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Le WWF dénonce le manque d'action et de moyens pour lutter contre l'importation de bois illégal en Europe

Dans son « Baromètre gouvernemental de l'exploitation forestière illégale », le WWF regrette que le plan d'action de lutte contre l'importation de bois illégal adopté par l'Union européenne en mai 2003 n'est pas été suivi des faits.

Biodiversité  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
L'exploitation forestière illégale et le commerce qui en est issu sont responsables de dommages écologiques importants dans les pays en voie de développement et appauvrissent les communautés rurales qui dépendent des forêts pour leur survie. Ils coûtent également aux gouvernements de ces pays approximativement 10 à 15 milliards d'euros par an en pertes de revenus. Abordée pour la première fois en tant que fléau international à l'occasion du sommet du G8 en 1998, cette problématique a été par la suite prise en compte par la Commission européenne qui s'est engagée à lutter contre l'exploitation illégale des forêts et le commerce qui y est associé, à l'occasion du Sommet Mondial sur le développement durable (SMDD) de 2002. Cet engagement a abouti à l'adoption d'un plan d'action en mai 2003 dénommé Application des Règlementations Forestières, Gouvernance et Echanges Commerciaux ou Forest Law Enforcement, Governance and Trade (FLEGT).

Le plan d'action FLEGT propose des mesures visant à accroître la capacité des pays en voie de développement à contrôler l'exploitation illégale des forêts et à réduire le commerce du bois illégal entre ces pays et l'UE. Il s'agit notamment de soutenir les pays producteurs de bois pour une meilleure gouvernance et une plus grande aptitude à lutter contre le fléau, de mettre en oeuvre des accords de partenariats volontaires avec les pays producteurs afin d'empêcher l'entrée de bois illégal dans le marché de l'UE et d'encourager la réduction de la consommation de bois illégal au sein de l'UE.

Quatre ans après l'approbation de ce plan, le WWF estime que le passage à l'acte à été timide et insuffisant. Dans le cadre de son enquête annuelle sur l'exploitation illégale des forêts, le WWF publie une nouvelle évaluation selon laquelle les gouvernements des Etats membres de l'UE sont à la traîne sur la mise en œuvre du FLEGT. L'association précise que 19 des 27 pays membres de l'UE, soit plus des 2/3 des pays, n'ont toujours pas été à même de prendre des mesures concrètes permettant de lutter contre l'importation de bois illégal.
Les pays des Etats membres ont été évalués notamment sur leur niveau de collaboration avec les pays producteurs et sur la mise en œuvre d'actions concrètes au sein d'un Plan d'action national pour mettre fin au commerce du bois illégal. Résultat, selon le WWF, la Grande-Bretagne et l'Autriche ont fourni les efforts les plus importants pour empêcher l'accès sur le marché européen de bois provenant de forêts gérées non durablement, tandis que l'Irlande et la République tchèque se retrouvent en queue de peloton.

Quant à la France, il semblerait qu'elle ait peu bougé au fil des évaluations annuelles. Le WWF reconnaît qu'elle a engagé un dialogue avec certains pays exportateurs comme le Gabon et Congo-Brazzaville mais estime que peu de financement ont été attribués à des programmes visant à enrayer les coupes illicites dans les pays producteurs.
Par ailleurs, l'association dénonce le peu de garanties de légalité et de gestion durable des forêts prises en compte pour les achats publics de bois. Depuis la publication de la circulaire définissant les critères environnementaux et sociaux dans les achats publics de bois en avril 2005, aucun moyen de mise en œuvre et de suivi n'a été déployé, alors que ces achats représentent le quart de la consommation française et pourraient donc être un levier important, explique le WWF. Il y a quatre ans, l'UE avait mis au point un plan d'action très prometteur pour lutter contre le problème croissant que représentent les coupes illégales, a déclaré Emmanuelle Neyroumande, Responsable du Programme Forêts au WWF-France. Mais trop peu de progrès ont été accomplis à ce jour, une situation due à la faible mobilisation des gouvernements, a-t-elle ajouté. En France, on estime à près de 40 % les bois tropicaux importés d'origine illégale.

