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Des impacts environnementaux à la hausse

La logistique Actu-Environnement.com - Publié le 21/03/2011
La logistique  |    |  Chapitre 2 / 8
Le transport est devenu une composante incontournable de quasiment toute activité moderne : en un siècle et demi, les échanges de marchandises ont été multipliés par 1000 à la surface du globe. Dans les sociétés occidentales, il n'est quasiment pas une activité industrielle ou agricole qui soit purement locale, sans utilisation d'un moyen de transport entre le lieu de production et le lieu de consommation. Depuis 1950, les échanges sur les marchés internationaux ont augmenté de près de 30 fois en volume selon le Centre d'Analyse Stratégique. Cette évolution n'est pas sans conséquence sur les besoins énergétiques et l'environnement.

Au niveau mondial, la consommation d'énergie finale des transports est fortement dépendante des carburants pétroliers, particulièrement les transports routier et aérien. L'évolution est différente selon les régions du monde, mais globalement la consommation est en augmentation et les quantités de transports également. Le transport routier prédomine partout dans le monde et sa consommation d'énergie est passée de 600 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 1971 à 1.630 Mtep en 2005 selon le rapport de Global Chance Vers la sortie de route. Les fluctuations sont fortement dépendantes des crises, qu'elles soient économiques ou pétrolières. Ainsi une baisse générale a été observée en 2008-2009.

Le transport aérien arrive en seconde position avec une consommation d'énergie qui est passée de 113 Mtep en 1971 à 235 Mtep et qui connaît une croissance importante. Les transports ferroviaires mondiaux sont le seul mode de transport dont la consommation diminue très sensiblement sur la période 1971-2005, non seulement en valeur relative, de 8 % en 1971 à moins de 3 % en 2005, mais aussi en valeur absolue de 77 Mtep en 1971 à 61 Mtep en 2005. L’ensemble des transports par bateaux, complètement dépendant du pétrole, atteint en 2005 une consommation finale de 206 Mtep, juste derrière le transport aérien.

Les impacts environnementaux au niveau mondial du transport de marchandise s'évaluent principalement par ses émissions de gaz à effet de serre (GES), soit près de 10 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone selon le rapport intitulé Le fret mondial et le changement climatique de 2010. Mais ces chiffres ne peuvent être d'une précision absolue puisque certains transports sont mixtes, fret et passager. Selon l’AIE, les transports sont, après le secteur de l’électricité, le deuxième émetteur mondial de dioxyde de carbone avec plus de 6.600 millions de tonnes de CO2 en 2007, dont 73 % sont attribuées au transport routier. Aujourd'hui, les pays émergents emboîtent le pas aux pays du Nord en matière d’émissions de GES, notamment à cause de l'augmentation des transports de marchandises.

Même tendance en Europe et en France

Le transport de marchandises croît à un rythme un peu plus rapide que l’économie, la route et le fret aérien affichant les plus fortes hausses dans l’Europe des 27, respectivement 43 % et 35 % de 1997 à 2007. Pendant cette même période, le fret ferroviaire et les voies navigables intérieures ont vu diminuer leur part dans les volumes de fret totaux selon l'Agence Européenne pour l'Environnement (AEE).
Au niveau de l'UE, en termes de tonnes-kilomètres (tkm), le transport routier de marchandises est plus de 4 fois supérieur au transport ferroviaire de marchandises (1.690 milliards de tkm contre 370 milliards de tkm en 2009). En 2009, le transport routier de marchandises était le mode de transport dominant dans tous les États membres, à l'exception de l'Estonie et de la Lettonie.

La crise économique a entraîné une baisse du transport1 routier et ferroviaire de marchandises en 2008 et 2009, après plusieurs années d'une tendance à la hausse. Dans l'UE27, le transport routier de marchandises a reculé de 10% en 2009, après une baisse de 2% en 2008. Le transport ferroviaire de marchandises a décliné quant à lui, de 17% en 2009, après une diminution de 2% en 2008.

Les transports représentent environ un tiers de la consommation totale d'énergie dans les Etats membres et plus d'un cinquième des émissions de gaz à effet de serre. Le Centre d’analyse stratégique estime les émissions du fret intérieur européen à environ 245 Mt de CO2, soit 6 % des émissions totales de l’UE-27 et un quart des émissions du transport européen.

Les transports sont également responsables d'une part importante de la pollution atmosphérique et des nuisances sonores dans les villes. Par ailleurs, ce secteur a un impact fort sur le paysage du fait qu'ils divisent des zones naturelles en petites parcelles, ce qui entraîne des conséquences graves pour les espèces animales et végétales (AEE).

La France, au carrefour des principales routes européennes, supporte une grande partie du trafic de marchandises intra-européen. Selon l'ADEME, entre 1990 et 2000, le trafic de marchandises intérieur a augmenté de 30%, alors que le trafic de transit a crû de 70 %. Les poids lourds, par leur flexibilité, leur rapidité et donc leur rentabilité, sont depuis de nombreuses années le maillon central du transport de marchandises : ils assurent 80 % des échanges commerciaux (régionaux et longue distance). Le transport ferroviaire ne cesse de perdre des parts de marché (14 points en vingt ans), tandis que la part du transport fluvial stagne à 2 % en dépit d'un accroissement du trafic ces dernières années.

Sur le plan énergétique et environnemental les impacts sont majeurs : le transport routier de marchandises représente 32 % de la consommation finale d'énergie du secteur transport en France. La route est le mode le plus utilisé pour la livraison des marchandises en zone urbaine. Cette activité contribue à elle seule à 40 % de la consommation d'énergie des transports en ville.

Résultat, le secteur des transports (passagers et marchandises) est responsable de 26 % des émissions de gaz à effet de serre et 35 % des émissions de CO2 du pays, avec une prédominance très forte du transport routier (voitures particulières et camions).

La responsabilité du secteur des transports dans les émissions atmosphériques est également loin d’être négligeable : 54 % des émissions de NOx (oxydes d’azote), 27 % des COVNM (composés organiques volatils non méthaniques), 36,9 % des émissions de CO (monoxyde de carbone), 25 % des émissions de HFC (Hydrofluorocarbone), 8,5 % des émissions de particules, 7,5 % des émissions de SO2 (dioxyde de soufre).

Mélanie Favrot

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