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Actu-Environnement

Rocade bordelaise : pourquoi pas une voie réservée aux covoitureurs

Plus de 80 % des déplacements domicile-travail se font seul. Résultat : des voies rapides urbaines saturées, partout dans le monde, aux heures de pointe du matin et du soir. La solution étudiée à Bordeaux : privilégier le déplacement à plusieurs.

Transport  |    |  Lauriane Rialhe Actu-Environnement.com
   
Rocade bordelaise : pourquoi pas une voie réservée aux covoitureurs
   

Embouteillages, tension, retard. Comme partout dans le monde, le périphérique bordelais, long de quarante-deux kilomètres, est un enfer le matin et le soir aux heures de pointe. Le constat est simple : la rocade enregistre un trafic de 85.000 à 130.000 véhicules par jour. L'anneau bordelais, sur les parties à deux fois deux voies, se retrouve ainsi à saturation pendant la plus grande partie de la période diurne. En majorité résidents de l'agglomération, les usagers perdent un temps fou en ralentissements et blocages, du lundi au vendredi.

Depuis fin 2009, la Communauté Urbaine de Bordeaux et la préfecture de la région Aquitaine se penchent sur le projet d'un élargissement à deux fois trois voies de la rocade rive gauche (A630), entre les échangeurs n°4 et 16. Une convention entre l'Etat (103M€) et la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB, 34M€) qui désengorgerait déjà fortement le trafic aux heures de pointe. Mais pour la CUB, l'objectif est surtout de faire accepter l'élargissement de la rocade pour une réservation d'une file de circulation aux véhicules à fort taux d'occupation : les véhicules dont le trajet est partagé par deux usagers ou plus. Cette demande a été transmise au ministre de l'Ecologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer qui avait chargé le vice-président du conseil général de l'environnement et du développement durable de désigner une mission d'expertise.

Février 2011 : les chargés de mission, Christian Pitié, membre permanent du CGEDD (Conseil général de l'environnement et du développement durable) et Christine Deffayet, ingénieure en chef des travaux publics de l'Etat, avec l'appui d'Henri Breuil, membre permanent du CGEDD, rendent leur rapport d'étude. La rocade bordelaise pourrait bien être prochainement élargie avec une voie de gauche réservée aux covoitureurs.

 
Un projet inspiré de plusieurs villes du monde Ce projet bordelais n'est pas né de nulle part. Il s'inspire tout simplement de réalisations internationales : voies réservées aux "VOM", "véhicules multi-occupants" au Canada, et projets "European Icaro" pour "Incresing Car Occupancy", en Norvège, à Leeds, Bristol et Madrid.
Le projet bordelais s'inspire tout particulièrement de l'exemple de Washington où le corridor autoroutier ouest de la ville est réservée aux covoitureurs, depuis déjà plus de vingt ans. Les contrôles se font justement par des motards, fréquemment victimes d'accidents, et le coût du contrôle absorbe une grande partie du produit des amendes. À Washington, il s'agit d'une radiale très large, (deux fois trois voies à deux fois cinq voies selon les sections), où les trajets sont assez longs (typiquement 40 minutes), et le taux de congestion élevé. Les covoitureurs observent donc un gain de temps assez important : entre quinze et trente minutes. Il s'est aussi mis en place un système d'autostop à grande échelle qui permet aux automobilistes qui le souhaitent de trouver des passagers sans aucune contrainte de planification.
 
Le projet bordelais

L'étude menée montre que 83 % des véhicules ne sont occupés que par une personne sur le trajet domicile-travail. Seulement 15 % le sont par deux personnes, tandis que 1,5 % des véhicules comptent trois passagers. Quant aux trajets à quatre, ils ne se font que dans 0,5 % des cas.

L'objectif d'une troisième voie réservée aux "véhicules à fort taux de remplissage", est donc tout bonnement d'encourager un meilleur remplissage des véhicules légers, dont l'avantage est de réduire la congestion du trafic, mais aussi les émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique. Envisager, donc, de partager son véhicule avec des personnes faisant à peu près le même trajet quotidien.

