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L'Espagne mise sur le dessalement d'eau de mer pour produire son eau potable

Confrontée à des sécheresses récurrentes, l'Espagne a mis en œuvre un vaste plan de développement des usines de dessalement d'eau de mer le long de la Méditerranée. L'usine destinée à alimenter Barcelone a été inaugurée en août dernier.

Eau  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
L'Espagne mise sur le dessalement d'eau de mer pour produire son eau potable
© Zampa
   
L'importation d'eau potable depuis la France via des navires, il y a un an, ne semble plus qu'un mauvais souvenir pour la ville de Barcelone. Une usine de dessalement d'eau de mer a en effet été inaugurée début août près de la ville à Prat del Llobregat, au bord de la Méditerranée. Avec une production de 60 millions de mètres cubes par an, cette usine est la plus grande d'Europe et alimentera près de 4,5 millions de personnes en eau potable.

Puisée à deux kilomètres des côtes où sa température reste stable, l'eau de mer est traitée par la technologie de l'osmose inverse. Sous pression, elle traverse une membrane semi-perméable qui retient la plupart des sels. Un traitement final visant à rajouter les éléments minéraux est ensuite nécessaire. Avec 1 m3 d'eau de mer, l'usine produit 450 litres d'eau potable. Dans le cas de Barcelone, la saumure résultant de ce traitement est diluée dans les eaux usées de la ville dans la station d'épuration municipale afin d'être traitée avant son rejet en mer.

Cette usine fait partie des nombreuses installations construites en Espagne au cours de ces dernières années. En 2004, le gouvernement a lancé un vaste programme de développement notamment le long du littoral méditerranéen où les besoins sont les plus élevés et ce, principalement dans la région du sud. 20 nouvelles usines ont ainsi été planifiées afin de répondre à 50% des besoins de ces régions. À ce jour, ce pays est le quatrième utilisateur des technologies de dessalement au monde, derrière l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et les Etats-Unis. Ce sont désormais plus de 700 usines qui existent en Espagne pour produire environ 2 millions de mètres cubes d'eau par jour.

La multiplication des projets s'observe également dans d'autres régions du monde et notamment au Moyen-Orient et plus récemment au Maghreb. Dans sa publication annuelle 2008-2009, éditée par Global Water Intelligence (GWI), l'International Desalination Association (IDA) indique que la capacité totale des projets signés en 2007 a augmenté de 43 % par rapport à 2006 passant ainsi de 4,7 millions de m3 par jour à 6,8 millions. En 2008 et 2009, les chiffres pourraient être encore plus élevés : au 30 juin 2008, la production cumulée de l'ensemble des projets d'usine de dessalement dans le monde s'élevait à 62,8 millions m3/j pour plus de 13.800 usines construites ou en projet.

Ce développement tente de répondre aux besoins grandissant d'une population qui s'accroît inexorablement alors que les ressources en eau douce stagnent, souffrent d'une gestion déficiente voire régressent dans certaines régions. De nos jours, plus d'un tiers de l'humanité survit avec moins de 5 litres d'eau par jour, la définition du stress hydrique de l'Organisation Mondiale de la Santé.
Cependant, la technologie du dessalement n'est réservée qu'aux pays les plus riches puisque le coût de fabrication d'eau potable par ce procédé oscille entre 0,4 et 1,50 euros par m3 alors que la potabilisation des eaux de surface ou souterraines coûte entre 0,1 et 0,5 euro.
Cette technologie est également vue d'un mauvais œil par les associations de protection de l'environnement car le traitement de la saumure comme le fait Barcelone n'est pas systématique et de grandes quantités de sel sont rejetées dans le milieu naturel. Or les conséquences de ces rejets dans l'écosystème marin ne sont pas évaluées.

Les ONG craignent également que le dessalement devienne une solution de facilité et soit développé aux dépens de mesures de gestion de l'eau et d'économie d'eau. En Espagne, selon les données du Groupement des Services de l'eau de Catalogne, la consommation d'eau domestique et industrielle de la région de Barcelone a diminué de 11% entre 2003 et 2007 en passant de 193 litres par jour et par habitant à 172 l/j/hab. Aujourd'hui à Barcelone la consommation serait de 108 l/j/hab. Il ne reste pas moins que 22% de l'eau dessalée en Espagne est destinée à l'agriculture.

