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Liste rouge de l'UICN : l'édition 2008 confirme la crise d'extinction des mammifères

La nouvelle liste rouge de l'UICN dévoilée lors du Congrès mondial de la nature de Barcelone alerte sur l'extinction qui touche les mammifères. Quelques résultats témoignent néanmoins que les efforts de conservation commencent à payer.

Biodiversité  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
Liste rouge de l'UICN : l'édition 2008 confirme la crise d'extinction des mammifères
Lynx ibérique
   
À l'occasion du 4eme Congrès mondial de la nature qui se tient à l'heure actuelle et jusqu'au 14 octobre à Barcelone, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a présenté l'édition 2008 de sa Liste Rouge. Cette nouvelle évaluation mondiale des espèces en danger confirme la crise d'extinction des mammifères : 20% des 5487 mammifères de la planète sont menacés d'extinction et depuis l'année 1500, 76 espèces se sont éteintes. En réalité, la situation pourrait être pire car l'UICN estime qu'elle manque de données pour plus de 800 espèces. En réalité, le nombre de mammifères menacés pourrait atteindre 36 %, indique Jan Schipper, de Conservation International.

Selon la Liste Rouge 2008, 188 mammifères se trouvent dans la catégorie la plus menacée à savoir « en danger critique d'extinction » parmi lesquels le lynx ibérique (Lynx pardinus) dont la population ne comprend que 84 à 143 adultes et continue de décliner en raison de la raréfaction de sa proie principale, le lapin européen (Oryctolagus cuniculus).
Près de 450 espèces de mammifères sont classées « en danger », dont le diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii), passé de la catégorie « préoccupation mineure » à « en danger » après un déclin de plus de 60% de sa population mondiale dans la dernière décennie en raison d'une tumeur cancéreuse faciale transmissible et fatale.

La destruction et la dégradation des habitats sont les causes principales d'extinction et touchent 40% des mammifères. Le phénomène est plus grave en Amérique Centrale et du Sud, en Afrique Orientale et Centrale, à Madagascar et en Asie du Sud et du Sud-est. La destruction des zones humides en Asie du Sud-Est entraîne par exemple la disparition progressive du chat viverrin ou chat pêcheur (Prionailurus viverrinus) qui passe de la classe « vulnérable » à « en danger ». Le phoque de la Caspienne (Pusa caspica) est également passé de « vulnérable » à « en danger ». Sa population a diminué de 90 % depuis un siècle et continue de décroître en raison d'une chasse non durable et de la dégradation des habitats.

Au total, la Liste Rouge de l'UICN comprend maintenant 44.838 espèces, dont 16.928 sont menacées d'extinction (38 %). Parmi ces dernières, 3.246 se trouvent dans la catégorie la plus menacée, « en danger critique d'extinction », 4.770 sont « en danger » et 8.912 « vulnérables » à l'extinction.
En 2008, de nouvelles espèces ont fait leur entrée sur la Liste Rouge de l'UICN : les mygales indiennes, très prisées par les collectionneurs et menacées par le commerce international d'animaux de compagnie, 20 espèces de mérou, 366 espèces d'amphibiens.

L'UICN remarque toutefois que plusieurs bonnes nouvelles sont à noter. Certains mammifères semblent sur le point de se rétablir grâce à des efforts de conservation. Le putois à pieds noirs (Mustela nigripes) par exemple est passé d'« éteint à l'état sauvage » à « en danger » après une réintroduction réussie par le Fish and Wildlife Service des Etats-Unis dans huit Etats de l'ouest américain et au Mexique entre 1991 et 2008. De même, le cheval sauvage (Equus ferus) est passé d'« éteint à l'état sauvage » à « en danger critique d'extinction » cette année, après des réintroductions réussies en Mongolie depuis le début des années 1990. À l'heure actuelle nous savons quelles espèces sont menacées, quelles sont les menaces et où elles se trouvent ; nous n'avons plus d'excuses pour regarder en spectateurs sans rien faire, explique Jane Smart, Directrice du Programme des espèces de l'UICN

Le Dow Jones de la biodiversité

Face à la généralisation des espèces concernées par le risque d'extinction, , l'UICN a mis au point l'indice Liste Rouge échantillonné (SRLI) véritable Dow Jones de la biodiversité, en collaboration avec la Société zoologique de Londres. Cet outil tire un échantillon aléatoire d'espèces d'un groupe taxonomique donné pour calculer les tendances des risques d'extinction à l'intérieur de ce groupe, il est ainsi possible de suivre le destin de ces espèces, comme le Dow Jones suit l'évolution des marchés financiers, explique l'UICN.

Cet indice devrait ainsi permettre d'obtenir un aperçu plus complet de la situation car jusqu'à maintenant les évaluations étaient généralement restreintes aux groupes les plus connus, notamment les oiseaux et les mammifères. De ce fait, on ne connaissait le statut de conservation que de 4% de la biodiversité décrite de la planète. À l'avenir, nous allons élargir nos connaissances à une plus grande variété de groupes d'espèces, ce qui permettra de conseiller et d'aider les décideurs d'une façon plus objective et plus représentative, commente Jonathan Baillie, Directeur des programmes de conservation de la Société zoologique de Londres (ZSL).

Les premiers résultats du SRLI sont publiés cette année et incluent des espèces de reptiles ainsi que d'autres groupes moins connus, comme les crabes d'eau douce. L'un d'eux récemment évalués, Afrithelphusa monodosa, vit en Afrique de l'Ouest et était totalement inconnu des scientifiques jusqu'à 2005. Il est classé « en danger » en raison des perturbations subies par les habitats et de la déforestation liée à l'agriculture dans les écosystèmes forestiers de la Haute-Guinée.
À l'avenir, le SRLI échantillonnera d'autres groupes moins connus : coléoptères, mollusques, champignons, lichens et un certain nombre d'espèces végétales.

Réactions1 réaction à cet article

 
L'appât du gain

Je crois que l’appât du gain est le fléau qui menace la vie. Cependant, cet appât est plus acceptable quand les gens sont dans une situation de survie alimentaire.

Au Québec, ses citoyens et son Ministère des Ressources naturelles et de la Faune n’ont aucunes leçons à donner au pays en développement.
Avec à peine 2 % de territoires réels protégés actuellement, nous avons aussi des espèces menacées par l’appât du gain. La rainette Faux Grillon de l’Ouest en est un bel exemple. Son habitat est morcelé par l’étalement urbain de la rive sud de la région montréalaise. Au point que, les petites populations sont isolées et ne peuvent pas échanger leur bagage génétique.

Tout cela est grâce au projet domiciliaire du Domaine du Colibri et autre projet au nom féerique qui laissent croire aux gens d’être entourés de nature, mais ils participent plutôt à sa destruction.

Il y a des regroupements de citoyens qui sont soucieux de protéger les derniers boisés en milieux urbains. L’organisme Sauvons nos boisés fait un travail de sensibilisation sur tous les plans dont individuel, municipal et provincial.

Les citoyens inquiets revendiquent de protéger les paysages naturels qui les entourent. Ces espaces vitaux pour se ressourcer face au stress de la ville. Je crois que faire violence à la nature est aussi faire violence à soi! Quand l’appât du gain mènera à un vide identitaire et qu’il n’y aura plus de beautés naturelles pour se ressourcer. L’être humain rentrera dans un mouvement d’urgence pour réparer, replanter et embellir et cette fois, espérons que l’espèce humaine aura compris qu’elle peut créer sans détruire.


Osanne

Osanne | 11 octobre 2008 à 00h25
 
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