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En Ile-de-France, seul un emploi sur 1.000 œuvre à la protection de la biodiversité

Une étude de l'agence francilienne Naturparif recense les métiers verts dédiés à la biodiversité. L'ambition : mieux reconnaître ces "bio-emplois" et renforcer une filière encore jeune.

Gouvernance  |    |  Angela BolisActu-Environnement.com
   
En Ile-de-France, seul un emploi sur 1.000 œuvre à la protection de la biodiversité
   

Jusqu'ici, les études sur la croissance verte se sont généralement penchées sur l'impact qu'auraient les politiques environnementales sur le marché de l'emploi. Naturparif, l'agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France, entend innover en présentant un rapport sur les emplois liés, plus précisément, à la protection de la biodiversité. L'objectif : recenser et inventorier ces emplois pour, à terme, constituer une filière professionnelle de la biodiversité à part entière.

Ces "bio-emplois" sont définis par Naturparif comme tout poste dont "l'activité ou une part de l'activité contribue à la connaissance, la gestion, la protection, la valorisation et la restauration de la biodiversité de façon intentionnelle ou non, ou contribue à la prise en compte des enjeux de biodiversité dans les autres activités économiques." Ainsi, ils peuvent être directes comme – exemple des plus classiques – , un employé dans un parc naturel. Mais ils sont également en partie induits, et l'étude prend justement garde à ne pas se restreindre aux métiers traditionnellement considérés comme favorables à la biodiversité. Naturparif distingue ici les "emplois induits" en aval et en amont du bio-emploi – dans la filière de la machinerie agricole par exemple –, et les "bio-emplois induits", qui contribuent à leur tour à la biodiversité. Selon l'agence, "pour deux bio-emplois en Ile-de-France, en moyenne, un emploi induit est créé à l'échelle nationale."

5.090 "bio-emplois" directs

 
Distinguer un bio-emploi L'étude de Naturparif s'appuie sur des analyses sectorielles (agriculture, finance, gestion eau-déchet, etc.), sans préciser de métiers ou de fonctions précises correspondant aux bio-emplois. En effet, les chercheurs ont fondé leurs calculs sur un "bio-coefficient": il s'agit de la part de temps consacrée à la protection de la biodiversité dans le temps de travail total. Ainsi, un exploitant en agriculture raisonnée consacre par exemple entre 40% et 60% de son temps à des activités favorables à la biodiversité. Cette proportion peut monter jusqu'à 100% pour un juriste spécialisé en environnement. Si l'activité d'un secteur ne se prête pas à ce calcul par le temps, les chercheurs ont employé une comptabilisation directe des employés qui oeuvrent pour la biodiversité, ou encore un passage par les dépenses liées à la protection de la biodiversité.
 
Du fait de cette prise en compte relativement large des emplois favorables à la biodiversité, Naturparif arrive à des résultats sensiblement différents des précédentes études, telles que celle de Territoires Emploi Environnement (Objectif Biodiversité. Emploi, métiers, formation. Mai 2010). Cette dernière comptait 12.690 personnes travaillant dans ce secteur en France, dont seulement 1.332 emplois consacrés uniquement et intégralement à la protection de la biodiversité.

Pour l'agence, ce sont 5.090 personnes qui travaillent dans la filière en Ile-de-France. Si l'on comprend les emplois induits, le chiffre grimpe à 7.450. A noter : ces deux derniers chiffres représentent les "effectifs occupés", à savoir des emplois pour lesquels la majorité du temps de travail est consacré à la biodiversité. Les chiffres en "équivalent temps plein" – prenant en compte tout emploi consacré, même pour moins de 50% de son temps de travail, à la biodiversité –, sont plus élevés : respectivement 6.400 et 9.300.

En Ile-de-France, les quelque 5.000 personnes qui se consacrent à la filière biodiversité représentent, par rapport aux 5,5 millions d'emplois franciliens, un emploi sur 1.000. Une répartition à peu près fidèle à l'ensemble du territoire français, puisque la région accueillerait environ un quart des emplois totaux et un quart des bio-emplois du pays.

Finalement, cette part des "bio-emplois" reste mineure. Rappelons qu'en juin, le Service d'observation et des statistiques du ministère de l'Ecologie a évalué à 950.000 le nombre d'emplois verts, dont près de la moitié directement impliqués dans les éco-activités. Les secteurs des eaux usées et des déchets cumulent à eux deux près de 200.000 emplois.