Sur le plan pratique, du point de vue des auteurs du rapport, seule la file de gauche peut faire l'objet d'une réservation. La voie la plus à droite doit pouvoir être utilisée par les véhicules qui s'apprêtent à quitter la rocade ou qui viennent d'y entrer.
D'après les calculs des chargés de mission, "aux heures de fort trafic, le trafic sur la voie de gauche des sections à deux fois trois voies de la rocade est d'environ 1.500 véhicules par heure, presque exclusivement des véhicules légers". Avec 17 % de covoitureurs (595 véhicules par heure), la voie de gauche n'étant accessible qu'aux véhicules à fort taux d'occupation suffisamment éloignés de leur point d'entrée ou de sortie sur la rocade, 560 véhicules rouleront sur la rocade rive gauche "après mise à deux fois trois voies, cela en supposant que la réglementation est parfaitement respectée et que le taux de covoiturage ne change pas". La réglementation d'ailleurs du code de la route sera à revoir afin d'assurer la sécurité juridique du dispositif, notamment l'opposabilité de la signalisation.

Une mise en œuvre complexe

Mais comment vérifier que les usagers de la voie de gauche sont bien des covoitureurs ? La vidéosurveillance s'est avérée inexploitable à cause du reflet sur les vitres qui ne permet pas de comptabiliser le nombre de passagers dans le véhicule. Or, un contrôle efficace est nécessaire au bon fonctionnement du projet. Les auteurs du rapport excluent totalement l'utilisation de motards, qui, en passant auprès des véhicules, pourraient vérifier qu'il s'agisse bien de covoitureurs, et dans le cas contraire, leur attribueraient des contraventions. Ce procédé n'est pas envisageable en raison de sa dangerosité. Les auteurs du rapport envisagent donc l'implantation de deux caméras : l'une sur la rocade le long de la file réservée, qui lirait la plaque de tous les véhicules l'empruntant. L'autre un peu en amont du poste de contrôle, qui détecterait les véhicules de la voie réservée : "les forces de contrôle pourraient alors arrêter les véhicules concernés et vérifier leur taux d'occupation".

Comment devenir rentable et donc incitatif

Difficile de convaincre les automobilistes de partager leurs trajets domicile-travail. Vouloir covoiturer peut entraîner une perte de temps pour le conducteur qui doit chercher un passager pour le trajet, parfois faire un détour pour aller chercher ou déposer le passager, doit combiner les horaires de départ et de retour… Et le passager court aussi le risque d'être oublié ou annulé. D'ailleurs, une étude de 2009 de l'Ademe révèle que, vingt ans après les débuts du principe de covoiturage, seulement trois millions de Français l'ont pratiqué au moins une fois. L'engouement est toutefois grandissant, et si l'on répertoriait déjà 78 sites de covoiturage en 2007, l'Ademe recence aujourd'hui deux cent services de covoiturage organisé.
Les auteurs du rapport considèrent aussi que pour être incitative la priorité au covoiturage doit constituer un gain de temps de cinq à six minutes minimum : "cela correspond sensiblement au temps passé à s'occuper du passager supplémentaire". Quant à la file, il est nécessaire que celle-ci ait une longueur minimale de 12 kilomètres de long afin que l'incitation soit optimale.

Pour le moment, la pertinence de la réservation d'une file de la rocade aux véhicules à fort taux de d'occupation n'est pas assurée. Mais dès lors que le programme d'action construit par la CUB permettra d'espérer des progrès suffisants en matière de covoiturage pour que la réservation de file ait un effet positif sur les conditions de circulation, et qu'un dispositif de contrôle crédible pourra être mis en place, une mise en œuvre expérimentale pourra être tentée sur un tronçon des voies rapides urbaines de Bordeaux. Les tronçons les plus judicieux semblant être l'actuel deux fois deux voies de la rocade, lors de son élargissement, et la section à deux fois trois voies de l'A10, corridor nord.

