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Climat : la Russie ratifie officiellement l'Accord de Paris, sous conditions

La Russie vient d'officialiser sa ratification de l'Accord de Paris. Mais elle soumet son accord à certaines conditions. La prise en compte de la forêt boréale est un élément essentiel de sa stratégie climatique.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Climat : la Russie ratifie officiellement l'Accord de Paris, sous conditions

En amont du sommet du G7, tenu fin août à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), Vladimir Poutine avait annoncé que la Russie allait ratifier l'Accord de Paris. Le 14 octobre, la Fédération de Russie a déposé son instrument de ratification auprès du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies. « L'Accord entrera en vigueur pour la Fédération de Russie le 6 novembre 2019 », précise le document qui vaut « acceptation » de l'Accord international adopté le 12 décembre 2015 par 195 pays. La Russie représente 7,53 % des émissions mondiales de CO2, selon le décompte officiel utilisé dans le cadre de l'Accord.

Dorénavant, 186 États, ainsi que l'Union européenne, ont ratifié l'Accord de Paris, couvrant ainsi 96,92 % des émissions mondiales. Seuls deux pays dont les émissions de gaz à effet de serre (GES) dépassent 1 % des émissions mondiales n'ont pas ratifié l'Accord de Paris : l'Iran (1,30 %) et la Turquie (1,24 %).

Tenir compte du puits carbone forestier

La lettre de la Fédération de Russie fixe toutefois trois conditions. Tout d'abord la Russie explique qu'elle « tient compte de l'importance de la conservation et du renforcement de la capacité d'absorption des forêts et d'autres écosystèmes ». Elle insiste sur « la nécessité de tenir compte autant que possible de cette capacité, y compris de la mise en œuvre des mécanismes prévus par l'Accord ». Avec quelque 810 millions d'hectares (Mha) boisés en 2010, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la Russie est le premier pays forestier devant le Brésil (520 Mha) et le Canada (310 Mha). À elle seule, elle dispose de près de 20 % de la surface mondiale. Cette situation avait déjà permis à la Russie de négocier des conditions de ratification favorables pour le protocole de Kyoto.

Dans le même esprit, en mars 2015, en amont de la conférence de Paris, la Russie s'était engagé à réduire de 25 à 30 % ses émissions de GES d'ici 2030, par rapport à 1990, « sous condition d'une prise en compte maximale des capacités d'absorption des forêts ». La prise en compte des forêts permet à la Russie de réduire de près d'un quart le volume des émissions affiché ces dernières années. Grâce à la comptabilisation de son puits forestier, la Russie s'autorise, en réalité, une hausse de l'ordre de 41 à 51 % de ses émissions entre 2012 et 2030.

La Russie n'est pas obligée de financer les pays du Sud

Ensuite, la Russie estime ne pas être tenue de participer au financement des efforts des pays du Sud. Elle rappelle que les pays développés doivent fournir des ressources financières pour aider les pays en développement à atténuer leurs émissions de GES et s'adapter aux impacts des changements climatiques. Cet engagement s'inscrit « dans la continuité de leurs obligations au titre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Cnucc) » de 1992, estime la Russie. Elle « fait observer » qu'elle n'est pas inscrite sur la liste annexée à la Cnucc qui énumère les pays développés (liste appelée « annexe II »).

Enfin, la Russie « considère qu'il est inacceptable de se servir de l'Accord et de ses mécanismes pour entraver le développement socioéconomique durable des Parties à la Convention ». Une considération plus classique dans le cadre des négociations climatiques.

Réactions3 réactions à cet article

 

Tous ces gens qui ont ratifié l'accord, tous ceux parmi les plus pollueurs de la planète, tous ceux-là qui n'ont de toute façon pas la moindre intention de changer quoi que ce soit à leur fonctionnement : ça montre bien la coquille vide qu'est cet accord, qui n'impose aucune contrainte... Combien de temps va-t-on encore s'en enorgueillir ?!

dmg | 18 octobre 2019 à 12h58
 
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Avec l'ampleur des incendies chaque été, il était en effet urgent pour la Russie d'accepter cet accord pour que ses 20 % de la surface mondiale de forêts, tant qu'elles existent encore, puissent servir de monnaies d'échange au droit de polluer, considérable de ce fait ! L'effet pervers du principe de compensation à l'échelle planétaire.

Nathca | 19 octobre 2019 à 08h35
 
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@ Nathca : il est hélas hautement probable que vous ayez parfaitement raison, les grands de ce monde ne donnant jamais quelque chose sans se garantir au préalable un très substantiel retour sur investissement.

Pégase | 21 octobre 2019 à 12h41
 
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