Le WWF en appelle donc aux gouvernements pour que des mesures concrètes soient mises en oeuvre et pour que soit édictée une réglementation supplémentaire qui condamnerait l'importation dans l'Union européenne de bois et de produits dérivés issus d'exploitations illégales. L'association estime qu'à l'heure actuelle, trop d'échappatoires demeurent, permettant de contourner les mesures prises jusqu'ici par l'UE pour mettre fin à ces abus. Selon elle, le plan d'action européen ne permet pas d'empêcher que du bois illégal soit importé en Europe par l'intermédiaire de pays tiers comme la Chine, n'oblige pas les pays qui entretiennent des relations avec des Etats membres de l'UE de disposer eux-mêmes d'une législation interdisant l'importation de bois illégal et n'inclut pas les produits dérivés comme la pâte à papier, le papier et le mobilier.

Le WWF demande particulièrement à la France d'être davantage moteur dans la lutte contre l'exploitation illégale du bois et le commerce lié et que l'UE montre l'exemple et prenne des mesures afin d'inciter les autres grands consommateurs de bois comme la Chine, le Japon et les Etats-unis à interdire l'importation de bois obtenus de manière illégale.

Réactions3 réactions à cet article

 
comment savoir ?

Comment savoir en pratique si tel ou tel produit vendu en France provient de forêts "pillées" ???

JC | 10 mai 2007 à 09h04
 
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Re:comment savoir ?

Il y a la certication FSC.
Sinon, le bois local, si possible PEFC.
Le mieux est de ne pas acheter du tout de bois exotique. On vit très bien sans.
Les salons de jardin en chataîgnier résistent très bien aux intempéries.
Méfiez vous de certaines maisons en bois massif qui viennent du Chili, de plantations destructrices sur des terres spoliées aux Mapuches par Pinochet. Exigez un certificat d'origine du bois!
En principe, on ne devrait construire qu'avec des matériaux d'origine locale. Le transport coute en carbone.

Menfin | 10 mai 2007 à 13h47
 
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L'écocertification: une ambition spécieuse ?

L’écocertification, est elle élément significatif du débat forestier international?
En mai 2005, 241 millions d’hectares de forêts étaient certifiés, marquant une progression de plus d’un tiers en un an, principalement liée à la progression de la certification forestière au Canada . Au total, ce sont 6% de la superficie forestière mondiale qui se trouvent ainsi certifiés. Près de 95% des forêts certifiées se trouvent dans l’hémisphère nord, principalement en Amérique du nord et en Europe (en Europe de l’ouest, la moitié des superficies forestières est certifiée, contre un tiers en Amérique du nord). L’Amérique latine compte pour 4% du total des forêts certifiées, alors que l’Afrique et l’Océanie représentent chacune 1% (dont 1,6 millions d’hectares au Gabon certifiés par le système hollandais Keurhout) et l’Asie 0,3%. La première forêt chinoise certifiée l’a été par FSC en 2005 pour une superficie de 420 000 hectares.
Le schéma canadien CSA, avec 27% du total des superficies certifiées, occupe le premier rang devant PEFC (24%), SFI (23%) et FSC (22%).
Selon les estimations de la FAO, les forêts certifiées pourraient fournir 22% de la production mondiale de bois ronds. Mais seulement une partie des bois est au final porteur d’une marque de certification, la totalité du bois provenant de forêts certifiées ne rentrant pas systématiquement dans les chaînes de contrôle. Le nombre de chaînes de contrôle certifiées a progressé d’environ un tiers depuis 2004, portant à près de 6 000 le nombre de certificats délivrés.
Sur la plupart des marchés, la certification n’apporte pas un avantage particulier en termes de prix de vente. Cependant, les produits certifiés deviennent plus visibles sous l’impulsion des enseignes de bricolage et de l’industrie papetière. La demande des consommateurs privés reste faible et constitue un obstacle au développement des marchés. Il faut noter, toutefois, que la sensibilité de l’opinion publique sur la question forestière pousse les entreprises du secteur à agir.

Grimpeloup | 11 mai 2007 à 17h30
 
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