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Canicule : quatre centrales nucléaires autorisées à relâcher de l'eau plus chaude qu'à la normale

Les pouvoirs publics autorisent les centrales de Blayais, Bugey, Golfech et Saint-Alban à déroger aux règles habituelles encadrant leur rejets d'eau chaude, afin d'assurer l'approvisionnement électrique.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Canicule : quatre centrales nucléaires autorisées à relâcher de l'eau plus chaude qu'à la normale

Depuis le 15 juillet, les centrales nucléaires de Blayais (Gironde), Bugey (Ain), Golfech (Tarn-et-Garonne) et Saint-Alban (Isère) bénéficient d'un régime dérogatoire concernant les conditions thermiques de leurs rejets d'eau. Ce dispositif temporaire s'applique jusqu'au 24 juillet inclus. Il est pris par le biais de deux décisions de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) homologuées par des arrêtés ministériels.

Concrètement, ces décisions de l'ASN autorisent EDF à dépasser les valeurs limites d'échauffement en aval des quatre centrales nucléaires concernées. Actuellement, la canicule et la sécheresse entraînent une élévation inhabituelle de la température de certains cours d'eau. « Le respect des valeurs limites sur la température des rejets liquides pourrait impliquer la réduction de la puissance ou l'arrêt de la production électrique de plusieurs réacteurs sur les sites [concernés] », explique l'ASN.

Le premier arrêté concerne les centrales de Blayais, Golfech et Saint-Alban et le second porte sur la centrale de Bugey.

La centrale du Blayais est autorisée à fonctionner tant que la différence entre la température des eaux prélevées dans la Gironde et la température des eaux rejetées ne dépasse pas 11 °C en valeur moyenne journalière.

S'agissant de Golfech, la dérogation permet à EDF de maintenir la centrale en service tant que la différence entre la température à l'aval du rejet après mélange aux eaux de la Garonne et la température en amont ne dépasse pas 0,3 °C en valeur moyenne horaire.

Quant à Saint-Alban et Bugey, elles peuvent fonctionner tant que l'échauffement après mélange des effluents dans le Rhône ne dépasse pas 3 °C en valeur moyenne journalière.

Un maintien en activité « indispensable » selon RTE

 
Le ministère de la Transition énergétique considère que cela constitue une nécessité publique  
ASN
 
Ces dérogations, validées à la demande d'EDF et du ministère de la Transition énergétique, doivent permettre d'assurer la sécurité du réseau électrique et l'approvisionnement énergétique du pays. Elles visent à maintenir en fonctionnement des réacteurs qui, compte tenu de la canicule qui sévit et du manque d'eau, auraient dû être mis à l'arrêt pour préserver l'environnement.

« Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) estime que le maintien à une puissance minimale [de ces] centrales nucléaires (…) est indispensable à la sécurité du réseau électrique. Sur cette base, le ministère de la Transition énergétique considère que cela constitue une nécessité publique », justifie l'ASN. Le fonctionnement des réacteurs dans ce cadre particulier doit rester limité aux situations où RTE requiert effectivement leur fonctionnement pour garantir l'approvisionnement électrique.

EDF devra alors réaliser « une surveillance spécifique de l'environnement », afin de mesurer l'impact de ce relèvement de la température autorisée à l'aval des centrales. L'entreprise devra notamment informer les pouvoirs publics des températures effective-ment constatées après mélange à l'aval ainsi que des répercussions éventuellement observées sur l'environnement aquatique, notamment la vie piscicole.

Un bilan de ce fonctionnement dérogatoire devra être remis à l'ASN, au ministère chargé de la Sûreté nucléaire et aux services déconcentrés de l'État, au plus tard le 31 mars 2023.

Réactions8 réactions à cet article

 

La France est un pays de droit dans lequel les règles sont contournées en permanence pour permettre au pays de fonctionner :pollution aérienne , pollution liquide....Sans oublier la dérogation qui englobe et résume toutes les autres:le déficit budgétaire de 3 % sans laquelle le pays serait à l'arrêt.

Darwin | 19 juillet 2022 à 09h51
 
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Les valeurs limites d’échauffement ont été établies pour limiter l’impact environnemental dû à l’élévation de température des écosystèmes aquatiques, elles reposent sur des données biologiques et thermodynamiques qui nous sont imposées : on ne peut décider qu’à telle température l’eau dissolve plus de dioxygène que le prévoit la loi de Henri ou que telle espèce de poisson survive malgré des conditions létales.
Pourtant, le choix est clair : c’est aux écosystèmes de s’adapter à notre production d’énergie et certainement pas à nous à modérer notre consommation pour rester dans les limites de ce que peut encaisser la biosphère. Alors qu’il faudrait rapidement mettre en place un rationnement, on considère comme sacré notre consommation d’énergie. Comme si nous étions nous autres « Homo sapiens » les seuls à occuper cette planète et qu’on ne dépendait pas totalement de sa bonne santé.
Des nouvelles comme ces dérogations érodent encore un peu plus le ténu espoir que l’on peut encore avoir en l’avenir.