Réactions5 réactions à cet article

 
Fausse solution ?

On en revient toujours au même problème : on veut gagner plus là où il faut dépenser moins. Ces idiots commenceraient par récupérer l'eau de pluie et les eaux usées, séparément bien sûr, les traiter, séparément et les redistribuer, ils pourraient réduire considérablement leurs prélèvements.

Au lieu de ça, ils pompent des nappes phréatiques et dilapident une énergie précieuse pour ne pas remettre en question leur mode de consommation... Pathétique.

Ceci dit, le désalement de l'eau de mer pourrait avoir une ouverture intéressante: si l'énergie utilisée vient du solaire à concentration (tout à fait envisageable dans le bassin méditerranéen) et que la saumure est valorisée (j'aurais du mal à croire qu'elle ne contienne rien qui intéresse qui que ce soit), les inconvénients énoncés plus hauts pourraient être relativisés... A voir

Umwelt | 05 septembre 2009 à 14h18
 
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a quel prix?

Oui, mais à quel prix???
Les conséquences des techniques de dessalement d'eau de mer ne sont pas connues. Et le floraison de ces usines ne fait que commencer...
Comme d'habitude, l'humain reste dirigé par son propre intérêt dans l'ici-maintenant et cherche à le maintenir à tout prix. Ce prix sera payé par l'écosystème marin. Et l'humanité devra faire face dans quelques années à une dégradation environnementale de plus. Les océans ne sont-ils pas déjà assez altérés par l'homme? Le comble étant que nous ne vivons pas hors de l'environnement, nous en faisons partie, et nous enfants paieront de plein fouet ces absurdités, ce manque de courage pour s'atteler à de véritables solutions...
On est bien loin des principes de développement durable
Laure.

LB | 10 septembre 2009 à 09h52
 
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Petit complément à ''Umwelt'' ....!

J'abonde dans son sens, du moins en partie, car même si la récupération d'eau de pluie est une bonne idée,... encore faut-il qu'il pleuve et dans cette partie du monde il pleut peu...
Bonne idée pour la revalorisation des eaux usées pour arrosages et eaux industrielles...
Bonne idée de gérer en économe les consos d'eau...
J'adhère complètement à l'idée d'utiliser du Solaire dans le processus de dessalement, peut-être en réchauffant avant l'osmose inverse, qui est une histoire de Pression, et pour créer cette dernière (P), utiliser l'énergie des vagues (des concepts et protos existent - voir Enerzine)...
Pour la revalorisation de la saumure, des gens comme Solvay, ou autres chimistes, qui récupèraient la saumure résultant de la mise en solution de dômes de sel du S-O de l'Allemagne pour créer des cavernes de stockage gaz, devraient être intéressés, plutôt que de la re-balancer aux poissons, faune et flore marines qui apprécient moyennement....
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 10 septembre 2009 à 10h07
 
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Re:Fausse solution ?

Juste une remarque au sujet de l'eau de pluie et de l'eau de nappe. L'eau de pluie devrait être récupérée et utilisée pour arroser jardins, laver voitures, ou autres usages industriels ne nécessitant pas une eau de qualité.

En effet, l'eau de nappe est traitée par la nature. L'eau de pluie est de largement moins bonne qualité, et la traiter demande de l'énergie, entre autres.

ric | 10 septembre 2009 à 10h42
 
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Quelle source d'energie?

bonjour. Juste une petite remarque: L'article ne mentionne pa quelle est la source d'energie utilisée (electrique, thermique/petrole, thermique/gaz). De plus, il ne parle pas de rendement (la production industrielle des sels ajouté a l'eau osmosée doit avoir un cout en eau! ansi que le fonctionnement globale de l'unité de désalination). Merci a quiconque pourrai apporter des éléments de reponse a ces questions qui semble importante a l acompréhension de l'impact environemental de ce type de projet.
Meilleures salutations

Rakam | 11 septembre 2009 à 10h56
 
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