Réactions25 réactions à cet article

 

Encore une idée saugrenue. On va être obligé de faire comme en Italie et d'acheter des poupées gonflables à placer sur le siège passagé. La rocade de Bordeaux est saturée à cause de la chasse aux voitures dans le centre de Bordeaux. Il faut maintenant faire de grand détours et souvent emprunter la rocade au lieu de prendre un chemin plus direct, proche du centre,mais complétement bloqué. Feux mal réglés (notamment sur les quais), voix rétrécies très dangereuses et difficilement praticables par certains véhicules comme les bus et les grues sur pneus. Trottoirs trop haut etc... En tant que contribuable je dis STOP A LA CHASSE AUX VOITURES. Le résultat c'est 20% de chômeurs à Bordeaux. Des artisans qui ne veulent plus venir dans le centre ville. Des temps de déplacement qui s'allongent d'année en année. Les Américains disent: Pas de parking, pas de voitures, pas d'activité. C'est quand la prochaine prime à la casse pour soutenir le marché automobile ....!?

AquiSite | 04 août 2011 à 09h07
 
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Ce type d'infrastructures existe déjà depuis longtemps aux Etats-Unis (Californie notamment) et en Allemagne et fonctionne très bien. Le transport est l'un des trois principaux émetteurs de CO2. Il est urgent de réagir et de prendre des mesures EFFICACES avant que la planète n'explose !!!! Les voies réservées aux véhicules à fort taux d'occupation présentent une solution intelligente et qui peut se révéler très bénéfique.
Aux entreprises de jouer le jeu et d'inciter leurs employés à co-voiturer et de leur laisser la possibilité de le faire (laisser partir les employés à l'heure...)

Laura | 04 août 2011 à 09h36
 
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Pour limiter le nombre de voitures sur les routes et notamment à l'heure de pointe , le télétravail ne serait-il pas une solution plus efficace?

Audrey | 04 août 2011 à 12h01
 
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Le covoiturage, alors la,...c’est une idée, mais bien sur tout le monde va travailler au même endroit et a la même heure.
Le piment dans le covoiturage c’est l’accident, et on se retrouve devant les juges (vous avez intérêt à être clin) et comme le dernier qui voulait rendre service se retrouve a payer 600 000E de dédommagement a son collègue.
La on ne parle plus de la pollution, mais des em….

Martino | 04 août 2011 à 20h28
 
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Bonjour,

l'idée de réserver une voie aux covoitureurs est une bonne manière de créer un incitatif fort face à une pratique contraignante. Voir les autres automobilistes pris dans les embouteillages, alors qu'on avance tranquillement, est assez jouissif. Pour l'avoir testé aux USA, je recommande !

Ceci étant, l'élargissement de la rocade est une aberration. La seule solution pour diminuer le nombre de voitures en circulation est... de diminuer l'espace qui leur est dévolu, et non de l'augmenter. Depuis 40 ans, c'est cette seconde solution qui a été retenue, et les embouteillages augmentent proportionnellement. Par contre, là où on restreint fortement les possibilités d'usage de la voiture, surtout si elle est non-partagée, la fréquentation diminue.

C'est un bête problème de plomberie : plus il y a de tuyaux, fussent-ils réservés aux covoitureurs, plus il y a d'eau qui s'écoule !

Par ailleurs, il est évident qu'il faut également proposer d'autres solutions d'optimisation de l'existant avant de se lancer dans des travaux d'infrastructure. C'est l'objet du troisième chapitre de notre livre "Les transports, la planète et le citoyen" que nous ne pouvons que recommander aux décideurs aquitains ! (http://tinyurl.com/tpctpc)

Cordialement,

Ludovic Bu
Coordinateur de http://lamobilitedurable.com
Co-auteur du livre cité ci-dessus
Expert en mobilité durable
http://ludovicbu.com

Ludovic Bu | 05 août 2011 à 16h50
 
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Si je comprend bien pour l'écrivain il est jouissif de voir les automobilistes dans les embouteillages. Pour information une voiture qui roule consomme 6 litres mais dans un embouteillage 8 litres. Bravo belle mentalité continuez à écrire des livres. Personnellement je vais faire un geste pour la planète je ne vais pas me déplacer pour les acheter.

