En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Malgré les risques, les éthers de glycol sont encore fabriqués

Alors que la justice est saisie d'une affaire de contamination environnementale impliquant les éthers de glycol, le Syndicat de l'industrie chimique organique de synthèse et de la biochimie déclare que les risques sont aujourd'hui quasi nuls.

Risques  |    |  Actu-Environnement.com
Les éthers de glycol sont des solvants, miscibles dans l'eau et les graisses, peu volatils et odorants et constituent une famille variée de plus de 30 substances différentes. Ils ont ainsi des propriétés physiques voisines mais n'ont pas tous les mêmes caractéristiques techniques et les mêmes profils de toxicité.
Connus depuis les années trente, et largement utilisés depuis près de 50 ans, les éthers de glycol ont de multiples propriétés qui les rendent très utiles pour de nombreuses applications professionnelles (peintures, industrie pharmaceutique, encres), et grand public (cosmétiques, détergents). On les répartit en deux séries : la série E, comportant les dérivés de l'éthylène glycol et la série P, comportant les dérivés du propylène glycol.

Le 14 décembre dernier, la commission des Affaires économiques du Sénat avait saisi, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) d'une demande d'étude sur les éthers de glycol, et notamment sur la toxicité éventuelle de ces solvants.

L'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques soulignait que cette étude devrait permettre d'évaluer les problèmes posés par la fabrication industrielle des éthers de glycol, notamment du point de vue des enjeux économiques et de la protection des consommateurs.

Le 3 janvier dernier, une ouvrière qui a donné naissance en 1992 à une fillette gravement handicapée entendait demander la reconnaissance de son préjudice en assignant respectivement son ancien employeur et les fabricants de solvants devant le tribunal de grande instance de Paris.

Pourtant, sans même attendre les conclusions de cette étude, le Syndicat de l'industrie chimique organique de synthèse et de la biochimie (Sicos) affirme, dans un communiqué, que les risques des éthers de glycol, mis en cause dans plusieurs affaires de justice, sont aujourd'hui quasi nuls car le grand public n'y est plus exposé depuis 1997.

Le syndicat rappelle que ces solvants (déclarés toxiques pour la reproduction animale) depuis 1997 en France ne peuvent plus être employés dans des applications destinées au grand public. En ce qui concerne les applications professionnelles, la déclaration impose la recherche de solutions de substitution et, dans le cas où l'emploi d'un produit alternatif s'avère impossible, l'utilisation des éthers de glycol doit avoir lieu dans des systèmes clos et sans contact avec les opérateurs, le seul risque étant un risque de contact cutané, précise le SICOS. Il ajoute, enfin que certains éthers de glycol utilisés en quantités importantes, comme le butyglycol, ne sont pas considérés comme cancérigènes par l'Organisation mondiale de la santé, l'Union européenne et le Centre international de recherche sur le cancer.
.

En 1997, les quatre éthers de glycol les plus nocifs étaient encore produits à raison de 120 000 tonnes par les Etats-Unis, l'Union européenne et le Japon mais leur utilisation décroît régulièrement.En France, la production serait passée de 4 000 tonnes en 1997 à 135 tonnes en 2003 (Source : INRS) .

Par ailleurs, d'après l'INRS, l'intoxication aiguë, généralement due à une ingestion accidentelle, peut être responsable de troubles neurologiques (dépression du système nerveux central), métaboliques et rénaux et des effets sur la reproduction ont été rapportés, qu'il est souvent difficile d'attribuer aux seuls éthers de glycol en raison des co-expositions à d'autres solvants.

La réglementation européenne a défini des critères permettant de déterminer le caractère dangereux ou non des produits chimiques. Une classification détaillée des produits dangereux a ainsi été établie. Ces textes européens ont été transposés en droit français.
7 éthers de glycol ont donc été classés «Toxique pour la reproduction» de catégorie 2 et sont étiquetés avec les phrases suivantes «Peut altérer la fertilité» et/ou «Risque pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant».Seuls 5 d´entre eux sont commercialisés. Il s'agit d'éthers de glycol dérivés de l'éthylène glycol (Série E) : l'éthylène glycol éthyl éther (EGEE), l'éthylène glycol méthyl éther (EGME), leurs acétates (EGEEA, EGMEA), le diéthylène glycol diméthyl éther (DEGDME)
Les éthers de glycol les plus toxiques, contenant 0,5 % ou plus de substances classées reprotoxiques de catégorie 1 ou 2 sont interdites à la vente au consommateur depuis 1994. Cependant, tous les éthers de glycol ne sont pas aujourd'hui interdits, notamment en milieu professionnel.Toutefois, depuis 2001, les éthers de glycol les plus dangereux font l'objet d'une réglementation spécifique en milieu professionnel avec l' obligation de substitution par un produit non dangereux ou moins dangereux, l'organisation d'un suivi médical renforcé des travailleurs avec traçabilité des expositions et interdiction d'exposer des femmes enceintes ou allaitantes aux agents toxiques pour la reproduction.

Pour information, dès 1992, la Suède a interdit l'utilisation des quatre éthers de glycol les plus toxiques.

Pour en savoir plus :
Dossier de la DGS (Direction générale de la Santé), dont l'avis du CSHPF (Conseil supérieur d'hygiène publique de France), novembre 2002

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager