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L'héritage du président Obama dans le collimateur de Donald Trump

Alors que le président sortant est salué pour son action en faveur du climat et de l'environnement, M. Trump brandit la menace de faire table rase et de remettre les énergies fossiles au cœur de l'économie américaine.

Décryptage  |  Energie  |    |  Agnès Sinaï  |  Actu-Environnement.com

"Aussi mauvais que Barack Obama ait pu être en tant que président, Hillary Clinton sera encore pire, elle renforcera la guerre contre les travailleurs américains comme jamais auparavant et contre l'énergie américaine, elle débridera les pouvoirs de l'Agence de protection de l'environnement pour prendre le contrôle de tous les aspects de nos vies, et de toutes les ressources énergétiques du pays. Alors voici mon plan pour mes 100 premiers jours. Nous allons recréer tous les emplois détruits par l'action d'Obama. Nous allons sauver l'industrie du charbon. Oui nous allons la sauver. Nous allons liquider l'Accord de Paris, nous allons faire cesser les contributions des Etats-Unis aux programmes des Nations unies sur le climat", s'est exclamé Donald Trump, le candidat républicain à l'élection américaine, lors d'un de ses rares discours abordant les questions d'environnement, à l'occasion d'une conférence sur le pétrole et le gaz, dans le Dakota du Nord, le 26 mai dernier.

Lors de cette allocution tonitruante, M. Trump a conditionné son soutien à l'oléoduc Keystone XL, projet pharaonique annulé par Barack Obama sous la pression des environnementalistes, au reversement de "profits substantiels". M. Trump a également promis de travailler uniquement "avec des environnementalistes dont le seul agenda est de protéger la nature" et "de se concentrer sur les vrais défis environnementaux, et non sur des faux problèmes", associant le programme climatique de son adversaire démocrate Hillary Clinton à un "agenda d'extension de la pauvreté". Conseillé par Kevin Cramer, représentant républicain du Dakota du Nord, défenseur de la fracturation hydraulique et connu pour ses positions climato-sceptiques, M. Trump s'est également attaqué aux énergies renouvelables, déclarant que l'énergie solaire était trop chère et s'en prenant aux éoliennes parce qu'elles "tuent les aigles".

La Chine observe avec attention les prises de position de M. Trump. Dans un commentaire rare lors d'une élection étrangère, le représentant spécial pour le changement climatique Xie Zhenhua a déclaré le 1er novembre dernier qu'un "homme politique avisé devrait prendre des décisions conformes aux évolutions internationales", sous peine d' "affecter les progrès économiques et sociaux de son pays". Quand bien même M. Trump serait élu, la dynamique internationale lancée par l'Accord de Paris se poursuivrait sans lui.

Des fossiles et du plomb

Sur la contamination des eaux souterraines de Flint (Michigan), qui a frappé les ménages pauvres de cette ville en déshérence industrielle, M. Trump a déclaré au Guardian : "Une telle chose ne devrait pas se reproduire, mais je ne veux pas faire de commentaire", refusant de prendre parti sur le renforcement des contrôles sur les taux de plomb dans l'eau du robinet, qui toucheraient plus de 18 millions d'Américains, selon un rapport du Natural Resources Defence Council (NRDC).

"M. Trump martèle qu'il protègera l'air et l'eau mais il s'est engagé à démanteler l'Agence de protection de l'environnement. Il avance de vagues promesses pour créer des emplois mais il mettrait un coup d'arrêt à la croissance de l'énergie éolienne et solaire alors que ce sont parmi les secteurs dont l'ascension est la plus rapide dans l'économie des Etats-Unis", estime l'ONG Sierra Club dans un communiqué. La plus ancienne organisation de protection de l'environnement des Etats-Unis a rendu public son engagement en faveur de Hillary Clinton et plaide pour la poursuite des actions engagées par Barack Obama pendant son mandat.

Réduction des polluants atmosphériques, transition vers des énergies décarbonées, déploiement massif des énergies renouvelables, "création de millions d'emplois bien payés, en prenant des mesures audacieuses pour réduire la pollution carbonique tant chez nous que dans le reste du monde et en veillant à ce qu'aucun Américain ne soit laissé de côté dans la construction de cette économie à énergie propre", peut-on lire dans le programme de Mme Clinton, qui propose une batterie de mesures parmi lesquelles la réduction d'un tiers des consommations pétrolières par l'amélioration de l'efficacité énergétique et la suppression des subventions aux énergies fossiles.

A l'heure où le président sortant Barack Obama conclut son mandat par la ratification de l'Accord de Paris dont son administration peut se targuer d'avoir été l'une des principales chevilles ouvrières, Mme Clinton s'engage à poursuivre les engagements des Etats-Unis. Soit une réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2025 par rapport à 2005 et de 80% en 2050, "sans compter sur les climato-sceptiques au Congrès pour faire passer une nouvelle législation", précise-t-elle dans son programme, ce qui augure une confirmation des pouvoirs de l'Agence de protection de l'environnement (EPA). Celle-ci s'appuie sur le Clean Air Act, législation héritée des années 1970 qui a permis à l'administration Obama de contourner le blocage du Congrès et de "trouver des marges de manœuvre, tant pour limiter les émissions polluantes des véhicules que pour fermer les centrales thermiques hors normes", analyse Thomas Spencer, directeur de programme Climat à l'IDDRI. Pour aller plus loin, "on aurait besoin d'une législation supplémentaire. Il faudrait une loi fédérale pour instituer une fiscalité unifiée sur l'énergie type TVA", estime M. Spencer.

Mme Clinton veut revitaliser les communautés du charbon

Soutien de Hillary Clinton, le sénateur démocrate du Vermont Bernie Sanders entend "protéger l'environnement tout en réduisant les inégalités". Récemment, M. Sanders a pris fait et cause pour les descendants de tribus indiennes manifestant contre un pipeline dans le Dakota du Nord, outrepassant ainsi la position officielle du président Obama. Les questions de justice environnementale et de justice climatique sont présentées dans le programme de Mme Clinton comme des "priorités centrales" : l'élimination du plomb dans l'eau sera accomplie "en cinq ans", le nettoyage de plus de 450.000 décharges toxiques dans le pays, le développement de l'efficacité énergétique et du solaire dans les collectivités les plus pauvres, et la création d'une Task Force pour la justice climatique et environnementale.

Faisant le bilan de l'administration Obama, le World Resource Institute estime que le président sortant a "plus fait pour lutter contre le changement climatique que tous ses prédécesseurs". Dans un memorandum, le président Obama, dans la ligne de son Plan d'action pour le climat, a enjoint toutes les autorités fédérales à traiter le climat comme un enjeu de sécurité nationale, par des politiques de résilience face aux inondations, aux incendies, à la montée des eaux et aux événements climatiques extrêmes.

Face à la rhétorique de M. Trump, qui joue sur le sentiment de déclassement des travailleurs, Mme Clinton propose de "revitaliser les communautés du charbon" en faisant d'elles "le moteur de la croissance économique du 21ème siècle, comme elles l'ont été depuis des générations". Réhabilitation d'anciennes centrales thermiques transformées en data centers avec le soutien de Google, reforestation et remédiation des sols sur les anciens terrils, désenclavement des Appalaches et modernisation des infrastructures, soutien au développement local figurent parmi les solutions proposées. Reste à savoir si elles sauront convaincre les générations perdues de l'épopée énergétique des Etats-Unis.

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