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Vautours et activités d'élevage : vers une meilleure cohabitation

Vautours et bétail ne font pas toujours bon ménage. Avant la mise en place d'un plan d'action en 2012, les préfets doivent prendre des mesures pour améliorer la cohabitation.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
   
Vautours et activités d'élevage : vers une meilleure cohabitation
   

Bien que nécrophages, les vautours occasionnent parfois des dommages à des animaux vivants. Avant de lancer en 2012 un plan d'action dédié, les ministres de l'Ecologie et de l'Agriculture ont adressé une circulaire sur le sujet aux préfets. Objectif : mettre en œuvre différentes mesures visant à concilier la présence du vautour et les activités d'élevage.

Stabilisation des populations

Quatre espèces de vautours sont présentes en France, dont le vautour fauve, protégées au niveau national par l'arrêté du 29 octobre 2009 et, au niveau communautaire, par la directive "oiseaux".

"En 2008, la population de vautours fauves était estimée à 800-850 couples sur le territoire français", précise la circulaire. Elle a fortement augmenté à partir des années 80 mais connaît une stabilisation depuis 2006 et même une légère régression dans les Pyrénées occidentales. Les populations du sud du Massif central et du sud-est de la France restent en revanche en croissance.

Equilibre perturbé

Se nourrissant des cadavres d'animaux morts, les vautours ont un rôle d'équarrisseur naturel et sont des auxiliaires précieux du monde de l'élevage. "Leur rôle de "cul de sac épidémiologique" a également permis d'améliorer les conditions sanitaires des estives", indique la circulaire.

Mais plusieurs changements majeurs ont perturbé cet équilibre : mécanisation de l'agriculture, disparition des grandes transhumances à pied et surtout obligation d'équarrissage industriel suite à la crise de la "vache folle", à l'origine d'une forte diminution des ressources alimentaires disponibles. Le phénomène a été particulièrement sensible dans les Pyrénées du fait de la mise en place généralisée de l'équarrissage associée à la suppression des dépôts de cadavres d'animaux en Espagne.

Cette diminution des ressources a occasionné des attaques sur animaux vivants par des groupes de vautours affamés. En moyenne annuelle, de 2007 à 2009, 111 déclarations de dommages ont été enregistrées dans les départements pyrénéens correspondant à 183 animaux. Ces chiffres relativement faibles ne font toutefois pas ressortir l'impact psychologique de ces attaques sur les éleveurs.

 
Qu'est-ce qu'une placette d'alimentation ? Les placettes d'alimentation constituent des "exclos" dont la taille (1000 m2 en moyenne) et l'implantation doivent permettre un envol facile des oiseaux. Leur réalisation nécessite donc un accord préalable des services vétérinaires au regard d'impératifs sanitaires sur le mode de construction (clôture de type Ursus) et la localisation (distance aux habitations, aux points d'eau).
 
Création de placettes d'alimentation

Avant la mise en ouvre du plan d'action en 2012, dans le cadre duquel la faisabilité d'opérations d'effarouchement des oiseaux sera examinée, les ministres demandent aux préfets concernés de mettre en œuvre plusieurs mesures : constitution d'une cellule opérationnelle de veille au niveau départemental permettant de surveiller l'impact du vautour fauve sur les activités d'élevage, mise en place d'une communication adaptée auprès des éleveurs et élus notamment, convocations de réunions d'information, conduite d'une analyse prospective sur l'organisation d'un équarrissage naturel.

Cette dernière doit donner lieu à la constitution de "placettes d'alimentation" dont l'objectif consiste "à éloigner les vautours du bétail vivant tout en assurant une adéquation entre population de vautours et ressources alimentaires sans provoquer de déséquilibre pouvant être préjudiciable à la relation entre l'espèce et les activités d'élevage".

La réalisation de ces placettes constitue un dispositif dérogatoire à l'obligation d'équarrissage industriel, facilitée par un récent assouplissement de la réglementation communautaire. Elle est à ce titre soumise à autorisation préfectorale renouvelée annuellement. Un accord préalable des services sanitaires est donc nécessaire.

Selon une note rédigée par le Parc national des Cévennes et annexée à la circulaire, la placette constitue une simplification du travail pour l'éleveur et une solution économiquement intéressante : elle ouvre droit, sur un territoire restreint, à une exonération à hauteur de 60% de la "contribution volontaire obligatoire" (CVO), taxe interprofessionnelle mise en place pour l'équarrissage ovin. Le moyen de rétablir une solution d'"équarrissage simple et économique des animaux trouvés morts".

Réactions2 réactions à cet article

 

on retarde le phénomène.
on ne vise pas à une méthode de gestion cohérente.
Le régime alimentaire du Vautour est nécrophage certes, mais lorsque ces ressources alimentaires sont limitées du fait de sa trop forte densité de population alors il s'attaque aux animaux jeunes (entrain de naitre).
on a besoin de réguler cette popoulation de Vautour, il suffit d'obtenir une dérogation comme il est déjà fait pour le loups.
au delà des subventions, on ferait mieux de s'interreser aux bergers conscicieux du bien être de leur troupeau...

forestine | 18 août 2011 à 10h17
 
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1er point : les 111 déclarations de dommages ne sont pas un chiffre "relativement" faible mais TRÈS faible (11 000 animaux morts chaque année sur les seuls départements du 64 et du 65 - je cite les chiffres du ministère de l'écologie).
2ème point : la circulaire elle-même indique que le rôle des vautours dans la mort de l'animal n'est "déterminant" que dans 4 sur 65 pour les bovins (essentiellement lors des vêlages), et jamais sur les ovins.
3ème point : pour répondre à forestine, "réguler les populations de vautours" est un non-sens écologique et économique car l'Union européenne et la France financent des plans de restauration des vautours depuis des années. Il serait aberrant d'autoriser dans le même temps leur élimination (d'ailleurs c'est la même chose pour le loup, espèce protégée mais dont on autorise le tir de prélèvement).
Reste à savoir ce que l'on veut : continuer de se "rendre maîtres et possesseurs de la nature" ou admettre que nous aussi, êtres humains, faisons partie de ce grand ensemble indissociable que l'on appelle BIODIVERSITÉ.

Nath87 | 22 août 2011 à 20h42
 
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