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Certaines îles du Pacifique perdront progressivement plus de la moitié de leurs forêts de mangrove d'ici la fin du siècle

Menacées par l'élévation du niveau des mers, les îles Samoa américaines, les îles Fiji, Tuvalu et les Etats fédérés de Micronésie pourraient perdre progressivement plus de la moitié de leurs forêts de mangrove d'ici la fin du siècle.

Biodiversité  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
   
Certaines îles du Pacifique perdront progressivement plus de la moitié de leurs forêts de mangrove d'ici la fin du siècle
   
Selon un nouveau rapport du programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) publié le 18 juillet dernier, plus de la moitié des mangroves des îles du Pacifique pourrait disparaître d'ici la fin du siècle. En cause : l'élévation du niveau des mers résultant du changement climatique qui risque de submerger de vastes étendues de ces écosystèmes. Il existe de nombreux arguments irréfutables qui soutiennent la lutte contre le changement climatique, indique Achim Steiner, le Directeur exécutif du PNUE. Les menaces auxquelles sont confrontées les mangroves du Pacifique, et donc toutes les terres basses des tropiques, nous donnent une raison de plus d'agir, ajoute-t-il.
Selon le PNUE, ce sont les îles Fiji, Tuvalu et les Etats fédérés de Micronésie qui sont les plus vulnérables à la montée des eaux puisque certaines ne s'élèvent guère à plus de cinq mètres au-dessus de la mer.

L'étude du PNUE intitulé Les mangroves des îles du Pacifique face à un climat en évolution et la montée des mers* propose une série de recommandations à l'intention des planificateurs de l'aménagement du littoral et notamment la réduction de la pollution d'origine terrestre afin d'améliorer la santé et la résilience des mangroves existantes et la réhabilitation des zones humides, dégradées ou perdues, où l'on trouvait des mangroves. Il faut agir d'urgence afin d'aider les communautés vulnérables à s'adapter à l'élévation déjà observée du niveau de la mer, estime M. Steiner. Kitty Simonds, Directeur exécutif du Conseil de gestion des pêches du Pacifique occidental, ajoute, quant à lui qu'à cause des liens fonctionnels entre les zones humides à mangroves et les autres écosystèmes côtiers, et à cause de leur contribution importante à la production halieutique à proximité des côtes, les gouvernements et les communautés locales des îles du Pacifique doivent impérativement agir maintenant.
Le rapport note qu'il est également possible, le long de certaines sections du littoral des îles du Pacifique, d'éloigner les infrastructures et les aménagements de la côte afin de permettre aux mangroves de se répandre plus à l'intérieur.

Un autre rapport, In the Front Line : Shoreline Protection and other Ecosystem Services from Mangroves and Coral Reefs ( « Dans la ligne de front : la protection du littoral et autres services rendus par les écosystèmes, des mangroves aux récifs coralliens »), entreprise par de nombreuses organisations, dont le Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la Nature du PNUE avait également mis en avant la valeur économique de ses écosystèmes. En effet, comme les récifs coralliens et d'autres écosystèmes terrestres et marins, les mangroves fournissent une variété de produits et services sur lesquels dépendent les populations et les industries locales, y compris le tourisme. Les mangroves jouent également un rôle de protection du littoral. En passant à travers seulement 200 mètres de mangroves, 75 pour cent de la puissance d'une vague est dissipée.
Pour Eric Gilman de l'Université de Tasmanie et l'auteur principal du rapport, non seulement le rapport explique clairement les risques mais il identifie également les besoins prioritaires pour le renforcement des capacités techniques et institutionnels au niveau national et régional. Le rapport offre aussi les principaux éléments d'une stratégie, adaptée à un milieu particulier, que les administrateurs de zones côtières peuvent mettre en œuvre, ajoute-t-il. Ces éléments se concentrent sur une approche fondée sur la communauté et la gestion intégrée des zones côtières ainsi que la sensibilisation du public.

Il reste donc à espérer que ce nouveau rapport aidera les responsables de l'aménagement du territoire à minimiser et de contrebalancer les pertes anticipées de mangroves suite au changement climatique.


*Le rapport a été compilé par le Programme des mers régionales du PNUE, le Secrétariat du Programme d'environnement de la région du Pacifique basé à Apia (Samoa), le Conseil de gestion des pêches du Pacifique occidental (Honolulu, Etats-Unis) et plus d'une douzaine d'autres agences et organisations des îles du Pacifique. Le rapport : http://www.unep.org/PDF//mangrove-report.pdf

Réactions1 réaction à cet article

 
En plus des insulaires ...

Pour autant que la Terre soit encore habitable dans 84 ans, c'est-à-dire que l’ensemble des Terriens aura su être moins insensé en fait de course aux faux progrès et à la futilité, les perspectives dramatiques pour ces îles pacifiques le seront tout autant et parallèlement et concomitamment pour de bien plus nombreux habitants encore de diverses côtes de masses territoriales continentales qui évoque moins les exotiques vacances paradisiaques et suscitent peut-être moins de sympathie.

Il ne faudrait pas que, actuellement, les insulaires évoqués exploitent l'intérêt qu’ils suscitent (dont le fondement est à vérifier contradictoirement) pour obtenir des aides financières qui seraient moins consacrées à la préservation plus que souhaitable de l’existence et de la culture de leurs descendants qu’à l’accession à tout ce qu’il y a de futile dans le train de vie des pays dits riches (où croissent les pauvres) ; sans efforts réels pour ne pas reproduire chez eux, au nom du progrès, nos diverses conneries (alimentation, confort et loisirs en particulier) quant au ménagement de notre environnement

Anonyme | 27 juillet 2006 à 11h12
 
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