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''Grâce aux indices verts, les investisseurs pourront sélectionner des entreprises vertueuses pour le climat''

Désormais, les acteurs financiers qui voudront créer un indice boursier vert devront réduire leurs émissions de carbone ou s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris, explique l'eurodéputée Anne Sander (groupe du Parti populaire européen).

Interview  |  Gouvernance  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com
   
''Grâce aux indices verts, les investisseurs pourront sélectionner des entreprises vertueuses pour le climat''
Anne Sander
Députée européenne, membre de la commission des affaires économiques et monétaires.
   

Actu-Environnement : Quel est l'historique de la finance durable en Europe ?

Anne Sander : La finance durable s'inscrit dans une dynamique politique engagée sur le changement climatique, à travers différents textes proposés par la Commission européenne. Dans le domaine de la finance verte, trois textes ressortent : la taxonomie d'abord, qui vise à définir quelles sont les activités vertes et celles qui ne le sont pas. La Commission a proposé des critères appliqués à ces activités : celles-ci doivent par exemple relever des activités de recyclage des déchets ou de la gestion durable des ressources en eau. Une de nos difficultés a été que l'énergie nucléaire n'a pas été considérée comme une énergie contribuant substantiellement à l'atténuation du changement climatique.

Viennent ensuite les indices verts. Il s'agit de labels pour les fournisseurs d'indices financiers. Deux indices verts seront créés : un indice de transition climatique et un indice aligné sur les objectifs de l'Accord de Paris. Désormais, les acteurs financiers qui voudront créer un indice boursier vert devront respecter ces critères, que nous avons définis au Parlement européen. Ceci est une première étape pour mettre en place un vrai cadre via ce label. Ces critères demandent aux entreprises d'adopter une trajectoire de réduction de leurs émissions de CO2. Grâce aux indices verts, véritables labels, les investisseurs pourront sélectionner des entreprises vertueuses en matière climatique Nous nous félicitons de cette mesure adoptée en trilogue le 25 février dernier.

Enfin, les nouvelles règles adoptées portent sur la communication et la transparence. Ces règles s'appliquent aux établissements de banque et assurance, et aux établissements financiers. Ils sont désormais tenus de faire savoir comment ils prennent en compte les critères liés au changement climatique et les critères sociaux.

AE : Quelles sont les principales avancées politiques récemment obtenues ?

AS : L'accord sur une nouvelle génération de critères de référence instaure deux nouvelles catégories d'indices à faible intensité de carbone : un indice de transition climatique et un indice de référence spécialisé qui met en conformité les portefeuilles d'investissement avec l'objectif de l'Accord de Paris de limiter l'augmentation de la température mondiale à 1.5°C par rapport aux niveaux préindustriels. Initialement proposées par la Commission en mai 2018, les règles adoptées aujourd'hui soutiennent les objectifs de l'Union des marchés de capitaux pour relier le financement aux besoins de l'économie et au programme de développement durable de l'Union européenne. Les indices de référence ont une influence importante sur les flux d'investissement. De nombreux investisseurs s'appuient sur eux pour créer des produits d'investissement, mesurer les performances de ces produits et déterminer les stratégies de répartition des actifs.

AE : Qu'est-ce que cela va changer pour les citoyens européens ?

AS : Nous souhaitons encourager les investisseurs à concourir à la lutte contre le changement climatique. Les investissements doivent soutenir les meilleures pratiques : moins de pollution, moins d'émissions de CO2. Nous cherchons à lancer une dynamique, mais il reste encore des efforts à faire, notamment au plan international - G7, G20, Nations unies -, car l'Union européenne ne pourra pas tout résoudre toute seule, même si elle est proactive en la matière. Grâce à de nouveaux produits financiers, le citoyen pourra être acteur d'investissements respectueux de l'environnement. Mais il faut que nous arrivions à mieux communiquer auprès du public.

AE : Quelles sont les prochaines étapes ?

AS : Sur les indices, le texte est voté. Sur la taxonomie, le texte doit encore être approuvé en trilogue avant d'être ratifié pendant la prochaine mandature. Il faut aussi se féliciter des avancées concernant le cadre prudentiel des investissements et des banques : à travers les règles, il peut y avoir des incitations pour favoriser les investissements dans les produits verts. Toutes les occasions doivent inciter les banques, les entreprises, les investisseurs et les gestionnaires d'actifs à investir dans le domaine de la transition écologique.

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