En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

En Suisse le taux de recyclage des déchets urbains atteint 48%

Une étude suisse de l'Office Fédéral de l'Environnement, des Forêts et du Paysage (OFEFP) révèle que 48% des déchets urbains sont recyclés. Comparée à la France (12%) la Suisse est bonne élève avec une gestion basée sur le principe pollueur-payeur.

Déchets  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Avec 7,2 millions d'habitants la Suisse et la principauté du Lichtenstein produisent majoritairement des déchets de chantier (11 Mt en 2004). La deuxième position est occupée par les déchets urbains avec 4,99 Mt par an. Issus des ménages et de l'industrie, ces déchets sont recyclés à hauteur de 48% (2,41 Mt) ou incinérés (2,5 Mt) ou stockés en décharge (80 000 t).
Un tel taux de recyclage est possible grâce à une collecte sélective efficace du papier, du verre, des Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (DEEE), des piles, des déchets organiques, des textiles, du plastique PET, du fer blanc et de l'aluminium.
Afin d'inciter les citoyens suisses à trier leurs déchets le pays a mis en œuvre le principe du pollueur-payeur. La loi fédérale suisse sur la protection de l'environnement stipule que les coûts d'élimination des déchets urbains doivent être à la charge de ceux qui produisent ces déchets. Les communes ont donc mis en place une taxation sur les sacs poubelles. L'habitant a tout intérêt à trier et à ne jeter que des déchets non recyclables pour limiter son nombre de sacs.

Introduite pour la première fois en Suisse en 1975 cette pratique s'est largement répandue dans les années 90. Même si le système n'est pas imposé par le gouvernement 70% de la population est actuellement soumis à cette taxe. Les résultats sur les quantités de déchets triés confirment le caractère incitatif de la méthode. Dans les communes concernées les quantités de déchets sont 30% inférieures à celles des autres communes. Parallèlement les quantités de déchets recyclables collectés augmentent. Pour certaines collectes sélectives, comme celles du verre et des boîtes en aluminium, le taux de recyclage a pratiquement atteint sa limite. En revanche, pour d'autres types de déchets (le papier et les bouteilles en PET) la Suisse a prévu d'augmenter ce taux à 50 % ces prochaines années.

Une enquête de l'OFEFP de 2003 sur l'influence de cette taxe révèle que près de la moitié de la population a modifié son comportement envers les déchets lorsque la taxe au sac a été introduite. Trois quarts des personnes mentionnent notamment faire un tri plus poussé. Dans les communes qui ont introduit une taxe au sac, 43 % des personnes interrogées veillent à éviter les produits producteur de déchets lors de leurs achats, contre 36 % dans les autres communes. Par ailleurs, 87 % des personnes interrogées connaissent toutes les possibilités d'élimination offertes dans la commune où elles résident.

Cette étude démontre également que cette taxe sur les sacs poubelles ne favoriserait pas les dépôts sauvages ni d'autres éliminations inappropriées des déchets. Une campagne de sensibilisation a tout de même été nécessaire pour rappeler aux habitants qu'il était interdit de brûler ses déchets dans la cheminée à cause de l'énorme pollution engendrée.

La filière de recyclage étant de plus en plus efficace, la part de déchets ménagers incinérés a diminuée augmentant la capacité d'accueil des incinérateurs pour d'autres types de déchets. Résultat, les déchets de chantier combustibles auparavant mis en décharge ont pu être dirigés vers les incinérateurs.

L'application de cette taxe en Suisse a été possible car elle a été accompagnée d'un développement de nombreuses filières de collecte et d'une communication ciblée. Elle a également été complétée par une politique de gestion des emballages en amont destinée aux fabricants. La loi sur la protection de l'environnement précise que les emballages doivent ainsi causer le moins de nuisances possibles à l'environnement au cours de leur cycle de vie c'est-à-dire de leur fabrication jusqu'à leur élimination en passant par leur utilisation.
En 1984, la Suisse a élaboré et publié les premiers écobilans relatifs aux matériaux d'emballages destinés aux fabricants et aux distributeurs. A l'heure actuelle la grande distribution utilise en règle générale, pour des produits de consommation courants, des emballages optimisés, c'est à dire légers et conçus soit pour être recyclés, soit pour être au moins éliminés facilement avec les déchets urbains.

La politique de recyclage menée par la Suisse a, certes, conduit à limiter l'enfouissement de certains déchets mais en allégeant l'activité des incinérateurs elle a permis au pays d'importer des déchets urbains des pays voisins (Allemagne et Italie) pour les incinérer sur son territoire. La Suisse a donc tout intérêt à investir dans l'entretien de ces 28 incinérateurs pour limiter au maximum les nuisances.

Réactions6 réactions à cet article

 
A quand la dénéralisation en France ?

