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Actu-Environnement

Les industries de carrières progressent grâce à leur Charte Environnement

Après deux ans d'existence, la Charte Environnement des industries de Carrières commence à porter ses fruits même si certaines préoccupations ne sont pas encore prises en compte systématiquement dans le management des sites.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Confrontées à un double enjeu, à savoir répondre à la demande nationale en matériaux et intégrer l'environnement dans la conduite de leurs installations, les industries de carrières représentées par l'Union Nationale des Industries de Carrières (UNICEM) ont élaboré, il y a deux ans, une charte visant à concilier développement économique, respect de l'environnement et écoute des parties intéressées. À travers cette charte, l'entreprise signataire s'engage à faire progresser ses sites en appliquant 80 « bonnes pratiques » définies par la profession et regroupées au sein d'un « Référentiel de Progrès Environnemental » (RPE). En fonction du pourcentage de bonnes pratiques mises en œuvre, l'entreprise gravit les échelons correspondant à quatre niveaux de performance : 20 à 40% de bonnes pratiques mises en œuvre permettent d'atteindre le niveau 1, 41 à 65% le niveau 2, 66 à 95% le niveau 3. L'obtention du niveau 4 est conditionnée par la mise en œuvre d'au moins 95% de ces pratiques. Un auditeur externe veille à sa mise en place effective sur chacun des sites et valide l'atteinte des différents niveaux.

Les bonnes pratiques portent sur les impacts environnementaux potentiels de l'activité comme la pollution de l'eau, la dénaturation des paysages, la production de poussière ou encore l'émission de bruit et de vibrations. Elles sont destinées à réduire, voire supprimer, ces nuisances. Cela peut être par exemple l'analyse systématique des effluents liquides rejetés dans le milieu naturel, l'entretien des aménagements paysagers, l'aspersion et brumisation de l'installation de traitement ou encore la réalisation de barrières sonores (merlons, haies…). La charte prévoit également de favoriser le dialogue et la concertation avec le voisinage et les autres activités à proximité.

Deux ans après le lancement de sa démarche de sa Charte Environnement, l'UNICEM constate une augmentation de 12% du nombre de sites engagés soit 845 sites représentant 50% de la production nationale de granulats. La fédération observe également que sur les 80 bonnes pratiques, 72 ont vu leur taux de conformité augmenter. Résultat, 8% des sites sont certifiés au niveau 1, 37% au niveau 2, 52% au niveau 3 et 3% au niveau 4.
Le réaménagement et l'entretien des sites, la maîtrise des vibrations et les relations locales informelles restent en tête des thèmes les mieux traités. En revanche, la sensibilisation du personnel, la concertation locale ou la gestion de l'eau et des déchets doivent encore être améliorées. C'est pourquoi l'UNICEM prévoit de consolider la démarche en renforçant ses services de formation afin de soutenir les efforts de ses adhérents.

Une nouvelle formation sur l'eau est donc prévue en 2007 et 2008. Elle permettra de poursuivre la sensibilisation du personnel, d'enrichir les connaissances en terme de flux (consommation, rejets…) et de prévention des pollutions pour améliorer les pratiques de terrain. La fédération professionnelle a également prévu de consacrer une formation au thème de la concertation locale pour aider les exploitants à organiser des réunions constructives, basées sur le principe de l'écoute active. Entre octobre 2006 et avril 2007, 16 sessions régionales de formation ont été organisées sur ce thème. D'autres sont déjà prévues au cours du second semestre 2007. Les travaux visant à améliorer la concertation locale seront donc poursuivis et de nouveaux outils de sensibilisation et de partage d'expérience en matière de bonnes pratiques environnementales seront mis au point. Un concours photos a par exemple été organisé à l'attention du personnel des entreprises signataires au cours de l'été.
Enfin, l'UNICEM invite ses Comités Régionaux à poursuivre la promotion de la démarche auprès d'entreprises qui ne sont pas encore adhérentes.

Réactions1 réaction à cet article

 
la biodiversité aussi !

Bonjour,
si le respect des engagements environnementaux de cette charte est forcément un immense progrès, une dimension reste toujours à la traîne : la prise en compte de la biodiversité sauvage (faune et flore). L'ouverture et l'exploitation d'une carrière sont toujours des traumatismes pour bon nombre d'espèces présentes. Pour d'autres en revanche, des "pionnières" (mousses et lichens, flore supérieure, insectes, crapauds, oiseaux, etc.), ce milieu neuf, où la concurrence entre espèces est plus faible qu'ailleurs, et constamment renouvelé est une aubaine (certes très dangereuse).
Le gros hic, c'est lorsque la carrière est "remise en état" en fin d'exploitation. Les milieux articificiels et espèces sauvages (bien souvent protégées par la loi) ne sont alors pas prises en compte et sont détruits, induisant donc une perte importante de biodiversité (à mesurer néanmoins au cas par cas, chaque carrière constituant un cas particulier).
Et bien souvent, le manque de flexibilité n'est pas du fait de l'exploitant, mais de la DRIRE, plus préoccupée par des questions de sécurité, de paysage que de biodiversité. Les choses doivent donc ici aussi évoluer significativement. La France a des obligations communautaires et nationales en matière de conservation de la biodiversité et les carrières doivent pouvoir jouer un rôle.

Jean | 23 août 2007 à 10h23
 
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