ThA | 19 juillet 2022 à 11h31
 
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Décidément, les nucléocrates associés (EDF, ASN, Etat français) n'en ont absolument rien à fiche de la protection de l'environnement, pourvu qu'on réussisse, "qui qu'il en coûte" pour le biotope, à faire tourner ces réacteurs nucléaires (ou du moins ceux qui fonctionnent encore à peu près).
Il y en a franchement marre de ce que la France fasse du nucléaire une religion d'Etat, qu'il faudrait que chacun vénère. C'est HONTEUX ET DEPLORABLE !

Nonuke | 19 juillet 2022 à 13h02
 
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Nonuke a raison :aujourd'hui à 13h15 il y a 61 % du nucléaire à l'arrêt, je dis bien 39 % SEULEMENT sur le réseau , nous importons massivement et malgré cela le prix de gros de l'électricité spot est le suivant pour ceux qui veulent acheter à 14h:Allemagne=322 euros/mwh ,France=615 euros/mwh.Vous pouvez tous vérifier sur RTE/Eco2Mix...Quand va-t-on arrêter cette stupidité ????

Darwin | 19 juillet 2022 à 13h44
 
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Danger pour l'eau potable et la baignade :
Les amibes libres pathogènes de l’espèce Naegleria fowleri sontresponsables de la méningo-encéphalite amibienne primitive (MEAP), une maladie peu fréquente mais mortelle dans 95% des cas. En effet, depuis 50 ans, 310 cas ont été recensés dans le monde, et seulement 11 personnes ont survécu.

Ces amibes vivent dans les eaux douces dont la température dépasse 25°C. C’est notamment le cas des sites de baignade situés en aval des rejets des circuits de refroidissement des centrales thermiques, qui font l’objet d’un contrôle sanitaire renforcé, comprenant des recherches des amibes libres dans l’eau. Conformément aux recommandations du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF), la baignade est interdite lorsque le seuil de 100 N. fowleri par litre d’eau est dépassé.
https://www.anses.fr/fr/content/naegleria-fowleri-dans-les-eaux-de-baignade-des-infections-graves-mais-rares

LRT16470 | 19 juillet 2022 à 14h07
 
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je suis HORRTFIEE par cette nouvelle!
on encourage toutes sortes de consommation électrique quelquefois pour des gadgets(j'habite le var et je vois de plus en plus de paddle électriques trottinettes de mer et même il existe des surfs, sans parler de tous les engins terrestres comme partout)
les clims fonctionnent à tout-va souvent sans nécessité
pendant ce temps la nature suffoque et cette prétendue lutte contre le changement climatique va à l'encontre de l'effet recherché;la sobriété semble être devenue un mot inconvenant!

MNM | 19 juillet 2022 à 18h02
 
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Chouette alors : on va pouvoir faire du poisson pané directement en sortie de centrales nucléaires ! Si ça, ce n'est pas du "progrès" ?!

Pégase | 19 juillet 2022 à 19h49
 
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Je me souviens qu'à l'époque de Fessenheim, au moins en 2003, on avait eu besoin de "refroidir" les murs de certains endroits de la centrale en les aspergeant d'eau pompée dans le Rhin, dont le débit à cette époque chaude de l'année, n'était pas folichon.

On peut être pro ou anti nucléaire, ce sont des convictions propres à chacun. A la base, je suis plutôt peu convaincu par la sécurité de ce type d'énergie... mais je suis tout de même bien content que les seulement 39% de disponibles me permettent de venir taper la causette sur ce zinc. Peut être que le jour où j'aurai les moyens d'être entièrement autonome à ce sujet, je pourrai être plus arrogant. En attendant, je ne mords pas la main qui m'éclaire.

Néanmoins, on a aussi une réalité technique à laquelle il faut répondre. Etre anti-nucélaire ne règlera pas à l'instant T un souci de rejet d'eaux plus tièdes que d'habitude. On fait quoi dans ce cas présent? On laisse tout monter en température, au nom de ses convictions, et après moi le déluge, "je vous l'avais bien dit", etc...?

Sur le fond du problème, si le pays doit connaitre des soucis durables d'étiage de tous les cours d'eau, c'est clair que le bien fondé d'une centrale nucléaire telle qu'elle est actuellement implantée (étiage des cours d'eau, mais aussi risque de montée du niveau de la mer pour les centrales côtières type Penly/Paluel) est à revoir.

nimb | 20 juillet 2022 à 09h47
 
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