Pourquoi ce n'est pas encore le cas dans notre joli pays !?! Dans les impôts locaux nous payons pour la collecte et l'élimination des déchets. En partant de cette base, on pourrait indéxé les impôts sur les déchets effectivement produit.
Techniquement ce n'est pas si difficile, un petit code barre sur la poubelle, on pèse avant de benner dans le camion et on sait se que chacun rejète. Ainsi les trieurs sont valorisés et on incite chacun à des comportements responsables en jouant sur le porte-monnaie. (Il me semble d'ailleurs que des expériences pilotes ont été mené, non ?). En effet, soyons réaliste si on ne compte que sur les bonnes intentions, les résultats seront bien limités... malheureusement.

benjam1 | 14 octobre 2005 à 14h24
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:A quand la dénéralisation en France ?

Compte tenu de la mentalité française, ce type de mesure, si elle ne conduit pas à des grêves générales, contribuera au minimum à un renouveau des décharges sauvages (qu'on a déja tellement de mal à faire disparaître) et à de terribles guerres de voisinage quand des petits malins s'amuseront à remplir la poubelle des autres.... on est pas sortis de l'auberge

cro | 14 octobre 2005 à 15h11
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:A quand la dénéralisation en France ?

En effet c'est certain, qu'un changement de mentalité est nécessaire... (je ne dis pas de devenir suisse non plus !). Mais c'est là que doit intervenir l'information et la sensibilisation.
Il est nécessaire que l'on se rende compte effectivement des avantages de trier. Il ne faut pas que cela reste abstrait. Je crois que c'est le problème actuellement, on nous dit de faire ceci cela, mais on ne montre pas réellement l'impact que cela a. Du coup on attend que le voisin le fasse, que l'état le fasse, que les entreprises le fassent etc...

Je crois qu'il faut rendre les bons comportements et leurs avantages VISIBLES, pour qu'il puissent se généraliser. Il y a surement plusieurs moyens de le faire, mais je crois que cette question est "riche et déterminante", non !?!

benjam1 | 14 octobre 2005 à 16h13
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:A quand la dénéralisation en France ?

En Belgique, sans être suisses nous généralisons le principe polleur-payeur pour les déchets urbains (dits ménagers outre-Quièvrain). Quelques expériences de poubelles pesées existent mais la majorité des intercommunales pratiquent simplement le paiement du sac poubelle (réglementaire) à un prix reflétant le coût d'élimination des déchets qu'il contient (volume proportionnel au poids à peu de choses près). Les sacs "tout venant" (déchets mélangés) sont donc bien plus chers que les sacs sélectifs (papiers, emballages).

Le % de tri augmente dès lors même si quelques dommages collatéraux sont observés (plus de dépôts clandestions, déchets inappropriés dans les poubelles sélectives).

alain | 15 octobre 2005 à 19h36
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:A quand la dénéralisation en France ?

J'habite à quelques centaines de mètres de la frontière Suisse et j'ai fait mes études à Genève. Cela m'a entre autre permis d'observer un peu ce qui se passe en Suisse. La mentalité est fondamentalement différente de la mentalité française. Le respect et le sens moral sont des notions qui y sont beaucoup plus poussées. Les gens respectent les lois, les files d'attentes, la propreté en ville et leur environnement. D'ailleurs les clichés sur les français ne manquent pas: tricheurs, tire-au-flanc, sales, "resquilleurs"... Cette mentalité "propre en ordre" comme ils aiment à le dire, c'est aussi ce qui a permis ce bon "score". Les efforts sont consentis par les habitants qui trient depuis bien longtemps sans chercher à contourner le système...ce n'est pas vécu comme une punition mais comme un devoir de citoyen. Ce sont les mentalités qu'il faut changer avant tout en france pour que le tri fonctionne. Il faut arriver à ce que chacun se sente impliqué et responsable. L'éducation est importante. Le porte monnaie ca peut marcher, mais toujours avec les mêmes....ceux qui respectent la loi et sont conscient sde leur environnement....les autres essayeront de la contourner. Depuis que je cotoye la suisse d'aussi près, je me suis mise au tri beaucoup plus sérieusement et avec conviction: je récupère même les boîtes de conserve en fer blanc que j'amène....en suisse car elles ne sont pas récupérées en france! J'ai toutefois noté que ces dernières années, il y a eu une évolution positive en france: plus de contener de proximité, plus de communication. Mais on peut surement faire encore mieux!

agathe | 20 octobre 2005 à 14h33
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:A quand la dénéralisation en France ?

Ne soyons pas si defaitistes, les mentalites evoluent en France, meme si cela va plutot doucement. Mais si tous les citoyens peuvent avoir un impact en faisant les bons gestes, mais pour faire bouger efficacement, il faudrait commencer par faire ces bons gestes a l'ecole et au travail, en prenant l'habitude de devoir le faire la journee, ca devient plus naturel a la maison. Mais pour cela les entreprises (qui commencent a le faire), les elus et l'administration (qui evoluent generalement moins vite que leurs administres) doivent assumer leurs responsabilites.
Il n'y a pas de solution unique,les poubelles pesees par exemple ne sont utilisables qu'en habitat pavillonnaire.

remy | 20 octobre 2005 à 19h32
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Florence Roussel

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…