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Un projet de bâtiment économe fédère les acteurs de la région Midi-Pyrénées

Des laboratoires de recherche aux groupes immobiliers en passant par les constructeurs, de nombreux acteurs de la région Midi-Pyrénées se sont fédérés autour d'un projet de Bâtiment Économe pour faire de leur région un exemple en la matière.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Dans son rapport remis début Janvier 2005 au Président de la République, Jean-Louis Beffa, PDG de Saint-Gobain avait déclaré que la France souffrait encore, en dépit d'un effort de recherche et d'innovation important, d'une spécialisation dans des secteurs à trop faible intensité technologique. Pour remédier à cette situation, l'Agence de l'innovation industrielle (AII) a été mise en place pour promouvoir et soutenir de grands programmes d'innovation industrielle. Organisés autour de pôles de compétitivité, ces programmes sont basés sur une forte coopération entre la recherche et l'industrie et pourraient concerner les Nouvelles Technologies de l'Énergie, augurées comme voie d'importants développements industriels par les experts économiques. Le rapport propose notamment de créer deux programmes dédiés aux bâtiments économes et aux énergies renouvelables.

C'est dans ce contexte et sur l'initiative de Bernard Reynier, Ingénieur Physicien, que de nombreux acteurs de la région Midi-pyrénées se sont fédérés pour capitaliser les potentiels de recherche et industriels de la région avec l'ambitieux défi de devenir leader national sur le sujet de la maîtrise de l'énergie au sein des bâtiments économes. Laboratoires de recherches, constructeurs, installateurs, maîtres d'œuvre, collectivités, institutions, démolisseurs, etc. vont pour cela s'engager dans trois domaines : les bâtis et leur isolation, l'énergie solaire thermique et la domotique intelligente.

Un premier groupe de travail va réunir les acteurs concernés par la recherche et le développement de nouveaux types de construction, nouveaux matériaux et moyens d'isolation. La nécessaire limitation des consommations énergétiques, d'une part dans la production des matériaux de construction et d'autre part pour l'isolation des bâtis, nécessite d'inventer des matériaux qui ne feront plus appel au pétrole et à ses dérivés et dont la fabrication serait économe en matières premières, eau et énergie. Cela pourrait concerner de nouveaux liants ou constituants élémentaires (briques, parpaings), des parois isolantes composées de matériaux organiques. Les recherches seront également dirigées vers de nouvelles technologies comme les vitrages intelligents capables de s'opacifier ou de réfléchir les infrarouges en conservant une luminosité intacte mais en évitant un apport de chaleur. Le domaine d'application de prédilection est donc celui du bâtiment et du transport en offrant un vitrage « anti-canicule » qui permette de moduler lumière et chaleur solaires pénétrant dans une enceinte close via une paroi vitrée. D'autres secteurs d'application potentiels sont les télécommunications et l'optique.
En ce qui concerne les acteurs, la région Midi-Pyrénées compte sur les travaux du CEMES, de l'INPT, de l'INSA, de l'INRA* et plus généralement de nombreux laboratoires Toulousains qui s'intègrent dans cette démarche au travers de leurs travaux dans la valorisation des agro ressources dont les dérivés ne concernent pas simplement les biocarburants mais aussi et surtout les matériaux du futur utilisés au sein des bâtis (plasturgie, isolants thermiques, peintures, nouvelles briques et moellons).

Un second axe de recherche sera consacré au stockage de l'énergie solaire thermique et à la climatisation solaire. Même si cela peut paraître paradoxale, il est possible de produire du froid grâce à la chaleur du soleil. De l'eau chauffée au solaire est dirigée vers une machine à absorption où est dissociée, par ébullition, une solution d'eau et de bromure de lithium. Après refroidissement, la recombinaison des deux composants produit, par absorption de chaleur, des frigories. Le froid est ensuite distribué par un réseau d'eau glacée alimentant une centrale de ventilation adaptée selon la puissance de l'installation. Cette technique est déjà utilisée notamment pour le refroidissement des caves à vins de Banuyls. Source d'énergie renouvelable, moins de bruit, absence de gaz frigorigène sont autant d'atouts non négligeables.
Tous les acteurs du projet sont convaincus que le solaire a un potentiel considérable. Selon eux, c'est une technologie trop approximative à l'heure actuelle mais de nombreux progrès sont possibles et méritent d'être réalisés : le potentiel solaire couvrira 80 à 90% des besoins énergétiques des bâtiments neufs après 2010. Les maisons individuelles anciennes subissant des rénovations lourdes pourraient bénéficier de taux de couverture solaire voisins de 50 à 60%.
L'évolution se situerait dans la création de matériaux permettant de stocker la chaleur efficacement, le développement d'outils de modélisation ou simulation informatique performants et l'innovation dans les techniques d'occultation en été.

