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Le commerce équitable est à l'honneur jusqu'au 13 mai prochain

De mieux en mieux connu des Français, le commerce équitable sera à l'honneur à partir du 27 avril à l'occasion de la 7ème édition de la quinzaine du commerce équitable. L'occasion de faire un point sur la filière en plein développement.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
À partir du 27 avril, le commerce équitable sera à l'honneur à l'occasion de la 7ème édition de la quinzaine du commerce équitable qui doit se terminer le 13 mai prochain. Selon le dernier baromètre Ipsos/Max Havelaar, datant de Mars, quatre Français sur cinq connaissent désormais le commerce équitable. Sa notoriété progresse auprès de l'ensemble de la population tout comme le taux d'achat. Mais c'est auprès des retraités que la progression est la plus marquée (+10 points). En outre, la qualité des produits issus du commerce équitable est plébiscitée puisque selon le baromètre Ipsos/Max Havelaar 9 personnes sur 10 (88%) jugent les produits équitables de bonne qualité, et cela quelque soit le profil des sondés. Enfin, la moitié des Français (51%) connaissant ce commerce pense qu'il va progresser dans les années à venir et seuls 3% pensent l'inverse.

La notion de commerce équitable a trouvé ses origines dans les années 1960 et vise à atteindre deux objectifs principaux. Le premier est de créer et favoriser les conditions permettant aux agriculteurs des pays pauvres de développer eux-mêmes une activité économique rentable et pérenne en leur donnant un accès juste, direct et sans circuits intermédiaires spéculatifs aux marchés consommateurs des pays riches. Il se veut un levier de développement économique et une alternative aux actions d'aide et de charité humanitaires pour les personnes défavorisées mais capables de travailler. Le deuxième objectif est d'éveiller les consommateurs sur la puissance de leur pouvoir économique en tant qu'acheteurs afin qu'ils puissent dans leur consommation courante, être acteurs d'une alternative économique mondiale favorisant le développement durable, l'éthique, le respect des travailleurs, le respect de l'environnement et le dialogue Nord-Sud.

Depuis 2001, le Commerce Equitable est défini par le réseau FINE*, groupe de travail regroupant les quatre structures internationales de commerce équitable (FLO, IFAT, NEWS, EFTA), comme étant un partenariat commercial, fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du Commerce Equitable (soutenues par les consommateurs) s'engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l'opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel.

Les pouvoirs publics français (l'Association Française de NORmalisation et le Ministère des PME) sont intervenus en 2005 et 2006 pour réguler l'exercice de ce commerce au plan légal. La loi du 2 août 2005 (sur les PME) établit que le commerce équitable s'inscrit dans la Stratégie Nationale de Développement Durable, qu'il vise à l'établissement de relations commerciales durables entre des pays développés et des producteurs situés dans des pays en développement désavantagés et enfin que les personnes physiques ou morales qui veillent au respect des conditions définies ci-dessus sont reconnues par une commission dont la composition, les compétences et les critères de reconnaissance sont définis par décret en Conseil d'Etat. Mais cette définition n'a pas fait pas l'unanimité. À l'instar de certaines structures comme Minga, la Confédération Paysanne et Breizh Ha Reizh qui considèrent qu'une exigence d'équité doit s'appliquer aussi bien aux échanges avec les producteurs français qu'avec ceux des autres pays. En janvier 2006, l'AFNOR a publié l'Accord AC X50-340, un texte de référence qui a débouché sur la reconnaissance de trois principes : l'équilibre de la relation commerciale entre les partenaires ou co-contractants, l'accompagnement des organisations de producteurs et/ou de travailleurs engagés dans le commerce équitable et l'information et la sensibilisation du consommateur, du client, et plus globalement du public, au commerce équitable. Un décret du 3 mai 2006 a mis en place une Commission nationale du commerce équitable chargée de reconnaître les personnes physiques ou morales qui veillent au respect des conditions du commerce équitable , dans laquelle siègent huit représentants du gouvernement, huit ONG et associations de commerce équitable, deux professionnels du secteur, deux associations de consommateurs et deux personnes qualifiées. L'objectif : permettre une protection du commerce équitable contre les dérives possibles.

