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L'exposition au mercure dans les pays en développement augmente selon le PNUE

Avant la fin des négociations pour un traité international sur le mercure, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUE) publie une étude démontrant une augmentation des émissions de mercure dans les pays en développement (PED).

Risques  |    |  Graziella Dode  |  Actu-Environnement.com

Le 9 janvier 2013, le PNUE a publié les résultats de ses études démontrant une augmentation des émissions de mercure dans les PED. Il s'agit, selon le programme, de "l'évaluation mondiale la plus exhaustive jamais réalisée".

Que démontre cette étude ?

D'après l'étude menée par le PNUE, "les communautés vivant dans les pays en développement sont confrontées à des risques sanitaires et environnementaux de plus en plus importants liés à l'exposition au mercure".

Il indique par ailleurs que, malgré la chute de la demande en mercure à l'échelle mondiale, "les émissions de mercure pourraient bien augmenter à l'avenir dans certaines régions d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud". Cette hausse serait due à l'utilisation de la substance toxique dans les activités d'orpaillage et dans la combustion du charbon pour la production d'électricité. La hausse du cours de l'or ne devrait pas aider à la baisse de ces émissions. D'ailleurs, l'Evaluation mondiale du mercure 2013 indique que les émissions du mercure liées à l'extraction minière artisanale ont doublé depuis 2005. L'Asie serait le principal émetteur de ce métal toxique, avec près de la moitié des rejets mondiaux.

L'étude du PNUE évalue les émissions de mercure par région et par secteur économique. Elle met en évidence les importants rejets de mercure dans l'environnement dus à la déforestation. Pour la première fois, les rejets sont évalués dans les rivières et les lacs. Le PNUE estime à 260 tonnes la quantité de mercure (auparavant contenue dans le sol) rejetée dans les rivières et les lacs. Les résultats démontrent que "la majorité des expositions humaines au mercure sont dues à la consommation de poisson contaminé". Le programme rappelle ainsi que les milieux aquatiques sont un chaînon stratégique de la santé humaine. Or, au cours des 100 dernières années, en raison des émissions liées à l'activité humaine, la quantité de mercure présente dans les 100 premiers mètres des océans de la planète aurait doublé, et dans les eaux profondes, la concentration de mercure aurait augmenté de 25%.

Vers une restriction du mercure à l'échelle internationale ?

Cette étude intervient quelques jours avant la fin des négociations d'un traité international sur le mercure, commencées en 2009, qui pourrait, d'après le programme, "avoir un impact positif majeur sur la santé et l'environnement dans les pays en développement et les pays industrialisés". Elle sera en effet présentée, avec une publication connexe du PNUE intitulée "Il est temps d'agir", lors du Comité de négociation intergouvernemental sur le mercure (INC5) qui se déroulera du 13 au 18 janvier 2013 à Genève.

L'estimation des émissions mondiales de mercure reste encore soumise à des incertitudes et varie de 1.010 à 4.070 tonnes par an, d'après le PNUE. Lors de son conseil d'administration en 2009, les nations ont donné leur accord à l'ouverture de négociations portant sur "un traité juridiquement contraignant visant à réduire les rejets liés aux activités industrielles et minières, à prendre des mesures concernant les produits contenant du mercure et à s'attaquer à la pollution historique de certains sites". Les gouvernements devraient se mettre d'accord dans les prochains jours sur l'élaboration d'un traité contraignant à l'usage du mercure afin de diminuer les dommages qu'il cause. D'après le PNUE, un tel traité permettrait également de "diminuer les risques de survenue de troubles neurologiques et comportementaux ou d'autres problèmes de santé liés à l'exposition humaine au mercure, ainsi que la pollution des sols et rivières causée par les rejets de mercure dus à l'activité humaine".

A l'échelle européenne, le mercure a déjà vu son utilisation restreinte, notamment via le règlement REACH (lien brève) en septembre 2012. Celui-ci prévoit l'interdiction de la substance pour les dispositifs de mesure d'appareils destinés à des usages industriels et professionnels. La Commission européenne avait également adopté un règlement en 2008 interdisant les exportations de mercure et a établi un rapport en 2005 sur la stratégie communautaire relative à cette substance présente dans l'industrie du chlore et de la soude.

 
Un secteur peu réglementé Fernando Lugris (Uruguay), président du Comité de négociation intergouvernemental, souligne qu'il s'agit désormais de "définir des objectifs nationaux chiffrés de réduction de ces rejets" et "d'œuvrer à la formalisation de ce secteur, qui n'est que très peu réglementé", dans un but de réduction des effets sanitaires liés au mercure. Sur ce point, le PNUE appelle à la mise en place de cadres réglementaires et de mesures incitatives "afin de promouvoir la transition vers des alternatives viables, sûres et rentables".
 

Quelles perspectives d'avenir ?

"Le mercure sous toutes ses formes reste un défi mondial, régional et national important en termes de menace pour la santé humaine et l'environnement", a déclaré Achim Steiner, sous-secrétaire général des Nations unies et directeur exécutif du PNUE. Il indique par ailleurs que si la toxicité et la dangerosité du mercure sont connues depuis des siècles, on dispose aujourd'hui de technologies et de procédés alternatifs qui permettent de réduire les risques liés au mercure pour des dizaines de millions de personnes. Selon lui, "l'aboutissement de ces négociations contribuerait à un avenir plus durable pour les générations futures".

Le mercure rejeté par l'industrie ou d'autres activités humaines pouvant persister dans l'environnement pendant plusieurs siècles, il faudra sans doute des années, voire des décennies, pour que la réduction des émissions de mercure ait un effet démontrable sur les niveaux de mercure présents dans la nature et la chaîne alimentaire.

Le PNUE met donc en avant la nécessité pour les gouvernements, l'industrie et la société civile d'intervenir rapidement. Les rapports indiquent que des retards éventuels ralentiraient le rétablissement des écosystèmes et alourdiraient la pollution héritée du passé. Toutefois, l'accélération de l'action menée, avec la finalisation du traité mondial contraignant, la promotion de l'existence de technologies utilisant peu de mercure et la mise en œuvre d'autres mesures, permettrait de réduire considérablement la demande de mercure au cours des dix prochaines années. Pour ce faire, l'extraction primaire de mercure doit prendre fin.

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