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Energies renouvelables : 240 projets jugés prioritaires en Afrique

La présidence de la COP 21 recense 240 projets d'EnR prioritaires en Afrique. Une première étape en vue d'atteindre l'objectif de 300 GW installés en 2030 fixé par l'Initiative africaine lancée à Paris.

Energie  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

Ségolène Royal, présidente de la COP 21, a présenté mardi 20 septembre à New York un rapport sur l'Initiative africaine pour les énergie renouvelables (IAER ou Arei) lancée lors de la Conférence de Paris le 1er décembre 2015. "C'est la première fois que, grâce aux contributions nationales des Etats africains, toutes les initiatives portant sur des projets d'énergies renouvelables sur le continent sont présentées", se félicite Mme Royal.

Le recensement effectué identifie 240 projets représentant une capacité totale de 45 gigawatts (GW). "Il faut maintenant les transformer en réalisations et les financer, accélérer ceux qui sont engagés et entretenir ceux qui sont réalisés", a déclaré la présidente de la COP 21 devant les chefs d'Etats africains. L'objectif est de finaliser la sélection d'ici la COP 22 qui se tient du 7 au 18 novembre prochains au Maroc.

Aujourd'hui, l'Afrique dispose d'une capacité installée d'EnR de 34 GW. Les 45 GW annoncés restent encore éloignés des 300 GW affichés comme objectif pour 2030 par l'Initiative africaine. Cet objectif correspond toutefois aux prévisions faites par l'Agence internationale de l'énergie renouvelable (Irena) alors que seuls 290 des 915 millions d'habitants que compte le continent avaient accès à l'électricité en 2013.

L'hydroélectricité en tête

Parmi les différents projets EnR recensés, c'est la filière hydraulique qui domine avec 20 GW de capacité installée ou projetée dans 27 pays. Parmi les 58 projets identifiés, on notera le projet Inga III de 4.500 mégawatts (MW) en République démocratique du Congo, le projet Lauca de 2.070 MW en Angola, les projets Mphanda Nkuwa et Cahora Bassa au Mozambique d'une capacité respective de 1.500 et 1.245 MW, ou encore le projet Kobong de 1.200 MW au Lesotho.

Les projets de géothermie, quant à eux, sont au nombre de treize et concernent quatre pays (Egypte, Ethiopie, Kenya, Tanzanie) pour une capacité de 7 GW.

Vient ensuite le solaire avec 6 GW et 62 projets dans 27 pays. Les plus grosses capacités sont représentées par les projets de mini-centrales solaires égyptiennes pour 2.520 MW, le projet Noor Midelt de 400 MW au Maroc ou encore le projet Kishapu de 150 MW en Tanzanie.

Quant aux seize projets éoliens recensés dans six pays, leur capacité s'élève à 5 GW. Parmi ceux-ci figurent le parc éolien du Golfe de Suez (Egypte) avec une capacité de 2.400 MW ou encore le projet WindNam de 500 MW en Namibie. Les projets biomasse sont marginaux, le rapport recensant seulement un projet de cogénération de 46 MW en Côte d'Ivoire et une centrale biomasse déchets de 10 MW au Burkina Faso.

Mais s'ajoutent à cela une capacité de 1 GW constituée par 35 projets combinant plusieurs technologies ainsi que 8 GW représentés par les différents projets relevant de stratégies nationales de développement des EnR. Des stratégies adoptées par la Tanzanie en matière de géothermie, par le Maroc dans le solaire et par la Tunisie dans l'éolien. On notera également le programme en faveur des producteurs indépendants d'EnR adopté par l'Afrique du Sud.

Simplifier les procédures de financement

Pour booster le développement des EnR ainsi amorcé, le rapport formule dix recommandations. Celles-ci sont censées répondre aux préoccupations manifestées par les dirigeants africains, en particulier en matière de simplification des procédures de financement et de concurrence entre pays.

Pendant la COP 21, dix bailleurs s'étaient engagés à mobiliser 10 milliards d'euros (Mds€), pour contribuer à l'objectif fixé par l'initiative. Parmi ceux-ci, la France s'est engagée pour 2 Mds€ d'ici 2020. Paris a également pris l'engagement avec l'Allemagne de contribuer au financement de l'Unité indépendante de mise en œuvre de l'Initiative hébergée par la Banque africaine de développement (BAfD).

"En quelques mois, les bailleurs ont mobilisé 4,5 Mds€, contribuant à l'installation de 4,5 GW d'énergies renouvelables", se félicite Ségolène Royal. Le rapport recommande qu'un bailleur chef de file soit désigné pour chacun des projets prioritaires. "En tant que plateforme de coordination entre les initiatives existantes sur les énergies renouvelables en Afrique (SE4All, PowerAfrica, etc.), l'Initiative africaine pour les énergies renouvelables permettrait de renforcer les synergies, à partir d'une volonté africaine", indique le document. La présidente de la COP 21 encourage également à adhérer aux coalitions issues de la COP 21, en particulier l'Alliance solaire internationale et l'Alliance mondiale pour la géothermie.

 
De multiples initiatives pour l'Afrique Les initiatives pour le développement de l'accès à l'énergie en Afrique sont nombreuses, qu'il s'agisse du Business Plan pour le climat lancé par la Banque mondiale, du Plan d'action pour le développement d'un corridor africain pour une énergie propre (ACEC), du corridor pour l'Afrique de l'Ouest de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, du volet africain de l'initiative Sustainable Energy Marketplace de l'Irena, de l'initiative de l'Union européenne Electrification Financing, du Programme pour le développement des infrastructures en Afrique de l'Union africaine, du partenariat UE/Afrique pour l'énergie, de l'initiative Energie durable pour tous (SE4All) du secrétariat général des Nations unies, du partenariat PowerAfrica mené par les Etats-Unis, du Nouveau pacte pour l'énergie en Afrique de la Banque africaine de développement, ou encore de la fondation Energies pour l'Afrique de Jean-Louis Borloo.
 
Le rapport se positionne aussi en faveur d'actions communes publiques/privées qui pourraient avoir un effet accélérateur. L'Initiative pourrait contribuer à développer de tels partenariats, identifier des opportunités d'investissement et lever les obstacles qui ralentissent la mobilisation des investisseurs privés. Des outils comme des accords off-take ou des garanties d'échange du risque pourraient sécuriser ces derniers, suggère le rapport. "Il semble opportun de réfléchir à la création d'une facilité de mixage prêts-dons", indique également la présidence de la COP 21.

Impliquer davantage les femmes dans les projets

Parmi les autres recommandations ? Le renforcement de la "citoyenneté participative", avec deux suggestions : soumettre les projets hydrauliques à des groupes d'experts chargés de veiller à la continuité écologique des fleuves et compléter les équipements lourds par des boucles locales d'électrification et le soutien à des petits projets d'autoconsommation.

Le rapport préconise également d'impliquer davantage les femmes dans les projets énergétiques. Pour cela, il émet plusieurs recommandations : favoriser les projets construits par des groupes de femmes en circuits courts, créer des écoles agricoles pour les femmes avec des programmes intégrant les EnR, soutenir un programme d'équipement en appareils de cuisson au biogaz, en fours solaires, en foyers à combustion lente et en lampes solaires.

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