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L'Aquitaine fait le pari de la méthanisation

L'Aquitaine disposerait de 4.300.000 tonnes brutes par an de ressources mobilisables pour la méthanisation à l'horizon 2030. La région a mis en place un dispositif d'accompagnement des porteurs de projets.

Energie  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
L'Aquitaine fait le pari de la méthanisation

Après Lille (59), Morsbach (57) et Chaume en Brie (91), Villeneuve-sur-Lot (47) avec la construction d'une unité de méthanisation devrait pouvoir injecter du biogaz à l'horizon 2016, dans le réseau de gaz naturel du transporteur TIGF. L'usine traitera ainsi jusqu'à 71.000 tonnes de biodéchets majoritairement issus d'industries agroalimentaires et produira 4,2 millions de m3/an de biométhane. Le développement du biogaz en Aquitaine répond à une volonté de la région. "De par sa vocation agricole et agroalimentaire, la région Aquitaine possède un fort potentiel de développement de la méthanisation ", assure un communiqué de la région. Une étude du gisement, menée par le Conseil régional, montre que les ressources mobilisables pour la méthanisation s'élèveront à 4.300.000 tonnes brutes par an à l'horizon 2030, soit un potentiel équivalent énergétique de 1.600 GWh PCI (pouvoir calorifique inférieur). Ce dernier équivaudrait à 11% de la consommation de gaz naturel en Aquitaine. Cette ressource se compose de déjections d'élevage (71% du potentiel énergétique total), de sous-produits de cultures céréalières, maraîchères, viticoles et de cultures intermédiaires à vocation énergétique mais également de déchets comme ceux de la restauration, agro-industriels, verts ou des boues d'épuration (les volumes mobilisables représentent 9% du potentiel énergétique total).

14,8 MWe de puissance installée

Pour l'instant, selon une étude de l'Ademe (2013), l'Aquitaine se situe à la seconde position en terme de puissance installée avec 14,8 MWe, après l'Ile-de-France (24 MWe installés). Sur 242 projets identifiés (pour une puissance total de 148 MWe), tous secteurs confondus (méthanisation des déchets organiques et des installations de stockage des déchets non dangereux), elle regroupe 15 unités de cogénération biogaz.

   
Ressource en biomasse par établissement public de coopération intercommunale © Conseil régional d'Aquitaine
 
   

Longue période de développement, projets capitalistiques et multipartenariaux, rentabilité difficile à atteindre : pour contourner ces freins à la concrétisation des projets et encourager le potentiel de développement du biogaz, le Conseil régional, en partenariat avec l'Ademe a initié en 2011 un dispositif d'accompagnement des porteurs de projets : méthaqtion. Ce dernier se décline en différents niveaux d'aides : une prise de contact avec un interlocuteur unique pour une mise en relation avec des relais locaux, un accompagnement dans les différentes phases, une fourniture d'outils d'aide à la décision et pour les études de faisabilité, une expertise technico-économique en phase avec la stratégie de développement régional de la filière. "Le potentiel énergétique de chaque intercommunalité de la région a (…) été évalué : suivant la présence ou non du réseau de gaz naturel et de consommateurs de chaleur, le scénario énergétique envisageable est précisé : cogénération ou injection et le potentiel quantifié", précise un communiqué de la région. Coté financier, l'Ademe soutient jusqu'à 50% du montant hors taxe des dépenses éligibles de l'étude. Concernant l'aide à l'investissement, les conditions d'attribution reposent sur le respect des réglementations nationales et européennes (plus particulièrement ICPE), la cohérence territoriale du projet (concertation), la réponse à des problématiques locales de gestion d'effluents, de déchets, de besoins énergétiques et l'installation d'équipements de suivi et de remontées de données de fonctionnement.

Les facteurs de réussite

La direction du développement durable du Conseil régional d'Aquitaine considère que les facteurs de réussite du projet reposent sur différents critères. Ainsi pour le gisement, elle considère que le rayon d'approvisionnement doit être inférieur à 50 km pour 90% minimum du gisement. De la même manière, l'unité ne doit pas dépendre d'un seul apport extérieur et sécuriser ces derniers (avec des contrats de long terme, intervention au capital des producteurs de déchets, etc.). Concernant le taux d'incorporation des cultures, elle préconise de réduire les cultures énergétiques à 25% de la production d'énergie totale en kWh (mais non limitatif) et de privilégier les bandes enherbées, cultures dérobées, cultures intermédiaires et prairies.

L'efficacité énergétique doit être au final supérieure à 55% (sans compter l'énergie thermique utilisée pour le fonctionnement du méthaniseur et le séchage du digestat). "La valorisation thermique par séchage de fourrages, récoltes, boues, digestats ou tout autre produit devra être cohérente avec le système d'exploitation et les besoins du territoire, et justifiée par rapport à l'enjeu énergétique de la région", souligne-t-elle. Enfin, une priorité doit être accordée au retour au sol du digestat (maintien de la matière organique et des éléments minéraux) dans le cadre d'un plan d'épandage ou d'une norme NFU, et dans le respect des bonnes pratiques agricoles.

Au final, sur les 12 projets financés, ces quatre dernières années, la région a subventionné 6 M€ pour un montant total d'investissement de 89,5 M€. Le dispositif Méthaqtion a permis d'identifier 50 projets en cours (13 unités de méthanisation en fonctionnement ou en construction et 37 projets en cours d'étude), selon un communiqué de la région.

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