aquisite | 06 août 2011 à 11h54
 
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Bonjour Monsieur.
J’espère que vous ne faite pas parti des décideurs qui par principe découvrent les problèmes de circulation 10 ans au minimum âpres l’utilisateur que je suis.Car si c’est le cas dans la prochaine décennie il faudra compter le triple de temps pour l’employé ou le cadre de sociétés privées. Il faudra comme a Paris prévoir 2 a 3 heures de transport a moins de partir avant 6h du matin,(comment vont faire les mamans pour les enfants) si c’est cela votre objectif, il faut continuer vous êtes sur la bonne voie du TRESSE et les Suicides pour les habitants de notre pays.
A titre d’information sur la région Bordelaise le transport public n’a la capacité de transport que de 15 à 20% DU BESOIN. (et en apparence nous serions au maxi de son débit) le Métro aurait été un meilleur choix,mais c’est une autre question. Comment font les autres pour se rendre à leurs lieux de travail si encore on diminue les accès (c’est ce qui a été fait pour le centre de Bordeaux) plus de passage de voitures = fermeture des magasins et chômeurs supplémentaires.
Je suppose que vous faites parti de ces personnes qui embauchent âpres 9h et débauchent sans retard à 16h.
Il est vrai que dans cette plage d’horaire la circulation est fluide, mais après et avant c’est la pagaille, sans compter les camions qui encombrent la rocade à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit.Contrairement au dire de certains qui ne voient que la pollution CO2 des voitures ELLES ne représentent que 1 à 2%.

MARTINO | 06 août 2011 à 12h17
 
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Re Monsieur BU Expert en mobilité durable
Continuité de mon premier message
Contrairement au dire de certains qui ne voient que la pollution CO2 des voitures qui ne représentent que 1 à 2%, CAR LE GRAND fournisseur de CO2 sont les Océans, faut-il les vider.
j’ai peur quand je vois que vous êtes Expert en mobilité durable (ce diplôme existe ???? ) si c’est le cas vous avez une conception très personnelle de concevoir les déplacements, je vous propose de revenir a l’ancienne avec les diligences et les carrioles avec les chevaux ,même avec cela vous ne solutionnerez le problème des parkings et du CO2.
Bien entendu si tout le monde reste chez soit on aura un semblant d’air meilleur, car le fait de rester accès sur l’automobile est un faut problème (voir la demo .
1) R. Giraudon a publié antérieurement un rapport scientifique bien étayé et argumenté où il démontre que les biocarburants de type éthanol produisent paradoxalement plus de CO2 que les carburants fossiles. Je le tiens aussi à la disposition de ceux qui veulent en prendre connaissance. Voir sur internet)
2/Il démontre que le CO2 n'est responsable que de 0,5% de l'effet de serre, et que sur ce CO2 en voulant réduire la production de ce gaz on n'agit que sur une partie négligeable de cet effet de serre. Il indique aussi que la teneur croissante en CO2 de l'atmosphère est la conséquence et non la cause du réchauffement climatique.

Il vous faut donc revoir votre démonstration pour affoler les foules .
Cordialement

Manfrino | 06 août 2011 à 13h30
 
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Bonjour,

Re à Martino: les constructeurs automobiles conçoivent les voitures sans recommander que si une personne s'assoie dedans, en plus du conducteur, cette personne doit être priée de sortir du véhicule, avant que le conducteur ne démarre.

Il y a même, semble-t-il, sur les certificats d'immatriculation, un champ "S.1" qui indique le nombre de personnes qui sont autorisées à s'assoir dans la voiture, y compris le conducteur. Ce nombre est souvent supérieur à 1.

Cet étrange état de fait a conduit les francophones à utiliser le terme "passager", pour désigner ces personnes en plus du conducteur.

Une chose en entrainant une autre, les compagnies et mutuelles d'assurance ont inclus, conformément au Code des assurance, l'assurance des risques encourus par ces "passagers" en cas d'accident, dans tous les contrats d'assurance auto, au titre de la responsabilité civile du propriétaire de la voiture et en tant que conditions générale de ces contrats.