En France, une partie des acteurs du commerce équitable ont choisi de commercialiser les produits au travers de la grande distribution. C'est le cas de produits labellisé par l'association Max Havelaar et notamment de la gamme Alter Eco. Ce choix a fait l'objet de nombreuses discussions au sein du mouvement du commerce équitable et suscite toujours débats. Si la fédération Artisans du Monde, l'association Artisanat SEL et l'association Minga sont les principaux acteurs d'une commercialisation hors grande distribution, les deux systèmes se complètent et vivent ensemble. Les produits du commerce équitable vendu en grande distribution permettent débouché, volume et notoriété. Ceux des magasins spécialisés font partie de l'économie solidaire et donc en cohérence avec le commerce équitable.

Coordonnée par la Plate-Forme du Commerce Equitable (PFCE) qui rassemble depuis 1997 la plupart des grandes organisations de commerce équitable, la 7ème édition de la Quinzaine du Commerce équitable vise à faire entrer l'acte d'achat responsable dans les habitudes des consommateurs. Ainsi des centaines de dégustations, débats, jeux pédagogiques et autres événements se dérouleront dans toute la France. ** Cet événement qui se déroulera entre les deux tours des élections présidentielles constitue un moment fort pour porter les revendications ducollectif « État d'urgence planétaire : votons pour une France solidaire » et sensibiliser les citoyens aux enjeux de la solidarité internationale, indique Fédération Artisans du Monde.

De plus, organisé conjointement par Max Havelaar France, la Plate Forme pour le Commerce Equitable et le Groupe SOS, le 3ème Forum National du Commerce Equitable lancera officiellement la Quinzaine. Au programme, un espace associatif pour découvrir les objectifs et les impacts du commerce équitable, un espace commercial pour présenter la diversité de l'offre au grand public et aux professionnels, un espace dédié aux porteurs de projets et un espace de conférences pour s'informer et débattre des grands enjeux de ce secteur en pleine croissance.


*L'IFAT (International Federation for Alternative Trade - ou International Fair Trade Association), qui existe depuis 1989, est généraliste. L'EFTA (European Fair Trade Association) rassemble depuis 1990 les centrales d'importation européennes, c'est-à-dire les entreprises solidaires qui sont en contact direct avec les producteurs du Sud et leur achètent leurs produits. Le réseau NEWS (Network of European Worldshops) rassemble depuis 1994 les différents réseaux nationaux de magasins spécialisés. L'association FLO (Fairtrade Labelling Organizations rassemble depuis 1997 les organismes de labellisation du commerce équitable. La certification FLO porte sur les produits et non sur les entreprises.

Réactions2 réactions à cet article

 
Le commerce équitable c'est d'abord du bio

Le commerce équitable c'est le respect de l'homme dans son environnement. Et dans son environnement, ça veut dire une agriculture qui n'oblige pas le producteur et sa famille a faire la course aux rendements, à polluer sa terre et son eau avec des engrais chimiques ou des pesticides, donc c'est de l'agriculture bio.
Les produits marqués 'équitable' mais sans label AB sont pour moi une imposture, une bidouille du marketing.

pamdha | 27 avril 2007 à 08h26
 
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Tant a donner!

Bonjour a tous.
C'est la 1er fois que je m'exprime ainssi:Individuellement j'ai depuis toujours milite pour le respect de la "BIO" en general et appliquais au mieux le bon sens de la nature,adepte de produits bio et AMAP.Passionnee par la bio construction,les energies renouvellables etc .. J 'ai tellement accumule de connaissances,qu'aujourdh'hui a 45ans mon dynamisme ma super volonte sont la pour etre donnes car je suis plus libre famillialement.Comment,vers qui aller lorsqu'on n'a pas de qualification validee et/ou se diriger pour obtenir une formation dans la region PACA? Merci .CHANTAL

sebasoceantal | 27 avril 2007 à 17h18
 
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