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Le marché des matières premières recyclées a fait preuve d'un dynamisme inattendu en 2006

Alors que fin 2005, les professionnels du secteur du recyclage exprimaient un certain pessimiste pour l'année suivante, le marché des matières recyclées est resté dynamique en 2006 et certaines matières ont atteint des volumes et des prix records.

Déchets  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Le marché des matières premières recyclées a fait preuve d'un dynamisme inattendu en 2006
Bouteilles plastiques compactées avant recyclage
   
Fin 2005, après une année plus difficile que 2004, les professionnels du secteur du recyclage abordaient l'année 2006 avec beaucoup de pessimisme mais ce fût finalement une bonne année avec la collecte de 38,7 millions de tonnes de matières et la production de 31,9 millions de tonnes de matières premières recyclées soit 6% de plus qu'en 2005. 76% de ces matières recyclées ont été commercialisés sur le territoire national, le restant étant exporté. Le chiffre d'affaires réalisé par les professionnels de la récupération, du recyclage et de la valorisation s'élève ainsi à 9,8 milliards d'euros soit une augmentation de 27% par rapport à 2005. Cette augmentation est principalement due à la progression soutenue des prix des matières et surtout des métaux non ferreux.

Les métaux non ferreux comprennent tous les métaux à l'exception du fer à l'état pur ou faiblement allié (moins de 10%) soit le cuivre, l'aluminium, le zinc, le plomb et le nickel. Les principales sources d'approvisionnement sont le ramassage des débris domestiques ou des déchets artisanaux (plombier, serrurier, électricien), les déchets de démolition et l'industrie. En 2006, ces métaux ont représenté 5,3% du volume des matières recyclées commercialisées mais 43% du chiffre d'affaires global du fait de leurs prix élevés. Cette tendance très marquée depuis plusieurs années à fait progresser le chiffre d'affaires de cette branche de 91% en cinq ans pour atteindre aujourd'hui 4,2 milliards d'euros. Réutilisés en totalité par les producteurs de métaux ou les industries transformatrices, les métaux non-ferreux sont l'objet de toutes les convoitises et ont été la cause de nombreux vols au cours de l'année 2006. Si pour l'instant la hausse de leurs cours se poursuit à un rythme très élevé au premier trimestre 2007 (+ 23,5 % à un an d'intervalle), la fédération des recycleurs FEDEREC ne se risque à aucune analyse prospective et rappelle que ces métaux sont devenus de véritables produits financiers, que la mondialisation bouleverse les schémas connus et que par conséquent le passé ne peut plus servir de référence absolue.

La ferraille reste toutefois la branche majeure du secteur du recyclage. Avec 14,5 millions de tonnes commercialisées en 2006, soit 5% de plus qu'en 2005, elle représente 45,5% des matières produites et 27% du chiffre d'affaires (2,7 milliards d'euros). Les ferrailles, quelle que soit leur origine, sont utilisées en totalité par la sidérurgie essentiellement en aciérie, et par les fonderies de fonte et d'acier. 63% sont commercialisées en France, 34% sont exportées et 3% constituent les stocks. Une grande part des exportations 2006 a été dirigée vers la Turquie qui a eu une production d'acier soutenue (+11%). La tendance mondiale début 2007 est à la hausse avec une production d'acier en augmentation de 10,5% dès le premier trimestre ce qui laisse présager une année 2007 satisfaisante.

Les autres secteurs de recyclage que ce soit les papiers-cartons, les plastiques, les textiles ou le verre, sont à l'image des deux précédents : les volumes collectés, les prix des matières et par conséquent les chiffres d'affaire ont augmenté entre 2005 et 2006. Si certains sont déjà bien développés comme le verre et les papier-cartons, les plastiques ont encore une marge de progression importante qui devrait se concrétiser en 2007 grâce aux nouveaux gisements des déchets d'équipement électriques et électroniques (DEEE) dont la filière de collecte et de traitement a été lancée en novembre 2006.

