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Les emplois environnementaux en perte de vitesse ?

Bien que peu sensible à la crise économique, l'emploi environnemental n'en reste pas moins victime de son succès sur un marché du travail ralenti, selon les dernières statistiques du ministère.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
   
Les emplois environnementaux en perte de vitesse ?
   

Le Service d'observation et statistiques (SOeS) du Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement (MEDDTL) vient de mettre à jour ses derniers chiffres en matière d'emploi et de formations dans le secteur de l'environnement.

Une bonne tenue en 2008

Il apparaît qu'en 2008, l'emploi environnemental dans les éco-activités représentait 404.900 emplois soit une hausse de 2,9% par rapport à 2007, contre +0,6 % d'évolution pour l'ensemble des emplois en France. Cependant, les évolutions par domaine sont inégales : les emplois concernant la protection de l'environnement sont en légère baisse (sauf dans le domaine de la gestion des déchets), alors que ceux des activités de la gestion des ressources sont en hausse, particulièrement dans le domaine des énergies renouvelables (+28,7%). Résultat, la gestion des eaux usées (92.800) et celle des déchets (100.100) regroupent toujours près de la moitié des emplois environnementaux devant les énergies renouvelables (50.400).

Tous domaines confondus, 71% des emplois sont attribuables aux éco-activités marchandes des entreprises (contre 70,5% en 2007) : par exemple, délégation de services publics de gestion des déchets ménagers, travaux d'isolation, fabrication de pompes à chaleur… Les services internes de protection de l'environnement des entreprises génèrent 6,5% des emplois (contre 7,3% en 2007) tandis que les éco-activités des administrations publiques en représentent 22,5% (contre 22,2% en 2007).

La crise ne semble donc pas avoir impacté ce secteur en 2008 qui est resté très dynamique : les emplois sont en hausse rapide, de 3,0 % en moyenne annuelle de 2004 à 2008, contre un peu moins de 1 % pour l'ensemble des branches de l'économie.

Ralentissement plus marqué en 2009

En se penchant plus précisément sur cinq secteurs particuliers (note : gestion des déchets, gestion de l'eau et assainissement, récupération, travaux d'isolation et gestion du patrimoine naturel), le SOeS constate que les secteurs d'activité environnementale sont "moins sensibles à la dégradation de la conjoncture, comparés aux chiffres de l'emploi salarié total qui indiquent un recul de 1,6 % en 2009". L'emploi environnemental privé s'élève à 157.300 salariés fin 2009. Il est en très légère baisse (-0,1%), après avoir connu une faible hausse l'année précédente (+0,7%).

Notons toutefois que s'il ne subit pas de baisse marquée, ce salariat privé est en stagnation depuis fin 2007 alors qu'il était en croissance régulière depuis 1993 de l'ordre de 3,1 % par an.

D'ailleurs après avoir connu une baisse entre 2005 et 2007, le nombre de demandeurs d'emploi dans l'environnement a de nouveau augmenté en 2008 (+1,8 %), plus rapidement que l'ensemble des demandes (+0,7 %). En 2009, la dégradation de la conjoncture accentue fortement la hausse des demandes sur les métiers environnementaux qui atteint +27 %.

Les formations environnementales ont la côte mais pas les débouchés

À ce marché ralenti s'ajoute l'arrivée massive de jeunes diplômés issus de formations de plus en plus nombreuses et souvent mal adaptées aux besoins. À la rentrée 2007-2008, 50.000 élèves et étudiants étaient inscrits en dernière année des formations initiales en environnement allant du CAP au master, alors qu'ils étaient 10.700 en 2004. Globalement, les masters et diplômes d'ingénieurs en environnement connaissent une croissance continue de leurs effectifs (+ 9 % par an), qui s'explique, outre l'attrait du secteur, par la multiplication des formations proposées. Mais les indicateurs d'insertion des jeunes issus des formations initiales sont un peu moins favorables aux formations environnementales. 69 % accèdent à un emploi, soit rapidement et durablement soit de manière différée, contre 72 % pour l'ensemble des formations.

Sans doute pour des raisons d'adaptation entre les formations proposées et les offres d'emploi. La protection de la nature et l'aménagement du territoire restent en tête des formations universitaires de niveau I (DEA, DESS, Master, Diplôme d'ingénieur, Doctorat) et de niveau II (Licence généraliste et professionnelle) alors que les offres d'emploi dans ce domaine sont les moins nombreuses. À l'inverse la prévention et réduction des pollutions attire beaucoup moins d'étudiants alors que les offres d'emploi sont plus nombreuses pour ce secteur. "Si les étudiants doivent impérativement suivre l'évolution du secteur pour ne pas s'engouffrer tête baissée dans une formation sans avenir, il conviendrait surtout que les Écoles et les Universités prennent enfin leur responsabilité et adaptent le nombre et le type de formations à la réalité du marché de l'emploi !", s'agace David Ascher du site de recrutement Emploi-Environnement.com.

Réactions2 réactions à cet article

 

Vu le camouflet infligé au PV en ce moment, cette tendance n'est pas prête de s'inverser...

Daaaavid | 10 janvier 2011 à 09h51
 
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Cette analyse est très intéressante car elle nous éclaire une nouvelle fois sur les pratiques du marché de l'éducation et de la formation.

Le secteur de l'éducation et de la formation est très réactif pour se positionner sur ce nouveau marché et il capte de fait un public nombreux.

Mais...

il se sert encore trop aujourd'hui de la dymanique verte et environnementale, pour assurer son développement à court terme, au lieu de s'appuyer sur un diagnostic des besoins, à la fois général et précis, diagnostic à partir duquel il se positionne, oriente et adapte ses activités.

En 2009, j'étais déjà convaincu qu'il fallait s'exprimer avec une dynamique d'entreprise, dans le cadre d'une mission de service public.

C'est dire la difficulté actuelle...

Hervé Thiébaut | 11 janvier 2011 à 08h40
 
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