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Les grèves ont entraîné une hausse de 7 % des émissions de benzène en Ile-de-France

Durant les grèves, le recours aux véhicules particuliers a renforcé les embouteillages autour des grandes villes. À Paris, l'association de surveillance de la qualité de l'air a tenté d'évaluer l'impact sur la qualité de l'air. Estimations.

Transport  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
   
Les grèves ont entraîné une hausse de 7 % des émissions de benzène en Ile-de-France
   
En Ile-de-France, l'absence de transports en commun a provoqué une hausse des rejets de benzène, polluant cancérigène. C'est le constat qu'a fait l'association de surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France Airparif en étudiant, grâce à un modèle de calcul développé dans le cadre du projet européen Heaven*, les quantités de polluants produits par la circulation le long des principaux axes avant dispersion dans l'atmosphère. Une comparaison entre les niveaux émis pendant la première semaine de grève (du 15 au 20 novembre) par rapport à la semaine précédente (du 8 au 13 novembre) montre notamment des niveaux 7 % plus élevés en Ile-de-France pour le benzène. Cette hausse atteint 13% si on se concentre sur Paris intra-muros, souligne Airparif dans un communiqué.
Rappelons que le projet européen HEAVEN (for a Healthier Environment through the Abatement of Vehicle Emissions and Noise, vers un environnement plus sain grâce à la réduction du bruit et des émissions des véhicules) avait pour vocation d'aider les agglomérations concernées à limiter les effets négatifs du trafic automobile sur l'environnement en développant leur capacité à évaluer et à gérer les émissions dues au trafic automobile. Six villes se sont associées à ce projet : Berlin, Leicester, Prague, Rome, Rotterdam et Paris Cette initiative européenne lancée en début d'année 2000, pour une durée de 3 ans, s'est inscrite dans le cadre du Vème programme cadre de recherche et développement (Vème PCRD).

Le benzène n'est d'ailleurs pas le seul polluant dont les émissions ont augmenté. La même tendance est observée pour le monoxyde de carbone, autre polluant caractéristique d'un trafic congestionné, dont les niveaux ont augmenté de 10% en Ile-de-France d'une semaine à l'autre, et de 16% à Paris.

En revanche, les quantités d'oxydes d'azote rejetés ont peu augmenté (de 2% en Ile de France et de 4% à Paris) car ils sont émis à des vitesses élevées, explique l'association de surveillance de la qualité de l'air.

Cependant, outre l'augmentation du trafic routier, un autre facteur joue en un rôle primordial sur la qualité de l'air du jour : les conditions météorologiques. Il est de ce fait difficile de quantifier l'impact que ces dégradations des conditions de circulation peuvent avoir sur la pollution atmosphérique générale. Si le temps est nuageux, venteux ou pluvieux, les polluants se dispersent dans l'atmosphère et expliquent des indices Atmo de qualité de l'air relativement bons. Par contre, en cas de temps stable (conditions anticycloniques avec absence de vent et inversions de température), conjugué avec un trafic soutenu, les polluants comme le dioxyde d'azote et les particules peuvent s'accumuler, souligne l'organisme chargé de surveiller la qualité de l'air.

C'est ce phénomène qui explique la mise en vigilance qui a été faite par Airparif, le samedi 17 novembre ou le seuil de 80 µg/m3 a été atteint pour les particules. Ces particules dont le diamètre est inférieur ou égal à 10 millionièmes de mètre (PM10), sont émises par un large éventail de sources, comme les véhicules roulant au diesel, les processus industriels et les chaudières domestiques. Inhalées, elles pénètrent profondément dans les poumons et sont à l'origine de graves troubles cardiaques et respiratoires.

La concentration de 80 µg/m3 correspond au niveau d'information prévu par la circulaire ministérielle du 12 octobre. Le dispositif vise à compléter l'information des populations, exigée par les directives européennes, que les préfets sont censés effectuer concernant les dépassements des valeurs limites annuelle et journalière applicables aux PM10 (nombre de jours de dépassement du niveau de 50 µg/m3 notamment).

Par ailleurs l'allongement des trajets dus à la circulation congestionnée ont surtout un effet néfaste pour les automobilistes, selon les résultats de l'étude récente d'Airparif ''Quelle qualité de l'air au volant ?''. Ils respirent en effet des niveaux de pollution près de deux fois plus élevés que les piétons. Ces niveaux sont d'autant plus importants que les conditions de circulation sont mauvaises. Ce sont en effet les véhicules avoisinants qui influencent la qualité de l'air que l'on respire au volant. Ces conclusions rejoignaient d'ailleurs celles de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) qui estimait dans une étude publiée en octobre que l'habitacle du véhicule constituait une enceinte très fortement polluée et ne représentait en aucun cas une protection contre la pollution extérieure, qu'elle soit d'origine particulaire ou gazeuse.

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