain : ''changement de cap''

D'ici 2030, la moitié des véhicules à carburant traditionnel devront disparaître des villes, la totalité d'ici 2050. Idem pour le transport de marchandises. La Commission souhaite soutenir communes avec la mise en place de procédures et d'aides financières (fonds de cohésion, fonds structurels) pour réaliser des audits et des plans de mobilité urbaine. Elle se penche également sur la question des péages urbains et des autres systèmes de restriction d'accès et devrait présenter des propositions pour encadrer ces dispositifs au niveau européen.

''Il est regrettable qu'un scénario européen évite la question cruciale des besoins de mobilité et qu'il n'y ait pas de spécification sur la part d'augmentation couverte par un transfert modal vers les modes de transport doux comme la marche et le vélo'', soulignent le RAC, la FNAUT, la FUB et APE.

Financer la stratégie Transports 2050

Pour financer les investissements nécessaires à la stratégie, la Commission souhaite ''la pleine application des principes de l'utilisateur payeur et du pollueur payeur''. Elle devrait présenter en 2012 des lignes directrices pour l'application des coûts d'infrastructures aux voitures particulières, et à terme, un élargissement de cette internalisation des coûts à tous les véhicules routiers (sauf ceux couverts par l'Eurovignette) et les autres modes de transport. Les recettes tirées de l'activité de transport doivent être affectées au développement d'un réseau intégré et efficient, insiste la Commission.

En 2011, l'UE adoptera un plan stratégique pour les technologies de transport afin de regrouper et recentrer les efforts de recherche et de développement européens. ''La priorité sera de produire des véhicules propres, sûrs et silencieux pour tous les modes de transport. Parmi les domaines clés, citons : les combustibles de substitution, les nouveaux matériaux, les nouveaux systèmes de propulsion, les outils informatiques et les outils de gestion du trafic permettant d'organiser et d'intégrer des systèmes de transport complexes''.

Réactions3 réactions à cet article

 

Assez de "blabla" à la Commission Européenne : des actes !
- l'eurovignette dans tous les pays européens pour les transports routiers de fret ( fin des concessions aux routiers et à leurs lobbys ),
- les pollueurs doivent effectivement être les payeurs,
- financement substentiel des infrastructures ( réseau européen de LGV et autoroutes ferroviaires et maritimes )
- urgent de mettre fin au " toutencamion"

buffalo | 30 mars 2011 à 14h26
 
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le trm europeen depuis sa liberalisation n'a aucun interet de se reporter sur le rail .les grandes entreprises ont delocalise a l'est pour mieux localiser a l'ouest.des camions immatricules a l'est ne voient jamais leur pays.la route est devenue dangereuse ,la course au marges,les prix du transport,les salaires etc....la peste liberale emporte tout sur son passage.la competitivite devrait etre un dogme de qualite et non de couts,l'humanite s'en porterait que mieux

alain | 03 avril 2011 à 22h21
 
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l'EUROPE une si belle idée , la paix entre les peuples d'EUROPE , la construction d'un vivre ensemble avec une harmonie social de droits et de devoirs
la realitée est tout autres bloquage des avancées social et salarial dans les pays les mieux disant , et rien de mieux dans les pays de l'est nouveau arrivant
la seul chose qui bougent en france manque 20000 chauffeur poid lourd en 2000 maintenant en 2012 45000 chauffeur poid lourd au chomage sans espoir de retrouver un travail de meme qualité
je ne parle pas de chauffeur qui font de l'international
mais de chauffeur qui travail en france et qui reste en france
je sent un vent de colère qui monte dans les discutions dans les restos routier
je vois de plus en plus des chauffeur manger dans les camions
je vois un metiers dur mais passionnant ne devenir que dur et usant
moralement
un conducteur routier n'est pas avec sa famille il as choisit se metier pour gagner de l'argent pour elle pour apporter un bien etre
on arrive a la fin de sa
en france le transport routier est en fin de vie au nom de l'EUROPE ultralibéral car les memes gents qui ont crus que les banquiers s'autoréguraliseraient ont crus que les grand capitaines d'industries ferais mieux
pas de chance

nono 37 | 12 mai 2012 à 11h43
 
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