Il suffit donc au passager de jeter un oeil sur le petit papier vert, pour qu'il puisse confortablement rouler vert.

cdlt,
FB

Frédéric Bisson | 08 août 2011 à 14h49
 
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Re Bonjour Monsieur Frédéric Bisson .
Un contrat d’assurance est je pense ce qui existe de plus complexe, car même avec votre bonne fois, vous pouvez croire être bien assuré (surtout pour les étrangers a votre famille) et vous avez oublié la petite ligne qui vous est amenée par la petite étoile en bout de ligne.
Tout ceci pour votre remarque, ( Il suffit donc au passager de jeter un œil sur le petit papier vert, pour qu'il puisse confortablement rouler vert.),quand je monte dans une voiture d’une connaissance ,je ne lui demande pas son contrat (j’ai peut être tort) le faite vous ?
Le sujet n’est pas le problème de l’assurance, mais de laisser vivre les gens au mieux sans leur mettre des interdictions, la France pour ne pas la nommer dépenses des milliards dans d’autres choses qui ne servent souvent a rien (des ronds points en pleine campagne, des ponts qui se retrouvent tout seul sans route….. etc.) alors de grâce, évolué avec le temps et non a contre sens et laissé nous vivre .

Martino | 08 août 2011 à 17h35
 
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@ Martino : votre souhait est exaucé : je ne fais effectivement pas partie "des décideurs qui par principe découvrent les problèmes de circulation 10 ans au minimum après l’utilisateur que [vous êtes]".

Personnellement, j'ai tendance à être souvent en avance dans l'analyse des problèmes et des solutions à leur appliquer. C'est d'ailleurs ce qui provoque des réactions épidermiques comme les vôtres. Et puis, progressivement, les idées que je développe, comme d'autres précurseurs, sont progressivement reprises. Et on voit des projets comme celui dont parle l'article qui voient le jour, alors que cinq ans auparavant, les mêmes décideurs me traitaient d'utopiste lorsque je faisais la promotion du même concept... Ce n'est pas grave, ça fait maintenant 20 ans que ça m'arrive. Je commence à être habitué.

Ceci étant, M. ou Mme Martino, regardez autour de vous et repensez à ce que vous avez connu, si vous avez plus de 20 ans : plus on construit de routes, plus il y a de voitures en circulation, et donc plus d'embouteillages. La solution pour les régler ne peut donc être de construire encore des routes, n'est-ce pas ? Il faut bien alors trouver autre chose, et réduire la cause !

C'est mon constat et ce qui fait qu'on fait appel à des gens comme moi pour inventer de nouvelles pratiques plutôt que reproduire celles qui ne fonctionnent pas. D'ailleurs, de grandes entreprises et des collectivités importantes font appel à moi pour les aider. Ca doit vouloir dire quelque chose, non ?

Ludovic Bu | 08 août 2011 à 19h22
 
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@ aquisite : vous tronquez ce que j'ai écris ! Je disais que lorsqu'on est soi-même automobiliste, il est jouissif de pouvoir passer sur la voie réservée aux covoitureurs pendant que les autres automobilistes, ceux qui sont seuls dans leur voiture, sont coincés dans les embouteillages. C'est un joli incitatif pour faire un petit effort, et de voyager avec un autre passager.

Quant à mon livre, vous pouvez le commander par internet ou l'emprunter dans pas mal de bibliothèques publiques, donc pas besoin d'aller l'acheter avec votre voiture ;-)

Ludovic Bu | 08 août 2011 à 19h23
 
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Re à msg de Martino 17h35:

Bonjour Martino,

J'insiste sur ce "petit détail" de l'assurance, car il est souvent mentionné, et que Madame la Ministre NKM n'y répondait pas elle-même, de mon point de vue, de manière suffisamment rassurante, lorsque le député Jean-Louis Christ lui a posé la question écrite N° 97226: le propriétaire du véhicule bénéficie d'une assurance responsabilité civile qui couvre les préjudices causés au passager, point barre. C'est la Loi. Elle s'applique à tous les contrats d'assurance auto, avec ou sans étoiles. Il suffit donc au passager de regarder la vignette plaquée au pare-brise, de vérifier la date. Tout au plus pourrait on inviter les assureurs à imprimer des vignettes recto-verso, pour plus de commodité de lecture, lorsque le passager a fait le saut dans le vide et qu'il est allé jusqu'à s'assoir dans l'habitacle (si si, il y en a qui le font, et en plus ça leur coûte moins cher qu'un saut à l'élastique :-) Evidemment, si on aime le sketch de la chauve souris, il est toujours possible d'imaginer que le conducteur a volé la voiture et qu'il a édité une fausse vignette. Je l'adore ce sketch.

