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La réparation des appareils électriques, nouvel enjeu pour Ecosystem

La loi économie circulaire est très ambitieuse en matière de réparabilité des objets. Les éco-organisme en charge des déchets électriques et électroniques, notamment Ecosystem, ont moins d'un an pour avancer sur la question.

Déchets  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
La réparation des appareils électriques, nouvel enjeu pour Ecosystem

Encourager les consommateurs à réparer leurs objets en panne avant qu'ils n'en achètent un neuf. Telle est l'ambition de la loi économie circulaire. Le texte prévoit de nombreuses mesures pour renforcer l'information des consommateurs sur les qualités et caractéristiques environnementales des produits : incorporation de matière recyclée, emploi de ressources renouvelables, recyclabilité, ou encore présence de substances dangereuses. La création d'un indice de réparabilité affiché en magasin est l'une des principales nouveautés de ce chapitre. « L'enjeu est d'envoyer un signal de réparation vers les consommateurs », estime Guillaume Duparay, directeur de la collecte chez Ecosystem.

Selon une étude réalisée par le cabinet Elabe à la demande de l'éco-organisme, 58 % des Français recherchent une information environnementale à l'achat d'un appareil neuf et en tiennent compte dans leur choix dans 80 % des cas. L'indice devrait donc les satisfaire et les familiariser avec cette notion de réparabilité pour que le réflexe de réparation se généralise. Pas moins de 24 % des personnes interrogées par Elabe avouent n'avoir même pas pensé à la réparation face à leur objet en panne, jugeant que l'effort n'en valait pas la peine.

Dans un premier temps, quatre objets seront concernés par l'affichage de cet indice dès le 1er janvier 2021 : les lave-linges, les ordinateurs, les téléphones portables et les les téléviseurs. « Les discussions sont en cours pour les textes d'application. On s'oriente vers ces quatre objets pour commencer en 2021. C'est acté avec le ministère de la Transition écologique », explique Christian Brabant, directeur général d'Ecosystem.

Faciliter l'accès à la réparation

Si vouloir réparer c'est déjà bien, pouvoir le faire, ce serait encore mieux. Or, de ce point de vue, beaucoup de progrès restent à faire. L'étude d'Elabe démontre qu'il existe de nombreux obstacles pratiques et des freins psychologiques à la réparation. Pour ceux qui ont essayé, 27 % d'entre eux ont échoué. Les raisons ? Une offre de réparation jugée trop compliquée, des pièces indisponibles ou des coûts déraisonnables par rapport à un produit neuf. Et sur cet enjeu prix, la loi économie circulaire est très précise : elle oblige les metteurs sur le marché, representés par Ecosystem, à participer au financement des réparations par un réparateur labellisé. « La loi crée un fonds réparation que les metteurs sur le marché vont devoir abonder et qui servira à financer en partie la réparation à compter de 2022, explique Christian Brabant. Ecosystem sera le chef d'orchestre pour voir quelles modalités d'emploi du fonds, quels appareils seront éligibles, et les modalités pour labelliser les réparateurs. C'est notre travail de ces prochains mois. »

« Nous serons vigilants car la réparation est un business très concurrentiel, prévient Guillaume Duparay. On réfléchit à plusieurs critères pour la labellisation des réparateurs, comme posséder une assurance responsabilité civile, être inscrit sur le registre du commerce, respecter le règlement européen sur les données (RGPD) ou encore vérifier l'habilitation électrique, mais sans plus, nous n'irons pas les noter. » L'éco-organisme prévoit de regrouper, dans un annuaire en ligne, la liste et les adresses des réparateurs certifiés. Les ressourceries et les repair café y seront également renseignés.

Vers des pièces d'occasion plus accessibles

 
L'enjeu est d'envoyer un signal de réparation vers les consommateurs.  
Guillaume Duparay, directeur de la collecte chez Écosystem
 
Pour abonder ce fonds, l'éco-organisme envisage d'augmenter le niveau d'éco-contribution que ses adhérents lui versent pour chaque appareil mis sur le marché. Cette somme pourra être modulée en fonction de l'indice de réparabilité du produit.

Par ailleurs, la loi économie circulaire prévoit qu'à partir de 2022, les réparateurs devront offrir la possibilité de réparer avec des pièces détachées d'occasion. Derrière cette mesure simple, l'enjeu est de mettre en place une base de données nationales des pièces d'occasion disponibles pour que chaque réparateur puisse savoir où se la procurer. Un pilote va être lancé avec le réseau Envie et l'Ademe pour voir quelles sont les pièces détachées les plus demandées, et ainsi, créer la base de données.

Et pour tous les équipements qui ne pourront pas être réparés, Ecosystem continuera à favoriser le déstockage, car les Français stockent beaucoup leurs appareils, et le recyclage. En 2019, les flux de collecte ont progressé : + 5,3 % pour le gros électroménager froid (frigo, congélateur), + 6 % pour le gros électroménager hors froid, ou encore + 7 % pour les petits appareils. En 2020, l'éco-organisme compte s'attaquer aux nombreux téléphones portables qui dorment dans les tiroirs. Il vient de mettre en place une nouvelle solution universelle et la gratuité de collecte des téléphones par voie postale. Les téléphones sont postés directement par les consommateurs, dans une enveloppe prépayée à destination des Ateliers du bocage où ils seront réparés. Les appareils non réparables seront recyclés.

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