La région Midi-Pyrénées compte également sur son Pôle de Compétitivité Aéronautique pour travailler sur une nouvelle domotique basée sur de nouveaux Interfaces Homme Machine (IHM). Les habitats bioclimatiques utilisant les rayonnements solaires d'hiver et s'en protégeant l'été pourraient être généralisés grâce à l'utilisation de cette domotique pilotant les installations de chauffage-climatisation et la connexion au réseau électrique des appareils très consommateur d'énergie en veille. Au sein d'un habitat moyen, la consommation annuelle moyenne des appareils télécommandés en position de veille se situerait entre 300 et 500 KWh. Les avatars de la domotique des années 90 étaient essentiellement liés à l'inadaptation des outils de pilotage et programmation des appareils. Les produits domotiques actuels ne sont toujours pas véritablement opérants car leurs fonctionnements sont trop complexes. Ces difficultés peuvent maintenant être derrière nous.

La région est également consciente que ce projet industriel « Bâtiment Économe» va nécessiter la mise en œuvre d'actions stratégiques dans le domaine de la formation de l'ensemble des acteurs susceptibles d'apporter contribution dans cette évolution. En fédérant ces moyens et en développant les nouveaux cursus de formation générés par ce nouvel environnement énergétique, Midi-Pyrénées souhaite devenir l'un des Pôle de Formation de la filière Maîtrise de l'Énergie française.

Le point fort de ce projet réside dans l'approche globale de la problématique des bâtiments économes. En réunissant un grand nombre d'acteurs, le projet peut englober le bâtiment de sa construction à sa déconstruction c'est-à-dire tout au long de son cycle de vie. Même si les premières années de développement seront consacrées en priorité à la recherche il est intéressant de constater que les acteurs concernés par la fin de vie des bâtiments par exemple sont déjà intégrés et consultés en amont.

Fruit d'une réflexion débutée en 2004, le projet Bâtiment Économe continu, à l'heure actuelle, d'accueillir de nouveaux partenaires de recherche, industriels ou institutionnels et vient d'être officialisé par le Conseil Régional de Midi-Pyrénées. Désormais le comité de pilotage du projet va être confié à Robert Monné, PDG du groupe immobilier MONNE DECROIX, un des premiers acteurs à avoir rejoint Bernard Reynier. La réputation du groupe Monné-Decroix s'est créée sur la base de constructions de qualité pour l'habitat. Le confort, la tranquillité, le bien être, l'ergonomie, la qualité et la maîtrise des charges sont ainsi devenu les maîtres mots de tous les métiers de l'immobilier qui sont représentés dans le groupe. Aujourd'hui nous devons aller plus loin. La question n'est plus de savoir quelle énergie nous allons consommer mais plutôt comment ne pas en consommer en respectant notre environnement et l'équité sociale a déclaré Robert Monné.
Le groupe a annoncé qu'il comptait faire construire à Toulouse un bâtiment de bureaux de 5000 m² réservé au siège et qui sera construit selon les méthodes tendant à en faire un bâtiment à énergie positive pour début 2008 au plus tard.


*CEMES : Centre d'élaboration des matériaux et d'études structurales
INPT : Institut national polytechnique de Toulouse
INSA : Institut national des sciences appliquées
INRA : Institut national de la recherche agronomique

Réactions1 réaction à cet article

 
économies d'énergies

Enfin, une bonne nouvelle!

talcum | 02 mars 2006 à 22h44
 
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