En revanche, avec l'entrée en vigueur le 12 juillet dernier du nouveau règlement pour le transfert des déchets, les professionnels du recyclage vont devoir accentuer leur traçabilité pour leurs exportations. Même s'ils approuvent ce renforcement réglementaire, ils estiment qu'il n'est pas nécessaire de « tout dire à tout le monde ». Sachant que les industriels sont de plus en plus dépendants des matières premières recyclées, les professionnels du recyclage craignent que ces clients n'apprennent l'origine précise de la matière et s'approvisionnent en direct par la suite. Dans ce cas, les intermédiaires qu'ils sont, risqueraient ainsi de disparaître.
En France le secteur de la récupération, du recyclage et de la valorisation comprend 2.400 entreprises et 3.400 établissements. Depuis plusieurs années ce secteur se restructure vers des entreprises moins nombreuses mais de plus grosse taille et axées sur plusieurs matières recyclées. Ainsi, un tiers de ces entreprises gère aujourd'hui plus de trois matières alors qu'elles n'étaient que 10% en 1999.

Réactions3 réactions à cet article

 
Noeud gordien ?

Félicitations à la jeune mariée rédactrice ))

Sauf erreur, il s'agit plus de matières recyclables que de matières recyclées; tout comme un humain mariable ne finit pas effectivement forcément marié.

Quoiqu'il en soit , faut-il déduire de cette hausse des cours qu'il est de l'intéret du consommateur/contribuable d'acheter plus ou moins d'emballages plus ou moins utiles ?

Le discours ne fait pas toujours prendre conscience que le déchet dit ménager ou municipal est un produit et/ou une énergie renouvelable qu'il vaudrait mieux renouveler le moins possible , sans viser le mythique et irrationnel et démagogique "zéro"

JMG | 19 juillet 2007 à 04h06
 
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Re:Noeud gordien ?

Bonjour,
Sauf erreur…Ben justement, il y a erreur! Ce sont des matières recyclées. Vous croyez vraiment que des gens qui s'appellent recycleurs vont collecter et traiter des déchets à leur frais pour aller les mettre dans un coin? Ils font ce boulot parcequ'ils vendent leur prestation et leur travail donc les matières premières secondaires à d'autres qui les consomment. La meilleure preuve est la fin de l'article dans laquelle il est expliqué qu'il ne veulent "pas dire tout à tout le monde" de peur de se faire squizzer leur boulot.

Il faudrait aussi prendre conscience que si les pays comme la Turquie, la Chine, l'Inde sont aussi friands de nos déchets c'est que ces déchets (triés de manière plus poussée par les petites mains pas chères de ces pays) ne sont pas que des kilogrammes de matière mais contiennent aussi de l'énergie. L'exemple le plus évident est l'aluminium (métal) qui recèle toute l'énergie qu'il a fallu employer pour transformer l'alumine (oxyde d'aluminium) en métal aluminium.

La célèbre phrase de Lavoisier "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" est connue de beaucoup de gens qui à mon avis n'ont pas bien réfléchi à son contenu profond.
Gugu

Gugu | 19 juillet 2007 à 08h38
 
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Re:Re:Noeud gordien ?

Sans tomber dans la démagogie des anti-incinération à tout crin il est vrai que « parfois » ( !!!), au moins dans le passé, des matériaux récupérés dans les centres de tri par exemple, et ailleurs, pour recyclage, ont pris la destination des incinérateurs locaux . Et ça risque encore d’arriver si les cours baissaient. Un déchet récupéré n’est qualifiable de recyclé qu’une fois qu’il a été effectivement intégré dans la fabrication d’un nouveau produit.

« En papier recyclé » est une appellation souvent abusive qui peut tromper. car ce sont les fibres cellulosiques qui sont recyclées

Mais surtout, comme je le souligne depuis des années dans des colloques, « Matière première secondaire » une appellation irréfléchie et à la limite dévalorisante, même si n’avoir été qu’à l’école primaire était moins valorisant qu’avoir fréquenté l’enseignement secondaire

Que serait une matière première primaire ?

Mieux valait dire matière première substituable … qui finirait par être substituée effectivement .

L’ « aspiration » vers la Chine et l’Inde va cesser relativement assez vite, y compris à cause de leur propre auto-production de matières premières substituables. Comment évolueront les cours alors ?

Quoiqu’il en soit la question que je posais en fin de première intervention reste fondée. Comment trancher ce noeud gordien ?

Lavoisier avait globalement raison effectivement, tout comme celui qui a dit « Utilisons le juste mot pour la juste chose … pour éviter la croissance des maux dont souffre notre petite planète bleue »

JMG | 19 juillet 2007 à 14h22
 
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