L'agriculture et les services en tête

Au sein de cette filière biodiversité, l'étude de Naturparif permet de situer une large majorité des bio-emplois dans les associations, la recherche & développement et l'administration publique.

   
La structure des bio-emplois en effectifs occupés, selon Naturparif. © Naturparif
 
   

A noter toutefois : ce même graphique est sensiblement différent lorsqu'il présente les résultats des emplois "équivalents temps plein": c'est alors l'agriculture qui arrive en tête, avec 30% des bio-emplois.

D'autres secteurs, plus mineurs, sont également concernés de manière transversale par la protection de la biodiversité : production électrique, architecture, manutention d'infrastructures, ou encore, dans le domaine des emplois induits, l'éducation, les transports, l'immobilier, les finances, le commerce, l'industrie automobile, etc. Dans ce dernier secteur des emplosi induits, les services aux entreprises représentent un tiers des emplois.

Les bio-emplois se concentrent donc, en premier lieu, dans les secteurs primaires et tertiaires. Pour cause : le secteur secondaire a tendance à faire appel à des prestataires extérieurs pour ces activités.

Prospectives

Afin de soutenir une filière jugée encore insuffisante, le rapport de Naturparif cherche à mettre en lumière les politiques les plus à même de dynamiser ce secteur. Car la filière biodiversité est amenée à croître aux vues des exigences croissantes en matière de protection de l'environnement. Mais pour l'instant, la biodiversité apporterait bien plus à l'économie que l'inverse: "40% de l'économie mondiale est directement liée à l'utilisation des écosystèmes naturels et semi-naturels et des espèces vivantes", rappellent les chercheurs.

Pour développer cette filière, le rapport conclue donc sur les avantages d'une politique mixte : une politique de la demande d'une part, qui soutiendrait la production d'un petit nombre de secteurs déjà bien avancés dans la protection environnementale, par exemple grâce à des commandes publiques de biens ou de services. Et d'autre part, une politique de l'offre, qui vise à changer, même modestement, les pratiques dans un nombre bien plus large de secteurs, en jouant notamment sur les réglementations.

Réactions2 réactions à cet article

 

Merci pour la qualité et la pertinence de l'article. En 1993 a té expirmenté avec succés dans le Finistère, avec l'aide des collectivités locales, des services de l'état, d'intervenants comme le CEDRE, IFREMER, l'ONF, les Maison Familiale Rurale, la SNSM, la SPNB, Eaux et Riviéres de Bretagne, la médecine du travail MSA, les Sapeur-Démineur, les fédérations de la chasse et de la pêche, l'inspection du travail de la DDA, le Conservatoire du Littoral... le métier " d'ouvrier rural de l'environnement" dans sa déclinaison "Ouvrier Côtier" avec pour objectif, à partir de l'identification des missions de terrain, la création : d'une fiche métier, d'une formation, d'un type propre d'entreprise, d'une charte qualité et des conventions d'intervention sur les espaces privatifs et publics. Voir site "ETER.ENVIRONNEMENT. Aujourd'hui, après l'étude de la remonté de l'essaimage réussi dans toutes les régions, ne reste que l'attachement à la politique sociale du Ministére de l'Agriculture pour qu'enfin le statut de ce premier échelon de compétences soit reconnu et réponde aux attentes des jeunes sortant de formation, des personnes en insertion et de ceux qui humblement travaillent (comme les gardes du littoral) au beau de la nature, se retrouvent dans une filiére aux emplois stables dont l'importance pour l'agriculture et la sécurité alimentaire, le tourisme, la qualité du cadre de vie, le maintien de la biodiversité n'est plus à discuter. Au Parlement donc de décider nous existons.

IEAA | 08 juillet 2011 à 16h47
 
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Tout ça, ce serait une réussite pour nos jeunes qui cherchent un emploi
en fonction des promesses d'avenir qu'on leur fait! Alors, comment se
fait-il, que des jeunes ingénieurs ou bac plus 5, nous sollicitent ,nous les
associatifs, pour les aider à trouver une filière d'avenir? Les postes de
responsabilités pour la protection de l'Environnemnt ,sont très limités
certes intéressants ,mais pas assez soutenus financièrement, sauf si
le durcissement des règlementations ,surtout européennes, obligent
les décideurs à en tenir compte?

arthur | 12 juillet 2011 à 13h49
 
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