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Climat : une année 2016 record et des perspectives inquiétantes pour l'avenir

L'année 2016 a encore battu de nombreux records en matière climatique, confirme l'Organisation météorologique mondiale. Les premiers mois de 2017 sont dans la lignée, laissant craindre des bouleversements majeurs.

Gouvernance  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Les années se suivent et les bilans météorologiques sont toujours plus alarmistes. L'année 2016 n'échappe pas à la règle : elle "restera dans les annales", estime l'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui a publié, ce 21 mars, sa déclaration annuelle sur l'état du climat mondial.

Le constat est sans appel : "Température moyenne record, banquise exceptionnellement réduite et poursuite inexorable de la hausse du niveau de la mer et du réchauffement des océans"... Cette déclaration sera présentée aux Etats membres de l'Organisation des Nations unies et à la communauté des climatologues lors d'une réunion de haut niveau sur le climat le 23 mars à New-York.

Hausse des températures et du niveau de la mer

S'appuyant sur les données des différents centres mondiaux d'analyse du climat et des services météorologiques et hydrologiques nationaux, l'OMM revient sur les phénomènes climatiques de l'année passée. "Ce compte rendu confirme que l'année 2016 est la plus chaude qui ait jamais été enregistrée : la hausse de la température par rapport à l'époque préindustrielle atteint, chose remarquable, 1,1°C, soit 0,06°C de plus que le record précédent établi en 2015. Cette augmentation de la température moyenne s'inscrit dans la logique des autres changements intervenant dans le système climatique", note Petteri Taalas, son secrétaire général. Un phénomène de chaleur constante a été observé sur l'immense majorité des terres immergées. Sous les hautes latitudes, des températures annuelles moyennes supérieures de 3°C ou plus à la normale ont été enregistrées, sur le littoral russe, en Alaska, dans l'extrême nord-ouest du Canada et sur les îles de la mer de Barents et de la mer de Norvège.

La température de surface de la mer moyenne a également battu des records, notamment dans les premiers mois de l'année. La banquise n'a jamais été aussi petite depuis 1979, avec un maximum saisonnier de 14,52 millions de km2 ... "Le niveau moyen de la mer s'est élevé de 20 cm depuis le début du XXème siècle, essentiellement du fait de l'expansion thermique des océans et de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires", note l'OMM. L'épisode El Niño 2015/2016 serait responsable de cette hausse.

Des phénomènes extrêmes

L'année a également été marquée par des phénomènes extrêmes, amplifiés par l'épisode El Niño. "En début d'année, une grave sécheresse sévissait en Afrique australe où, pour la deuxième année consécutive, les précipitations de la saison des pluies estivale (octobre 2015 –avril 2016) étaient un peu partout inférieures de 20 à 60% à la normale". Début 2017, le nombre de personnes en état d'urgence était estimé à 18,2 millions par le Programme alimentaire mondial... A l'opposé, en Chine, les précipitations ont atteint des records, avec 16% de précipitations de plus que la normale et des crues exceptionnelles.

Canicules et chaleur extrême ont pour leur part touché l'Afrique australe, l'Asie, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Une vague de chaleur tardive a été enregistrée dans de nombreuses régions d'Europe centrale et occidentale pendant la première quinzaine de septembre.

Climat : "Nous avançons désormais en territoire inconnu"

"L'augmentation constante de la puissance de calcul des ordinateurs et le fait que nous disposions de données climatologiques portant sur de longues périodes nous permettent aujourd'hui de mettre clairement en évidence le rapport de cause à effet entre le changement climatique anthropique et un large éventail de phénomènes extrêmes à fort impact, en particulier les vagues de chaleur", souligne l'OMM. L' épisode El Niño, particulièrement "puissant" en 2016, a accentué ce réchauffement.

Le début de l'année 2017 reste alarmant : vague de chaleur en Arctique, tempêtes sur l'Atlantique... "Alors même que le puissant Niño de 2016 s'est dissipé, nous assistons aujourd'hui à d'autres bouleversements dans le monde que nous sommes bien en peine d'élucider : nous touchons ici aux limites de notre savoir scientifique concernant le climat et nous avançons maintenant en territoire inconnu", avertit le directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, David Carlson.

La fonte de la banquise et les changements dans l'Arctique bouleversent les régimes de circulation océanique et atmosphérique, "ce qui se répercute sur les conditions météorologiques dans d'autres régions du monde par le biais des ondes du courant-jet, ce courant d'air rapide qui contribue à réguler les températures".

Réactions5 réactions à cet article

 

Bien que les alertes climatiques se multiplient et que les effets du réchauffement commencent à engendrer des catastrophes spectaculaires et inédites dans maints pays, les mentalités peinent à changer chez les dirigeants des pays "développés", surtout chez les ministres en charge de l'industrie ,de l'économie et de l'agriculture. Ils préfèrent souvent jouer les autruches ou repousser aux calandes grecques des mesures contraignantes auxquelles les générations futures n'échapperont pas, faute de survie compromise.

gaia94 | 21 mars 2017 à 19h15
 
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« Si le crime d’écocide était reconnu, on pourrait contraindre le système industriel à changer sa manière de faire. »

L’usage du moteur thermique alimente un écocide certain Carbone = pétrole = Anthropocène = réfugiés climatiques. Roulez avec de EnR !

ActiVE | 22 mars 2017 à 14h38
 
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« époque pré-industrielle » ? on connaît la « température moyenne », cet être mathématique qui n'a pas d'existence physique réelle à 0,01 °C, et même à 0,5 °C près au temps de Napoléon ?
Depuis le petit age glaciaire les glaciers reculent et la mer monte d'une paire de mm par an. « La fonte de la banquise et les changements dans l'Arctique bouleversent les régimes de circulation océanique », c'est peut-être plutôt l'inverse.
L'urgence alimentaire du Sud Soudan/Somalie résulte d'abord de la guerre, les gens ne sont même plus chez eux. Le drame humanitaire du grand froid de Mongolie de février 2016 : https://www.adb.org/news/adb-approves-2-million-herders-hit-mongolian-climate-disaster , il compte pour du beurre ?
Hier 23/03 Météo-France annonçait pluie et orages sur le NE, il a fait froid et beau... Il serait temps de couper les centaines de millions de crédits publics aux méga-ordinateurs pétaflops massivement parallèle incapables d'expliquer la canicule 2003 mais qui en « prévoit plein » dans le prochain siècle, et qu'on paye des scientifiques qui s'occupent de météo pratique concrète et réelle.

Ano | 23 mars 2017 à 10h20
 
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On compare toujours la hausse de la température par rapport à l'époque préindustrielle mais quelle est cette température et comment est-elle caclulée ?

Lili64 | 23 mars 2017 à 12h50
 
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Comparatif intéressant: Les émissions totales de gaz à effet de serre des États-Unis (6,8 milliards de tonnes par an) sont l’équivalent d’une éruption du Mt St. Helen qui se produit presque deux fois par jour aux États-Unis. Facteur des émissions mondiales de gaz à effet de serre humain (46 milliards de tonnes par an) et qui s’élève à 4 600 Mt Les éruptions de St-Helens se produisent chaque année (ou 12,6 éruptions par jour). Rappelez-vous, une éruption volcanique type VEI-5 comme le mont St Helens se produit qu’en moyenne une fois tous les 12 ans sur toute la planète. Aujourd’hui les émissions de CO2 d’une de ces explosions se produisant 12,6 fois par jour.. inquiétant non ?

Pour voir les émissions de CO2 actuelles, visitez www.climateLevels.org

ActiVE | 23 mars 2017 à 15h31
 
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