

Cette instruction technique, émise par la direction générale de l'alimentation en août 2018, traite des cyanobactéries en eau douce et des risques associés à leurs proliférations. Elle vise à synthétiser les connaissances actuelles et à proposer des lignes directrices pour la gestion des épisodes de développement massif de ces micro-organismes.
Les cyanobactéries, également appelées algues bleues, sont des micro-organismes photosynthétiques présents dans divers écosystèmes aquatiques. Elles se développent sous deux formes principales : planctonique (dans les eaux calmes et riches en nutriments comme les lacs ou étangs) et benthique (sur les substrats des cours d'eau, formant des biofilms). Leur prolifération rapide peut entraîner des perturbations écologiques, comme des mortalités de poissons, et présenter des risques toxiques pour les humains et les animaux, en produisant des cyanotoxines aux effets variés (hépatotoxicité, neurotoxicité, dermatotoxicité).
Le texte détaille les réglementations et recommandations applicables en matière de toxicité dans l'eau, notamment pour l'eau potable et les zones de baignade. Pour l'eau de boisson, une valeur limite pour les microcystines est fixée, conformément aux recommandations de l'OMS. Concernant les activités nautiques et la baignade, des seuils de gestion sont proposés, basés sur la surveillance des cyanobactéries et la recherche de toxines dans l'eau. En cas de dépassement de ces seuils, des interdictions peuvent être prononcées.
La contamination des produits aquatiques, notamment des poissons, est également abordée. Les méthodes analytiques pour détecter les cyanotoxines dans ces produits sont présentées, bien que leur fiabilité et leur accessibilité restent limitées. Les données actuelles montrent une accumulation variable des toxines dans les tissus des poissons, avec des concentrations plus élevées dans les viscères et le foie. En l'absence de seuils de toxicité définis, des recommandations sont formulées, comme l'éviscération et l'étêtage des poissons avant consommation, ou l'interdiction de pêche dans les zones contaminées.
Pour la gestion des risques, le texte insiste sur la coordination entre les acteurs locaux, incluant les agences régionales de santé (ARS), les directions départementales des territoires (DDT), les directions départementales de la protection des populations (DDPP), et d'autres services. Une instance locale de coordination est suggérée pour optimiser les rôles de chacun, depuis la surveillance du milieu jusqu'à la communication des mesures. La détection des épisodes toxiques repose sur des réseaux de surveillance impliquant des associations, des professionnels et des particuliers, ainsi que sur le signalement de mortalités animales, notamment chez les chiens.
En cas de suspicion d'alerte, des prélèvements sont réalisés pour confirmer la présence de cyanobactéries et de toxines. Les mesures de gestion peuvent inclure des interdictions de pêche ou de consommation des produits pêchés, adaptées selon le type de cyanobactéries (planctoniques ou benthiques) et l'évaluation locale du risque. La communication joue un rôle clé, avec des supports d'information destinés au grand public et aux professionnels, pour sensibiliser aux dangers et aux précautions à prendre.