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Economie verte : l'Alsace lance son plan de mobilisation des filières

La région Alsace a lancé, le 28 septembre, une expérimentation visant à décliner sur son territoire le plan de mobilisation des filières et des territoires pour le développement des métiers de l'économie verte, initié en 2010 par l'Etat.

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Economie verte : l'Alsace lance son plan de mobilisation des filières
   

En janvier 2010, le ministère de l'Ecologie lançait un plan de mobilisation des filières et des territoires pour le développement des métiers de l'économie verte. Inscrit dans la dynamique du Grenelle de l'environnement, ce plan visait à mobiliser l'ensemble des acteurs concernés (les régions, les partenaires sociaux, les acteurs du service public de l'emploi et de la formation) dans l'élaboration et la conduite d'actions liées à la croissance verte. Le plan identifiait onze filières ''les plus concernées par les créations ou les transformations d'emplois'' : transports, automobile, énergies renouvelables, eau-assainissement-déchets-air, métiers du bâtiment, agriculture et forêts, systèmes éco-électriques, raffinage-carburants-chimie verte, tourisme, métiers de la mer, biodiversité-services écologiques.

La région Alsace vient de lancer une expérimentation de ce plan à l'échelle de son territoire. Les premières actions seront mises en place en octobre. Un bilan de l'expérimentation, qui doit être menée jusqu'en juillet 2013, sera dressé à mi-parcours (juillet 2012). ''Son objectif est d'amplifier le développement des activités et des emplois de l'économie verte, et d'en faire une opportunité d'accès à l'emploi'', indique le communiqué de presse de la région. Ce plan ''met plus particulièrement l'accent sur l'agriculture, l'efficacité énergétique et l'automobile''.

Identifier les besoins et les compétences associées

Dans ce cadre, la région Alsace et ses partenaires ont mené une évaluation de l'économie locale afin de ''repérer les métiers qui évoluent et les nouveaux métiers'', explique Steven Thenault, directeur Education et formation. L'idée est ensuite de dresser des diagnostics dans les secteurs d'activités identifiés comme pertinents. ''Nous sommes davantage face à une logique d'évolution des métiers''.

En Alsace, l'économie verte représenterait 2,3 % de l'emploi salarié marchand, un niveau identique à la situation à l'échelle nationale. Ce sont les activités liées à la construction, la gestion des eaux et des déchets qui ont constitué un moteur de développement de l'économie verte marchande. Le secteur de la construction, avec 5.928 salariés, constitue 51 % de l'économie verte locale. Suivent la gestion des déchets (22 %), l'architecture et le patrimoine (11 %), l'industrie (11 %) et la gestion de l'eau (5 %). L'emploi vert alsacien est constitué avant tout de techniciens et ingénieurs de l'environnement et du traitement des pollutions et une moindre représentation des actifs exerçant une profession en lien avec la gestion des déchets.

Globalement, la construction et les énergies renouvelables sont les secteurs les plus dynamiques en création d'emplois. Dans la sidérurgie, la production de métaux non ferreux et les transports constituent des opportunités à saisir. Enfin, les secteurs de l'automobile et des énergies traditionnelles seraient les principaux secteurs affectés par des pertes d'emploi.

En décembre 2010, la revalorisation des produits industriels représentait 25,4 % des offres d'emplois vertes, les travaux d'étanchéité et d'isolation 22,1 % et le nettoyage des espaces urbains 21,8 %.

Adapter les formations aux besoins

Finalement, peu de métiers nouveaux mobilisant des compétences spécifiques ont été identifiés dans l'économie alsacienne. Il s'agit plutôt de métiers verdissants, nécessitant des compétences transversales (éco-conduite, éco-conception, éco-citoyenneté…). ''L'enjeu porte moins sur la complexité des compétences spécifiques à acquérir, que sur le nombre d'actifs à former, note l'Observatoire régional de l'emploi et de la formation (Oref) Alsace. (…) A l'instar des compétences en technologies de l'information, désormais essentielles pour de nombreux aspects de la vie professionnelle, les compétences vertes semblent appelées à devenir tout aussi importantes dans pratiquement tous les emplois''.

Ainsi, pour la formation initiale, il s'agirait avant tout ''d'intégrer le développement durable dans toutes les formations plutôt que d'en créer de nouvelles et de répondre aux besoins de compétences scientifiques (au sens large), ce qui suppose de former suffisamment de jeunes à ces disciplines dans le secondaire et le supérieur''.
Concernant la formation continue, il faudrait développerune offre mesurée sur les compétences spécifiques à acquérir, répondre au défi du nombre d'actifs à former sur des compétences plus transversales dans le cadre du perfectionnement professionnel et former des formateurs, ''préalable indispensable au développement des nouveaux métiers (pénurie dans l'agriculture et la construction)''. Enfin, l'Oref estime qu'il faudrait promouvoir le dispositif de la validation des acquis (VAE) pour les professionnels dans le cadre de la croissance verte.

Les quatre actions spécifiques du plan

Quatre actions spécifiques découlent de ce diagnostic. L'Alsace devrait mettre en place un portail sur les métiers de l'économie verte visant à favoriser les choix d'orientation vers ces filières et à anticiper les besoins des entreprises en faisant connaître les compétences dont elles auront besoin à l'avenir.
Un outil sur les tendances de l'emploi de l'économie verte sera mis à disposition des conseillers d'orientation. ''Ils pourront ainsi utilement renseigner le public sur les opportunités d'emploi, les conditions de travail et les entreprises qui recrutent dans le domaine de l'économie verte''.
Plus particulièrement pour les lycées et les apprentis, afin de donner une plus grande visibilité à l'économie verte, un programme de visites de réalisations et d'installations exemplaires (maison BBC, positive…) sera mis en place.
Enfin, un partenariat avec le Pôle de compétitivité ''véhicule du futur '' devrait permettre d'identifier les besoins en compétences liées aux nouvelles technologies qui seront utilisées dans la construction automobile notamment pour la fabrication du véhicule électrique.

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