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Covid-19 : le secteur de l'énergie s'organise

Suspension des tâches non urgentes, rotations des équipes… Les gestionnaires de réseaux et les opérateurs énergétiques déclenchent leurs plans de continuité d'activité pour assurer la continuité de service pendant la crise sanitaire.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Covid-19 : le secteur de l'énergie s'organise

La ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, a reçu, vendredi 13 mars, les entreprises du secteur de l'énergie pour faire un point de situation sur les mesures prises pour assurer la continuité de service face à l'épidémie de Covid-19. Ces opérateurs sont dotés de Plans de continuité d'activité (PCA) pour assurer la fourniture d'énergie en cas de crise.

Par ailleurs, le Gouvernement a annoncé la prolongation de deux mois de la trêve hivernale qui prend fin généralement le 31 mars : il n'y aura pas de coupure d'électricité ou de gaz pour les particuliers jusqu'au 31 mai. « Cette logique vaut également pour nos entreprises en difficulté : j'ai demandé aux principaux opérateurs de l'énergie de faire preuve de souplesse envers les entreprises qui ne peuvent pas payer leur facture d'électricité », a indiqué Élisabeth Borne le 13 mars sur le plateau de BFMTV.

Les gestionnaires de réseau s'organisent

« Pour les entreprises de l'électricité, l'enjeu est double », souligne l'Union française de l'électricité (UFE) : limiter la propagation de l'épidémie dans le pays, en appliquant les gestes barrières et en limitant les déplacements et les contacts physiques non nécessaires, et assurer la continuité de fonctionnement du système électrique. « Les Plans de Continuité d'Activité, dont disposent les entreprises, permettent d'adapter leur fonctionnement à différentes situations de crise tout en garantissant la continuité de leurs missions », tient-elle à rassurer.

Le gestionnaire du réseau de transport RTE a déclenché, ce lundi 15 mars, son Plan de continuité d'activité. « Ce plan est actualisé, en permanence, afin d'assurer la gestion du réseau et la sécurité d'accès à l'alimentation en France. Il comporte plusieurs phases pouvant être déployées selon l'évolution de la situation », précise RTE. Comme beaucoup d'entreprises, RTE a généralisé le télétravail pour les missions pouvant être effectuées à distance. « Concernant les activités devant être réalisées en présentiel, seules celles indispensables au bon fonctionnement du réseau électrique et à l'approvisionnement en électricité restent maintenue (maintenance des postes électriques et des lignes électriques en cas d'avarie, gestion du réseau électrique en temps réel dans les dispatchings, maintien des outils informatiques nécessaires, etc.) », précise le gestionnaire de réseau.

 
Pour les entreprises de l'électricité, l'enjeu est double : limiter la propagation de l'épidémie dans le pays et assurer la continuité de fonctionnement du système électrique.  
Union française de l'électricité
 
Idem pour le gestionnaire du réseau de transport de gaz, GRTgaz. Dans les centres de dispatching, essentiels au bon fonctionnement du réseau, « l'opérateur se prépare à mettre en place deux équipes travaillant douze heures d'affilée, au lieu des trois équipes de huit heures chacune aujourd'hui. Cela permettra de garder une troisième équipe en réserve si l'une des deux autres devaient cesser le travail en raison de la maladie », précise le quotidien Les Échos.

Le gestionnaire du réseau de distribution GRDF annonce se concentrer sur les tâches essentielles : il suspend la pose des compteurs communicants, la relève à pied et le projet changement de gaz. Des rotations d'effectifs opérationnels sont mises en place en région.

Un plan « Pandémie » chez EDF

 
Quelles prévisions de consommation ? Du fait du ralentissement de l'activité économique, RTE s'attend à une baisse de la consommation d'électricité. Des baisses qui devraient toucher l'ensemble des énergies. Bâtiments tertiaires vides, avions cloués au sol, trafic ferroviaire ralenti, devraient en effet réduire considérablement la demande.
 
EDF a mis en place, en 2006, un « plan Pandémie » afin d'assurer la poursuite de la production électrique en cas de crise sanitaire de grande ampleur, engendrant un absentéisme important dans ses effectifs. Le 13 mars, l'entreprise déclarait que trois salariés de centrales nucléaires avaient été testés positifs au coronavirus.

L'entreprise estime pouvoir faire face à 40 % d'absentéisme pendant deux à trois semaines, et à 25 % d'absentéisme pendant une période de douze semaines. Gestes barrières, équipes restreintes, extension des horaires de travail, etc., sont autant de mesures pouvant être déclenchées selon l'évolution de la situation.

Le plan Pandémie a fait l'objet de plusieurs exercices de crise, précise EDF. « Les organisations telles que décrites dans le plan ont été activées entre mai 2009 et février 2010 pour faire face à l'épidémie H1N1 qui a touché la quasi-totalité des pays d'implantation du Groupe », indique EDF.

Pour la première fois, la phase 2 de ce plan Pandémie a été déclenché sur le site de Flamanville (Manche) ce lundi 15 mars. Cela se traduit par l'arrêt des travaux de maintenance sur les réacteurs 1 et 2 (à l'arrêt depuis 2019). Seules les équipes de conduite des réacteurs, de protection du site ainsi que les ingénieurs de la sûreté et le personnel en charge de la surveillance de l'environnement restent sur site. Soit 100 salariés sur les 800 que compte la centrale nucléaire.

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