Cordialement,
FB

frédéric Bisson | 08 août 2011 à 19h27
 
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Bonsoir Martino,

Sur un sujet plus sérieux, vous souhaitez que les pouvoirs publics "nous laissent vivre". Le tout petit soucis, c'est que nous mourrons... je vous renvoie à la citation du projet d'arrêté ministériel sur les ZAPA:
ooOoo
L’OMS a montré qu’environ 42 000 personnes décédaient chaque année en France pour cause de maladie dues à la pollution par les particules dans l’air (décès en moyenne 10 ans plus tôt pour cause notamment de maladies cardiovasculaires, respiratoires et cancers). Cela touche donc chaque année 5% des décès en France, et représente une baisse d’espérance de vie de l’ordre de 8 mois dans les villes françaises.
ooOoo
Cela fait tout de même réfléchir aux limites de la liberté individuelle, non ?

Bien cordialement,
FB

Frédéric Bisson | 08 août 2011 à 19h33
 
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Bonjour,

Merci à actu-environnement, d'avoir rendu visible ce projet HOV à Bordeaux, qui incite à lire le rapport d'étape publié par le CGEDD.

Ce rapport soulève, de façon très pertinente, la difficulté à atteindre un nombre de covoitureurs suffisant pour que l'opération soit "rentable" en trafic, en co2, ET PARTICULES NOCIVES.

Il faut donc tempérer l'enthousiasme de Laura, avant de crier victoire, et lire le rapport de l'université de Berkley sur les milliers de miles de lignes HOV dans l'Ouest des Etats-Unis. Les résultats sont très, très décevants.

Deux conclusions:

a) l'une déjà tirée dans le rapport CGEDD et bien reprise dans l'article (merci Lauriane), est qu'une approche du covoiturage, à tel endroit précis d'une voie express, c'est prendre le sujet "par le petit bout de la lorgnette". Il faut donc élargir le point de vue. C'est sans doute ce que la CUB fera bientôt, pour des motifs socio-économiques, en examinant la pertinence d'une dérogation covoiturage aux interdictions de circuler dans la future Zone d'Action Prioritaire pour l'Air (ces fameuses ZAPA n'étant essentiellement, on le découvre en lisant le rapport, qu'un relooking de la Loi 96-142 de 1996 ! )

b) Ne pas commencer par le covoiturage, mais l'introduire sur la HOV dans l'ordre de préséance qui convient, cad après les autobus. Certes, c'est moins facile au plan de la sécurité, mais essentiel pour l'acceptabilité et la garantie du meilleur résultat environnemental.
cdlt,

Frédéric Bisson | 09 août 2011 à 10h42
 
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@ Ludovic Bu

Passer la rocade à trois voies est une demande forte des automobilistes Bordelais pour éviter de passer du temps dans les bouchons comme c'est le cas actuellement.

Réserver une voie nouvelle , qui a déjà du mal à trouver un financement, pour ce type de transport marginal est pour moi une aberration.

La ou je travaille les personnes qui sont en dehors de Bordeaux et qui ont de la route à faire font depuis des années du covoiturage. Un simple panneau d'annonces interne permet de trouver des personnes qui habitent dans le même secteur et donc de partager le coût du transport. Cela fait plus de trente ans que cela existe.

Pour ceux qui sont plus proche ce n'est absolument pas rentable en terme de temps et de contraintes. Je me lève actuellement tous les jours à 4h45 pour aller travailler si il fallait que je fasse un détour pour remplir ma voiture ce serait plus de fatigue et de temps de sommeil en moins pour moi.

