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Le CGDD dresse un état des lieux de la protection du linéaire côtier

Publié le 24 janvier par le CGDD, l'étude sur la conservation du littoral dresse un état des lieux de la protection de ce milieu naturel, qui accueille de nombreuses espèces d'oiseaux et de plantes en danger.

Biodiversité  |    |  Clément Cygler Actu-Environnement.com

Lien entre la terre et la mer, le littoral français, caractérisé par une très grande variété de paysages, est un territoire riche écologiquement, mais qui attise de nombreuses convoitises. La pression foncière, les activités industrielles et touristiques, auxquelles il faut ajouter les phénomènes naturels comme l'érosion ou la submersion marine, font peser une pression constante sur ce milieu. Pour préserver le littoral français et maintenir la continuité de ces milieux naturels, le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres acquiert plusieurs dizaines de kilomètres carrés de côtes chaque année. Selon la dernière étude statistique réalisée par le Commissariat général du développement durable (CGDD), près de 12 % du linéaire côtier métropolitain serait actuellement sous protection. Un chiffre relativement élevé, mais encore faible par rapport à l'objectif fixé par le Grenelle de l'environnement d'atteindre le "tiers sauvage" à l'horizon 2050.

60 % des surfaces protégées situées sur le pourtour méditerranéen

 
Quatre critères pour choisir un lieu en priorité Pour définir les sites à protéger en priorité à l'intérieur de périmètres géographiques déjà cartographiés, le Conservatoire du littoral a élaboré quatre critères lorsque :
- Un espace naturel d'intérêt patrimonial est soumis, malgré une réglementation protectrice, à des pressions constantes qui menacent son intégrité
- Un site naturel, terrestre ou maritime, subit un processus d'appauvrissement et de banalisation et qu'il est nécessaire d'organiser la fréquentation et les usages pour restaurer sa richesse écologique et esthétique
- Un lieu, reconnu comme emblématique, est inaccessible au public et qu'il apparaît souhaitable de l'ouvrir ou de prévenir sa fermeture
- La maîtrise foncière publique est la condition de la pérennité d'activités économiques traditionnelles qui participent à la gestion de la diversité paysagère et biologique du littoral
 
Fin 2010, le Conservatoire du littoral possédait près de 140.000 hectares sur les rivages lacustres et maritimes de métropole, des départements d'outre-mer, de Saint-Pierre-et-Miquelon et des collectivités de Saint-Martin et Saint-Barthélemy dans les Antilles. Sur cette surface, "Environ 110 000 hectares sont protégés sur les rivages maritimes de métropole, soit par maîtrise foncière, cœur de l'activité du Conservatoire, soit par affectation définitive ou attribution de portions de domaine public maritime (DPM) naturel par l'état", indique l'étude. 60 % de ces surfaces sont situées sur le pourtour méditerranéen, avec notamment de vastes sites dans les complexes lagunaires du Languedoc ou dans le désert des Agriates en Haute-Corse. En outre, le CGDD souligne une forte progression des surfaces protégées au cours des années 2000 qui est avant tout la résultante de l'affectation de portions de DPM et l'acquisition d'importants domaines camarguais.

L'étude statistique met également en avant le contexte très urbanisé de ces territoires qui présentent le plus fort taux d'artificialisation parmi les principaux types d'espaces protégés (parcs nationaux, réserves naturelles nationales, réserves biologiques, parcs naturels régionaux, sites Ramsar et sites Natura 2000). Pour les terres situées à moins de 500 mètres de la mer, cibles préférentielles du Conservatoire, la densité de population, estimée à 365 habitants par km, est trois fois plus forte que la moyenne hexagonale. Même constat avec la densité de logements qui y est 6,5 fois plus importante, en raison du grand nombre de résidences secondaires.

Le littoral, zone d'accueil pour de nombreux oiseaux et plantes

Avec sa mission de sélection et de préservation de sites, le Conservatoire du littoral est également en charge de l'inventaire détaillée de la faune, de la flore et des habitats naturels présents. Les données les plus complètes sont sur la flore supérieure et les oiseaux, alors que d'autres aspects de la biodiversité comme les mammifères ou les poissons ont été pour l'instant insuffisamment analysés par l'établissement national.

Au niveau de la flore, le domaine littoral du Conservatoire héberge 143 plantes sur les 439 protégées au niveau national. "Plus du tiers des plantes protégées répertoriées sont spécifiques aux milieux littoraux (dunes, plages, pieds de falaises ou rocailles, bords de plans d'eau saumâtre ou estuaires)", détaille l'étude qui cite ainsi "l'emblématique chou marin recensé sur 45 sites, l'Euphorbe péplis et le Tamaris d'Afrique sur 39 sites ou encore l'Oseille des rochers sur 28 sites". Pour certaines espèces en voie de disparition, l'action de préservation du Conservatoire est également déterminante, notamment pour le Cynoglosse des dunes et le Buglosse crépu.

Le CGDD note également dans son rapport que 71 % des espèces d'oiseaux vulnérables ou en danger nichent dans ces espaces préservés comme la Sterne caugek ou la barge à queue noire. Ces oiseaux nicheurs inféodés à ces milieux bénéficient ainsi de la protection du Conservatoire, ce qui leur a permis de doubler leur nombre en vingt ans alors que les effectifs globaux des oiseaux nicheurs se sont à peine maintenus sur la même période en métropole. Par ailleurs, le littoral français accueille plus d'un million d'oiseaux tous les hivers, ce qui "représente 50 à 60 % des oiseaux dénombrés sur le territoire métropolitain dont plus des trois quarts des limicoles".

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