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Récupération et valorisation des déchets du bâtiment : les filières qui émergent

La production de déchets du secteur du bâtiment est diffuse et variée, ce qui complique l'optimisation de la récupération et de la valorisation. Quelques filières émergent néanmoins au niveau national, à l'instar des DEEE, des lampes et du PVC.

Déchets  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Récupération et valorisation des déchets du bâtiment : les filières qui émergent
© Lisa Vanovitch
   
Avec 31 millions de tonnes de déchets produits chaque année, le secteur du bâtiment est un de gros producteurs de déchets en France (26 millions de tonnes pour les ordures ménagères). Une grande majorité de ces déchets est non dangereuse et peut donc être récupérée, recyclée voire réemployée ou valorisée. La multitude des producteurs, la variété des déchets produits et leur essaimage sur leur territoire compliquent pourtant leur récupération. Les solutions mises en œuvre sont très hétérogènes et pensées à l'échelle locale*. Seules quelques filières organisées au niveau national voient le jour aujourd'hui, notamment au niveau des secteurs concernés par la responsabilité élargie du producteur.

Les filières REP qui s'intéressent aux déchets du BTP

Le gisement de déchets du BTP intéresse certaines filières mises en place avec la réglementation sur la responsabilité élargie du producteur (REP). Cette règle transfère la responsabilité de la fin de vie du produit au producteur lui-même. Celui-ci doit donc organiser la prise en charge des déchets issus de son activité. Cela passe souvent par une organisation collective de la gestion des déchets. Les producteurs se rassemblent au sein d'éco organismes qui coordonnent les différentes étapes, de la collecte au recyclage.
Certains de ces éco organismes s'intéressent particulièrement à certains déchets du bâtiment. C'est le cas notamment pour les déchets des équipements électriques et électroniques (DEEE) du bâtiment. Les installations électriques, les systèmes de chauffage, de ventilation, les ballons et cumulus, l'outillage sont concernés par la filière DEEE, explique Dominique Mignon, directeur du développement de l'éco organisme Eco système. Le secteur du bâtiment représente un gisement de déchets DEEE estimé à 200.000 tonnes/an, soit 4 % du gisement de la filière. C'est pourquoi nous souhaitons travailler avec les professionnels du secteur et les sensibiliser à cet enjeu qu'ils méconnaissent parfois.
Hervé Grimaud, directeur général de Recylum, l'éco organisme spécialisé dans la récupération des lampes, confirme : il est nécessaire de travailler avec l'ensemble des acteurs du secteur pour leur faire prendre conscience de la nécessité du tri et du recyclage des lampes qui sont des produits dangereux.

Une filière volontaire : le PVC

En 2000, les fabricants de PVC rigide du bâtiment ont pris l'initiative de créer PVC Recyclage, qui coordonne la récupération de ce type de déchets dans le bâtiment notamment. C'est un produit qui s'est fortement développé dans le bâtiment ces dernières années. Les gouttières, certaines fenêtres… sont en PVC. Alors qu'en 2000, le gisement était estimé à 2000 tonnes, il avoisinera les 20.000 tonnes en 2008.
Le PVC est un matériau recyclable et réutilisable, il est donc important de le collecter et de le valoriser. Pour cela, il faut toujours plus sensibiliser, informer les acteurs de terrain mais aussi densifier le réseau de collecte.

Des difficultés de collecte et de tri propres au secteur

Ces exemples d'organisation peuvent-elles être étendues à l'ensemble des déchets issus du bâtiment ? La tâche s'avère ardue… La difficulté réside dans la coordination de la collecte et du tri, du chantier aux plateformes de récupération. La gestion des déchets de construction est en effet une activité complexe, qui varie d'un cas à l'autre et d'un métier à l'autre.
Les chantiers, de tailles très hétérogènes, ne disposent pas forcément des moyens humains et techniques pour trier l'ensemble des déchets produits (matériaux inertes, emballages, bois, plastiques, déchets électriques…). Le tri nécessite également des connaissances spécifiques pour éviter de mélanger des matériaux différents et rendre ainsi impossible leur récupération.
Le déchet du bâtiment est très spécifique et ne peut être mélangé aux déchets industriels, explique Olivier Ezquerra, de la société Sélectis. Un déchet spécifique nécessite souvent un traitement spécifique. Les plastiques peuvent être enduits de peinture, de solvants et auront des difficultés à être recyclés. Les déchets souillés entraînent souvent une piètre qualité du produit issu du bâtiment.
De très petites quantités de déchets peuvent être générées, qu'il est difficile à éliminer en raison de leur spécificité, de la distance à parcourir pour ce faire ou de l'absence de structure adaptée à proximité.
Les plateformes de collectes sont inégalement réparties sur le territoire et ne reçoivent pas forcément l'ensemble des déchets issus du bâtiment. Elles n'ont pas forcément les moyens techniques et de stockage nécessaires à la récupération de l'ensemble des déchets produits.
Si le secteur du bâtiment constitue un grand gisement de déchets valorisables, les spécificités du secteur constituent encore autant de freins au recyclage de ces déchets. Les organisations des professionnels du bâtiment travaillent aujourd'hui à la mise en œuvre de structures de gestion adaptées. La solution réside peut-être dans la mise en place d'initiatives pilotes comme les chantiers verts, qui visent la gestion des déchets en amont et non en aval.

Réactions1 réaction à cet article

 
SNPGR

Je me permets de rappeler qu'un syndicat existe déjà au sein de l'Union Nationale des producteurs de granulats. Il se nomme le "SNPGR". ( Contact au 01 44 01 47 01). Le SNPGR a édité des régles professionnelles.
Je notais récemment, en baguenaudant récemment dans Paris intra muros, au hasard des opérations d'aménagement d'envergure qui y sont menées( ex: Parc des Batignolles), que certains maîtres d'ouvrage (publics) ne paraissent pas encore assez préoccupés du "tri à la source", quand, dans le même temps ils se dotent d'outils "vertueux" vis-à-vis du développement durable et que leurs appels d'offres ont prétention à soutenir les entreprises de démolition qui oeuvreraient dans le bon sens sur le tri à la source, en vue , et du recyclage, et de la minimisation des volumes de déchets "ultimes" de démolition.
J'aurais voulu joindre à ce message des photos que j'ai prises sur un de ces chantiers, mais je ne trouve pas le mode opératoire sur ce site (à disposition : pour ceux qui souhaiteraient les avoir, me contacter)
Merci
Pierre

Anonyme | 14 novembre 2008 à 11h05
 
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