J'ai eu l’occasion (congé sans solde) pendant 1an de gouter aux joies d'être tous les jours bloqué sur la rocade. Sur le coup je me suis acheté un GPS et j'ai navigué au jugé dans le pourtour ou le centre de Bordeaux pour essayer de trouver une voie libre en passant dans les petites rues, devant les écoles etc... Le résultat de l'énervement, du temps perdu et du carburant brulé pour rien.

Ne pas intégrer la voiture dans les schémas de déplacement, comme le font nombre de décideurs, n'est pas normal.

aquisite | 09 août 2011 à 15h38
 
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Je viens de découvrir ce qu'est une ZAPA.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Quels-sont-les-types-de-vehicules.html

Grosso modo si vous avez de l'argent pour changer régulièrement de voiture vous allez toujours pouvoir accéder au centre ville.

si vous avez du mal à joindre les deux bouts on vous donnera une bonne amende pour vous dissuader de venir sur ce territoire réservé.

Si vous avez la chance d'habiter dans une ZAvez PAs
à être la changez de voiture ou déménagez.

Encore une excellente idée au royaume de l'argent est roi.

Loin de moi les pauvres.

Il ne reste plus qu'a rétablir le droit de cuissage en France.

aquisite | 09 août 2011 à 16h00
 
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@ AquiSite 16H

Bonjour,

En fait, le pb est encore pire que celui que vous décrivez. Ceux qui ont de vielles voitures vont constituer une demande accrue de voitures récentes, ce qui va mécaniquement en augmenter le prix sur le marché de l'occasion, au bénéfice de ceux qui les vendent, et qui sont économiquement moins fragiles.
Comme vous voyez, au plan social et économique, c'est intenable pour un élu. Vous commencez alors à percevoir, sur cet exemple, toute la difficulté d'équilibrer (d'arbitrer) entre les trois dimensions du développement durable.
Ce que je peux vous assurer, c'est que les politiques ont parfaitement conscience du pb, et que d'aucuns travaillent à leur présenter des solutions.
cdlt,
FB

frédéric Bisson | 09 août 2011 à 16h46
 
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@aquisite 15h38

le rapport du CGEDD est explicite, sur la rocade, les taux de conducteurs seuls sont de
- 90% pendant le pic du matin (domicile-travail et domicile-étude)
- 75% pendant le reste de la journée (et c'est probablement plus de l'accompagnement que du covoiturage à proprement parler)

Comme vous voyez, il y a du progrès à faire sur le covoiturage domicile-travail.

Au fait, pendant l'année où vous étiez bloqué, n'auriez vous pas apprécier de rouler tranquille, en covoiturant sur une voie réservée ?

cdlt, FB

frédéric Bisson | 09 août 2011 à 17h12
 
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@ frédéric Bisson

1er Pour changer de voiture il faut de l'argent. Donc si vous n'en avez pas vous ne pouvez pas remplacer vôtre voiture.

2em Plus il y a de voitures d’occasion sur le marché plus le prix est négociable à la baisse. De plus elle va simplement dégager ses gaz d’échappement un petit peu plus loin.

A la question : Au fait, pendant l'année où vous étiez bloqué, n'auriez-vous pas apprécié de rouler tranquille, en covoiturant sur une voie réservée ?

La réponse est NON car je suis contre des voies réservées au covoiturage et de plus en tant qu’encadrant je n’avais pas, à cette époque, d’horaires fixe donc impossible de partager ma voiture pendant cette période.

aquisite | 10 août 2011 à 16h24
 
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Suite

Bientôt on va inventer une VRVN (Voie Réservée aux Véhicules Neufs) sous prétexte de développement durable. On écrira un livre la dessus et on fera un débat à la télévision sur le sujet.

J’ai la chance de pouvoir remplacer régulièrement ma voiture et d’avoir de bons revenus. J’ai aussi la chance d’être propriétaire et de posséder un garage personnel tout en habitant le centre de Bordeaux. De posséder un scooter et de pouvoir ainsi me garer facilement. De posséder un vélo pour me promener quand j’ai le temps et de deux jambes valides pour me déplacer dans le quartier. Ce n’est pas le cas de la majorité des Français aujourd’hui.

J’ai autours de moi plus de gens qui se demandent comment faire pour payer leurs factures et manger à la fin du mois que de gens qui réfléchissent sur le modèle de voiture à 32 000€ qu’ils vont acheter cette année.

Oui les politiques ont besoin d’être conseillés. J’y participe et j’interviens régulièrement pour contrer ceux qui sont contre les voitures mais tout en garant leurs propres voitures sur le trottoir, devant la salle de réunion du conseil de quartier.

Votre action pour développer le co-voiturage est louable mais de grâce ne cherchez pas à l’imposer aux autres.

Frédéric THOMAS

Anciennement conseiller National UDF

aquisite | 10 août 2011 à 16h26
 
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@ Frédéric Thomas; 16h24

Bonjour,

Si les covoitureurs ont accès à une voie de la rocade préalablement réservées au autobus, et que ce faisant, ils permettent un bénéfice, par rapport à la situation actuelle, en terme d'efficacité d'utilisation de l'infrastructure publique (nbre personne kilomètre / heure), d'émission de gaz à effet de serre et de particules nocives pour la santé, alors je ne vois pas du tout, au plan de l'intérêt général, ce qui motive votre "NON".

Des solutions existent pour permettre aux navetteurs de covoiturer sans qu'ils aient d'horaires fixes.

Cdlt, FB

Frédéric Bisson | 10 août 2011 à 17h21
 
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@ Frédéric Thomas; 16h26

Fort heureusement pour moi, je ne cherche pas à imposer mon action louable pour développer le covoiturage. Je cherche par contre à voir comment le covoiturage peut préserver la liberté individuelle de se déplacer en voiture, lorsque, pour des raisons de santé publique, les pouvoirs publics se trouvent dans l'obligation d'interdire la circulation. (n'oubliez pas que la France est assignée actuellement devant la Cour de justice européenne, pour ne l'avoir pas fait plus tôt)

Considérant d'une part la saturation des réseaux routiers et de transport public tous les jours entre 7H et 9H30, d'autre part les limites honorables à l'accroissement de la dette publique pour financer toujours plus d'investissement et retrouver quelques années plus tard le même problème faute d'avoir changer de modèle,

je crois pouvoir dire que le développement du covoiturage s'impose...de lui même. Ceci dit, vous avez toute liberté bien sur de continuer à dire "NON".

Cdlt,
FB

Frédéric Bisson | 10 août 2011 à 17h42
 
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Bonsoir mr Ludovic Bu
Je reviens sur le sujet du covoiturage, pour lequel je suis d’accord et c’est la liberté de chacun de le faire ou pas (cela existe depuis plus de trente ans), mais bloquer une voie sur la rocade pour cela, je suis contre.
Mais je suis pour une troisième voie sur la rocade (cela fait des décennies que les bordelais la réclament)
Par contre que vous nous proposiez des voitures avec des moteurs moins polluant comme électrique (avec la même autonomie) et ou des moteurs hydrogène, la je suis de tout cœur avec vous, mais toujours sans blocage d’une voie pour ces véhicules.
Car ces véhicules seraient obligatoirement une sélection par l’argent.
Vous allez me dire qu’il existe des voitures mixtes électriques, qui consomment 5 à 6 litres au 100 km, pour l’instant je ne vois pas la différence a avec la mienne qui consomme la même chose.
Cordialement

MARTINO | 12 août 2011 à 21h07
 
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@M.Martino 21h07

Pourquoi augmenter la dette publique de la CUB et les impôts locaux pour financer une troisième voie, si la réservation d'une des deux existantes, aux autobus et au covoiturage, entre 7H et 9H30, répond à la demande des habitants en permettant un trafic plus élevé qu'aujourd'hui et émettant moins de pollution ?
Comme nous le savons maintenant, la liberté individuelle de circuler seul dans dans sa voiture empiète sur celle des autres, de vivre plus longtemps. N'est-il pas naturel, dans ces conditions (à population constante), de réduire l'infrastructure routière utilisable par les automobilistes seuls au volant de leur voiture ?
Qu'en pense Ludovic ?
cdlt, FB

Frédéric Bisson | 16 août 2011 à 10h15
 
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